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Avec Wall-ye, la robotique s’invite dans les vignes

Confrontés non seulement à la pénibilité du métier mais aussi et surtout à une pénurie de main-d’œuvre, de plus en plus de vignerons font appel à la société Wall-ye pour se doter de robots. Des outils particulièrement fiables qui révolutionnernt déjà l’univers de la viticulture.

Il vous en coûtera 15.000 € pour le seul robot

Immergé dans la viticulture dès sa plus tendre jeunesse, Christophe Millot connaît à merveille ce domaine. Créateur de logiciels depuis trois décennies, il s’est fait une réputation en proposant des softwares performants, plus particulièrement dans la reconnaissance de formes. Une démarche qui a séduit plus d’un professionnel et qui a intéressé, notamment le BIVB, au moment d’informatiser le cadastre de Bourgogne.

C’est en Ardèche que Christophe Millot bascule dans tout autre chose. « Un jour, il fallait effeuiller. J’ai eu l’idée de concevoir un robot qui soit capable d’effeuiller le pied de vigne. C’était en 2010 ». Il fabrique alors son tout premier robot « qui a fait deux mètres et s’est mis en travers lors du test initial dans les vignes de Pouilly-Fuissé ». Si l’intérêt de la profession est manifeste, la complexité de la tâche est grande, tant les contraintes sont nombreuses pour le robot. Ce dernier s’appuie pour cela sur un algorithme de reconnaissance de formes. Après quatre années de recherche et développement, de prototypes et, bien évidemment, de tests en milieu naturel, les robots de la société mâconnaise Wall-ye sont désormais commercialisables. L’un des principaux atouts du robot de taille, de désherbage, d'épamprage, de tonte, de binage… est qu’il est 100 % autonome.

L’algorithme, comme pierre angulaire

Fort de ses algorithmes de reconnaissance de formes et de couleurs, l’entreprise a développé une plate-forme mobile autonome à énergie solaire dont l’autonomie est de 10 à 12 heures. Le robot ne consomme pas de gasoil et n’émet pas de nuisance sonore, ni de pollution. Interchangeables en deux minutes, les batteries se rechargent avec des panneaux solaires livrés avec le robot. Grâce à son GPS, le robot vérifie si la parcelle appartient au domaine avant de démarrer, s’appuyant sur le cadastre pour se déplacer entre les parcelles. En outre, il ne tasse pas les sols (du fait d’un poids total de 80 kg avec un châssis tubulaire en inox soudé et quatre roues motrices indépendantes) et effectue tous les travaux manuels, de jour comme de nuit, gravissant même des pentes à 40 %.

Pendant la taille, avec sa caméra, il mesure précisément la grosseur des bois. Il effectue un état sanitaire précis de chaque plante avec son capteur.

Avant les vendanges, il calcule le rendement et la maturité des grappes. Il transfert toutes ces informations dans le logiciel de cartographie - traçabilité du domaine. « Le système embarqué sur les robots accumule une masse importante d’informations techniques et sanitaires qui peuvent être analysées et traitées. Ces informations deviennent alors capitales pour le viticulteur qui, grâce à l’anticipation de la gestion de ses cultures, peut optimiser ses pratiques, voire la commercialisation ».

Dernier point important, le robot dispose d’un système antivol.

Le robot en quelques chiffres

Christophe Millot souhaite faire en sorte d'apporter un réel service sans aucune contrainte technique.

Pour les tailles Guyot, Royat et Gobelet, le robot effectue 50 à 150 pieds par heure (en fonction de la taille, du cépage, de l’âge de la vigne, de son entretien de l’épamprage, de l’ébourgeonnage...). Pour ce qui est de l’épamprage, du binage et de la tonte, cela varie de 700 à 3.000 pieds par heure, sans aucun désherbant. Le robot se déplace seul entre les parcelles du domaine. Il n’y a pas de maintenance, de réglage ni d’entretien particulier. S’il y a une panne, le remplacement est effectué en moins de 48 heures par un autre robot. Il en coûtera 15.000 € pour le seul robot avec un délai de livraison d’une semaine. Il faudra rajouter 1.380 € pour l’outil de taille, 900 € pour la tondeuse frontale et 360 € pour la pince à épamprer. Vendus dans l’ensemble de l’hexagone, ce robot viticole est fabriqué et assemblé en France. Une mise en production de cent robots par mois est en cours pour répondre à la demande.

Et un robot maraîcher

En guise de diversification, Christophe Millot propose un robot maraîcher. Il est chargé de semer, planter, arroser, désherber et récolter. D’une autonomie de 20 heures, il détecte les melons ou autres légumes avec sa caméra. Il contrôle la maturité avec son capteur, récolte les légumes et les dépose dans le palox (caisse). Alors qu’il cartographie les futurs légumes à récolter, il détecte les mauvaises herbes, les arrache et les dépose dans le palox ou les broie pour les répandre sur le sol. Doté de quatre roues directionnelles et piloté à partir d’un smartphone, il se déplace automatiquement en crabe en bout de rang, dans les deux sens, guidé par ses caméras.

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