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Rencontre avec Patrice de Fromont, président de Fransylva 71, le syndicat des propriétaires forestiers de Saône-et-Loire

Patrice de Fromont préside Fransylva 71, le syndicat des propriétaires de forêts de Saône-et-Loire. Une organisation qui accroît son audience et entretient des ponts avec le monde agricole. Rencontre à quelques jours de son assemblée générale, qui se tiendra sur le site d’Euroforest, le 22 juin.

Patrice de Fromont. ©PEFC

Quelles sont les caractéristiques de la forêt privée en Saône-et-Loire ?

Patrice de Fromont : la forêt privée de Saône-et-Loire couvre une surface de 140.800 ha, soit les ¾ de la forêt du département laquelle s’étend sur 188.000 ha. Elle appartient à 47.500 propriétaires, dont la grande majorité possèdent moins de quatre hectares. Le feuillu est largement dominant avec le chêne, le résineux est surtout présent dans le Morvan, l’Autunois, le Clunysois et le Piémont (nord Beaujolais). Le peuplier occupe également une place importante en plaine et en Val de Saône. Ce sont ainsi 25,5 % de la surface de la Saône-et-Loire qui sont occupés par la forêt.

 

Votre syndicat attire toujours plus d’adhérents, comment expliquer cette dynamique ?

P. de F. : en effet, notre syndicat a augmenté en dix ans le nombre de ses adhérents de +80 %, pour se situer à 870 à ce jour. Cela représente environ 4.000 personnes en tenant compte des indivisions et des groupements forestiers. Cela est explicable par la dynamique des adhérents eux-mêmes, les services, les informations, les conseils et les aides que nous leur apportons. Les forestiers se passionnent de plus en plus pour leur patrimoine qu’ils cherchent à valoriser. Nous offrons, avec l’adhésion, une assurance responsabilité civile qui couvre les dégâts causés aux tiers par des chutes d’arbres. Nous renseignons sur les intervenants de la forêt, les modalités de vente de bois, les considérations fiscales, la transmission. Toutes ces questions nous sont posées tous les jours. Par ailleurs, à mon arrivée à la présidence de Fransylva 71, j’ai souhaité favoriser les "petits" propriétaires en abaissant le montant de la cotisation. Il est de 40 € pour les forêts de moins de 25 ha.

 

Votre assemblée générale est organisée dans le cadre d’Euroforest…

P. de F. : cette grande manifestation qu’est Euroforest n’a lieu que tous les quatre ans et c’est une occasion à saisir pour nous de nous réunir dans un cadre si propice. C’est l’occasion pour nos adhérents de se rencontrer, de mieux connaître les actifs de leur syndicat et de visiter l’un des plus grands salons forestiers en Europe. Nous allons cette année aborder deux thèmes : les responsabilités du propriétaire vis-à-vis du travail en forêt et les missions de la Direction départementale des territoires (DDT), souvent confondues avec celles du Centre régional de la propriété forestière (CRPF).

 

Euroforest démontre qu’il existe un lien puissant entre la forêt et le monde agricole. Vivez-vous la même expérience au sein de votre syndicat ?

P. de F. : ce lien est très important et j’y tiens beaucoup. Quand je suis arrivé à la présidence, j’ai favorisé le rapprochement avec les agriculteurs, leurs syndicats et associations de défense. Nous avons de nombreuses occasions de nous rencontrer tout au long de l’année dans quasiment toutes les commissions départementales et régionales. De plus, nous constatons que la plupart de nos adhérents forestiers sont issus ou sont encore des actifs du monde agricole et rural. On se comprend et les relations sont bonnes.

Propos recueillis par Pascal Charoy

La gestion durable des forêts

Depuis juin 2017, Patrice de Fromont assure la présidence régionale de PEFC, le label garantissant que le bois vendu aux consommateurs provient de forêts gérées de manière durable. En Bourgogne Franche-Comté, 785.000 ha de forêts publiques et privées sont certifiés ainsi  que plus de 300 entreprises utilisatrices de bois. En Saône-et-Loire, 28 % de la forêt, soit 52.000 ha, a opté pour cette certification, dont 50 % de forêt privée. En 2002, la scierie Ducerf été la première entreprise à pouvoir apposer le logo PEFC en France.

Un propriétaire qui s’investit dans sa forêt pour produire du bois ne peut plus ignorer ce label. « Celui qui ne sera pas certifié demain aura du mal à vendre son bois », confirme Patrice de Fromont. « Dès aujourd’hui, dans les ventes groupées, nous constatons que les acheteurs recherchent prioritairement les lots certifiés ».

Commerce du bois sur pied : un marché dynamique

Selon l’indicateur du prix de vente des bois sur pied en forêt privée, publié le 29 mai par l’Observatoire économique de France Bois Forêt, le tarif a bondi de +6 % en 2017, et affiche 61 €/m3. L’indice qui regroupe toutes les essences résineuses a progressé de +4 %, affichant 44 €/m3, contre 42 €/m3 en 2016. Il atteint ainsi son niveau le plus haut niveau depuis quinze ans, notamment grâce au marché tonique des constructions de logements où la part de bois s’accroît. En hausse de +6 %, le prix moyen du douglas s’établit à 56 €/m3, contre 53 €/m3 en 2016. Quant au pin maritime, après deux légères baisses en 2015 et 2016, le tarif fait un bond de +9 % à 36 €/m3, atteignant son plus haut score depuis 2014. Le prix moyen du hêtre a, quant à lui, décroché de -7,7 % en 2017. L’Observatoire économique de France Bois Forêt constate une baisse de l’utilisation des feuillus comme bois d’industrie ou bois énergie de -8 %, mais note toutefois un accroissement de la demande en chêne et en peuplier. Aussi, le prix moyen du chêne atteignait-il 168 €/m3 l’année dernière, contre 151 €/m3 en 2016. « La croissance de la demande concerne toutes les qualités et tous les usages en France comme à l’étranger, Allemagne, Suisse, Asie, Chine en particulier », précise l’Observatoire. Dopé par des disponibilités réduites, l’indice du peuplier gagne +16 %, pour arriver à un prix moyen de 38 €/m3, contre 33 €/m3 en 2016.

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