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Chazeu, passage obligé à Laizy

Même s’il n’en reste plus grand chose aujourd’hui, le site de Chazeu mérite à lui seul le détour.

L’église est placée sous le vocable de Saint Julien de Brioude

Chazeu était le siège d’une seigneurie dont dépendait Laizy. On peut en voir les ruines, non visitables, sur la rive droite de l’Arroux, à un kilomètre au Sud du bourg. On aperçoit, en contournant le site, une partie de la porterie surmontée d’une tour carrée découverte, haute de deux étages, une tour semi-circulaire à mâchicoulis et, au nord, la base du gros donjon carré. Avec, entre ces différentes parties, les vestiges de murs envahis par les broussailles et, tout autour, les fossés bordés d’un talus. Ces vestiges évoquent l’édifice restauré au XVe siècle du temps des Rolin. Il comprenait quatre autres tours de deux étages, les corps de logis entre les tours, un grand fossé entourant les murailles, franchi par un pont-levis au sud-ouest, et une chapelle extérieure au sud. La forteresse commandait le passage à gué de l’Arroux (on trouve sur la rive opposée le lieudit Le Péage). Elle fut acquise vers 1434 par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne. Il la transmit à son fils, le cardinal Jean Rolin, évêque d’Autun. Chazeu passa dans la famille de Rabutin vers la fin du XVIe siècle. Le plus célèbre personnage de cette famille, qui fit de Chazeu sa résidence d’été, fut Roger de Bussy-Rabutin que Louis XIV envoya en exil en Bourgogne. Bussy-Rabutin avait une cousine célèbre, Madame de Sévigné, qui se rendit à Chazeu en 1677. En 1765, Chazeu passa aux Mac Mahon. On voit encore dans l’église de Laizy quelques traces d’une litre funéraire aux armes de cette famille. A la Révolution, Chazeu fut vendu comme bien national et détruit entre 1830 et 1840 dans le seul but d’en commercialiser les pierres comme matériau de construction.

Par un jet de marteau

Edifice roman du XIIe siècle, l’église est placée sous le vocable de Saint Julien de Brioude. Une légende rappelle les péripéties de sa construction : saint Julien et saint Léger se promenaient ensemble dans la campagne morvandelle (historiquement, ils ne vivaient toutefois pas à la même époque). Arrivés sur une hauteur proche de Méley, un hameau disparu de Saint-Léger-sous-Beuvray, proche de la limite communale de Laizy, ils admirèrent le paysage de la plaine et décidèrent d’y bâtir une église. Comme saint Léger venait de s’approprier l’église de Saint-Léger-sous-Beuvray, ce fut au tour de saint Julien de choisir l’emplacement de son église. Comme il hésitait, saint Léger lui dit : « jette ton marteau, là où il tombera, ton église bâtira ». Son marteau tomba quatre kilomètres plus loin, au bord de l’Arroux. C’est là que fut construite son église.

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