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Lors de l'AG du cheval comtois, il a été question des marchés et de la valorisation des produits

Pour faire face à une diminution du nombre de comtois, Etienne Garret - et d’autres avec lui - promeut la viande équine. Elle est source d’un revenu potentiel supérieur. Les cours sont actuellement porteurs.

« Tout à l’heure, je vous parlais d’inciter les éleveurs à produire », lançait Emmanuel Perrin. Le président de l’ANCTC (Association nationale du cheval de trait comtois) considère que le marché de la viande devrait être une des solutions. Visiblement, aujourd’hui, les cours sont hauts, peut-être grâce au marché japonais, parmi d’autres raisons. Et pourtant, les éleveurs ne veulent pas s’engager. « Sans doute que les éleveurs craignent-ils un retour de bâton ». Mais si les cours se maintiennent, la reproduction repartira. Là aussi, dans ce secteur, il y a encore beaucoup de travail : « on parle de manger français avec de la traçabilité ». Mais il faut tenir compte de la réalité des marchés : une grande partie de la production nationale est exportée alors que la France importe plus de 80 % de la consommation hexagonale de viande équine. « Il y a un problème ! »…

Une piste proposée par certains serait d’interdire les importations. Se pose alors la question du commerce international. Et une autre encore plus contraignante : « nous ne sommes pas capable en France de produire plus du tiers de ce qui est consommé ». Ajoutons qu’il faudrait aussi changer de vocabulaire. Quand on parle de viande équine, on parle en terme de “kilo”. Se focaliser sur sa qualité serait une bonne option.

Bâton de pèlerin

Les grandes lignes étant tracées, Etienne Garret, responsable de la commission viande équine, prenait à son tour la parole. Une des autres raisons de l’augmentation des prix et de la production tient aussi aux nombreuses actions de promotion et de communication qu’organise son équipe. En écho aux propos tenus par Emmanuel Perrin, Etienne Garret confirmait la recherche d’une viande de qualité par les consommateurs. Certes, savoir que ces comtois sont nourris à l’herbe et au foin est un ar­gument. « Mais ils veulent aussi de la viande tendre ; d’une provenance locale ». Le responsable prend aussi bien la peine de confirmer qu’il n’est pas question uniquement de vente directe. Le fait d’afficher un ancrage territorial porte aussi quelques arguments. Commençons par Interbev qui souhaite la naissance de poulains pour alimenter l’abattoir de Champagnole. Poursuivons avec la mise en place d’une formation de bouchers équins. Il faut encore avancer autour d’un laboratoire collectif. Il reste encore un obstacle de taille : proposer la viande équine aux différentes structures de restauration collective pour sensibiliser les jeunes. À chacune des rencontres dans les collèges, « j’en ai pris plein la g... ». Les cuisiniers refusent d’en faire manger « à "leurs" enfants ». Patient, Etienne Garret prend à nouveau son bâton de pèlerin et s’adresse à l’assemblée générale en l’exhortant à consommer cette viande, ne serait-ce qu’une fois par semaine. Simplement pour l’avenir de la race et de la filière. « Ce n’est pas le tout d’être premier au concours ; il faut aussi que nous-mêmes puissions manger ». Et que le comtois soit toujours présent dans les pâtures de son berceau de race. Et ailleurs aussi…

Des pistes multiples

« Pour moi, il existe encore un autre marché avec le comtois, qui est déjà abordé mais pas assez développé : c’est le lait de jument », complétait Emmanuel Perrin. On connaît tous les produits cosmétiques, mais il existe une part de marché avec le lait alimentaire, notamment pour les jeunes enfants. « Je m’explique : aujourd’hui, on parle beaucoup de probiotiques, de prébiotiques, de l’intestin comme d’un deuxième cerveau… Si les prébiotiques du lait de jument ressemblent à ceux du lait humain, un gros marché s’ouvre à nous. Il faut donc poursuivre ces recherches ».

Le président de l’ANCTC rappelait que d’autres projets étaient en cours de réalisation. La cryogénisation, pour répondre à quelques demandes de semence congelée.

Autour du cheval de travail, l’APTC avance bien sûr le sujet. Un dossier Interreg entre la France et la Suisse se met en place. Une étude scientifique sera mise en place en viticulture et en cultures maraîchères. Le but est d’étudier la différence avec le travail motorisé sur le tassement des sols et la microflore dans les terrains. Et bien sûr les conséquences sur la qualité des produits. « Vous voyez, le travail ne manque pas, les projets non plus ».

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