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La SAS Bois Marnand à Joncy sait valoriser au mieux les parcelles boisées

La SAS Bois Marnand, entreprise familiale installée près de Chalon-sur-Saône, façonne et commercialise du bois de chauffage ainsi que des piquets en acacia. Et la demande est au rendez-vous.

Piquets d’acacia. ©Pascal Charoy

Charles Richard sera un visiteur attentif du prochain salon Euroforest. A 27 ans, ce technicien supérieur formé au technico-commercial dans le secteur du bois dirige une entreprise d’exploitation forestière à Joncy, près de Chalon-sur-Saône. A la fin de ses études, il a repris l’activité créée par son père, Étienne, au début des années 1980. Il s’agissait à l’époque d’exploiter des forêts familiales pour produire des piquets d’acacia et du bois de chauffage.

Depuis, la SAS Bois Marnand a pris de l’étoffe et occupe cinq personnes à temps plein. La base du travail consiste à exploiter des parcelles forestières dans un rayon de 30 km : bûcheronnage, débardage et valorisation du bois récolté.

« Nous avons la chance d’être entourés de propriétaires privés à qui nous achetons en direct des coupes. En général, les propriétaires nous font confiance et nous laissent marquer les bois ».

L’activité repose sur une valorisation bien pensée de tous les produits. « Nous négocions le bois d’œuvre auprès de scieries ; nous façonnons et commercialisons les piquets ; idem pour le bois de chauffage. Enfin, nous fabriquons de la plaquette forestière avec les chutes des piquets » détaille Charles Richard. L’entreprise utilise un broyeur Heizomat capable de déchiqueter des billons de 40 cm de diamètre.

Le piquet facilement commercialisé

La SAS Bois Marnand produit annuellement 20.000 piquets, essentiellement en acacia, préféré au châtaignier pour sa plus grande durabilité. Mais il n’est pas toujours facile de trouver des coupes, le produit étant recherché par les coopératives et de nombreux éleveurs continuent à exploiter eux-mêmes leurs parcelles. Charles Richard propose jusqu’à 15 €/stère pour du bois sur pied, bien mieux que du bois de chauffage ou même une coupe de châtaignier qui se négocie près de deux fois moins cher. L’acacia rémunère donc bien le propriétaire, d’autant que les souches rejettent après l’abattage. Inutile de replanter.

Le travail reste relativement artisanal. Les billes d’acacia sont fendues en deux derrière le tracteur, puis appointés.

« Nous avons le projet de mécaniser la production avec une fendeuse autonome que nous pourrions installer sous un bâtiment », explique le gérant. Ce sera l’objet de sa visite à Euroforest.

La production de piquets est essentiellement réalisée à destination des agriculteurs (70 %), mais aussi des paysagistes (20 %) et des particuliers. Les viticulteurs, qui utilisent de plus en plus de piquets métalliques, ne représentent, eux, que 5 % de sa clientèle.

Quel avenir pour la bûche ?

Le bois de chauffage demeure la principale activité de l’entreprise qui négocie chaque année quelque 5.000 stères de bois feuillus. En 2012, la SAS Bois Marnand a adhéré au label France Bois Bûches qui garantit au client un combustible de qualité ayant séché 18 mois au minimum. Cependant, Charles Richard s’interroge sur l’avenir de cette activité face à la montée en puissance du granulé : « est-ce que, dans 30 ans, nous continuerons à vendre du bois bûche ? Nous vendons un peu de granulés au détail, mais il est difficile de s’aligner sur les prix pratiqués en grandes surfaces et en jardineries ».

Quant à la plaquette, sa production reste accessoire, l’entreprise en distribue de petits volumes auprès de particuliers et de communes qui l’utilisent comme combustible.

L’avenir ? La SAS Bois Marnand - qui voit progresser régulièrement son chiffre d’affaires - n’a pas l’intention de brûler les étapes. « Nous pourrions investir dans du gros matériel, mais il faut trouver les coupes, embaucher et tenir compte des périodes où la pluie nous empêche de travailler ». L’entreprise entend donc avancer prudemment.

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