Volailles

Isabelle et Michel Carrette à Vérosvres ont opté pour la dernière génération de canardière bien-être

A Vérosvres, désireux de diversifier leur élevage bovin, Isabelle et Michel Carrette ont opté pour une canardière « bien-être » avec la CPASL. Particulièrement bien conçu, leur bâtiment leur donne entière satisfaction. Produit de qualité, performances et revenu à la clé.

Isabelle et Michel Carrette ne regrettent pas d’avoir diversifié leur exploitation bovine dans les canards. La réussite de ce nouvel atelier les ont même conduits à diminuer le nombre de vêlages à 47.

Il y a un peu plus de trois ans, Michel Carrette élevait une soixantaine de vaches allaitantes sur ses 70 hectares de terrains près de Vérosvres. Lorsque son épouse Isabelle a perdu son emploi, le couple a du retrouver rapidement une activité, le revenu des seuls bovins ne pouvant leur permettre de subvenir aux besoins de leur famille. A respectivement 50 et 44 ans, Michel et Isabelle ont étudié des possibilités de diversification en volailles, aidés en cela par Thierry Michel de la Chambre d’agriculture. « Nous n’avions pas de surface pour faire du poulet label. C’est donc les canards hors-sol avec la CPASL que nous avons choisis », raconte Michel Carrette.

Le couple a opté pour « une canardière en claustration avec jardin d’hiver sur litière de bois ». Il s’agit du nouveau concept de bâtiment mis au point par la CPASL pour répondre à la demande en bien-être animal (lire encadré).

Accès au jardin d’hiver

D’une capacité de 15.000 canards, c’est une construction en dur de 80 mètres de long par 16 m de large plus une largeur supplémentaire de 3 m 50 pour le jardin d’hiver. La toiture et le bardage sont en panneaux sandwich. « L’édifice est chauffé par des canons à air chaud (brûleurs au gaz). Les cannetons ont besoin de 32-33 degrés pendant leur première semaine de vie puis la température doit être maintenue à 20 degrés jusqu’à leur départ », détaille Etienne Haye, technicien à CPASL.

Pendant les six premières semaines d’élevage, les canards sont confinés dans la partie fermée du bâtiment. La ventilation est assurée par un ventilateur. « L’air entre à travers les volets d’un long pan et ressort à travers le ventilateur sur le pan opposé », explique Etienne Haye.

A partir de six semaines, les canards ont accès au jardin d’hiver par les volets latéraux, « ce qui modifie complètement les flux d’air », fait remarquer le technicien. La ventilation dynamique est alors coupée et c’est l’ouverture du lanterneau qui prend le relai pour extraire l’air par le haut. Quatre sondes de températures permettent la régulation de la chaleur. « Quatre turbines en bout de bâtiment complètent la ventilation en été », décrit Etienne Haye.

Copeaux et sciure de bois

Les bandes de palmipèdes sont élevées sur litière de copeaux ou de sciure de bois. Associée à une densité d’animaux moins grande que sur caillebotis, la litière bois s’inscrit dans la recherche d’un meilleur bien-être animal. Le gain de confort se retrouve d’ailleurs dans les performances des canards, fait valoir le technicien. Au démarrage, l’éleveur épand une couche de 3 à 4 cm de copeaux de résineux. Au bout d’une semaine, la litière est renouvelée par l’ajout de sciure de bois tous les jours ou tous les deux jours à l’aide d’une machine automotrice. « Il faut compter 375 mètres cubes de sciure par lot de canards », avance Etienne Haye. La sciure est aujourd’hui commercialisée 16 – 17 euros le mètre cube.

Le jardin d’hiver est une sorte de haut-vent jouxtant le long pan où les palmipèdes profitent de l’air frais et de la lumière du soleil. Cet espace est ouvert jour et nuit sauf en cas de gel. « Il doit avoir une surface égale à au moins 20% de la salle d’élevage », fait valoir le technicien. Au sol, des abreuvoirs à niveaux constants font office de mare aux canards. Quand le jardin d’hiver est accessible, la densité du bâtiment descend à dix animaux au mètre carré. Conçu pour le bien-être animal, ce jardin d’hiver contribue lui aussi à de meilleurs GMQ, fait valoir Etienne Haye.

Ambiance gérée par ordinateur

L’ambiance du bâtiment est gérée par un ordinateur placé dans le sas d’entrée. Le logiciel gère la température, le renouvellement d’air, le système de ventilation, la lumière, etc… Un système de brumisation intervient pour les chaleurs estivales ainsi que durant les premiers jours de vie des cannetons où la chaleur impose de remettre de l’hygrométrie, explique Michel Carrette. Les canards étant très sensibles à la qualité de l’eau, l’eau de boisson est désinfectée au chlore. « Nous prenons toutes les précautions possibles pour ne pas avoir à faire de curatif », confie Etienne Haye. Vaccinés contre la parvovirose au couvoir, les canards ont un rappel sous cutané dans l’élevage. Ils reçoivent également des vitamines ainsi qu’un hépato-protecteur.

Un peson automatique placé dans la canardière permet de suivre les poids des animaux. « Tous les matins, Isabelle vérifie l’évolution des quantités d’eau consommées », confie Michel Carrette.

« L’élevage de canards demande beaucoup de travail au démarrage », indique l’éleveur. Livrés à l’âge d’un jour, les cannetons de Barbarie nécessitent beaucoup de surveillance et de soins à leur arrivée. « Durant les deux premières nuits, il faut se lever toutes les deux heures pour leur apprendre à s’abreuver », informe Michel Carrette. C’est son épouse Isabelle qui assure cette délicate tâche.

Quatre lots de 15.000 canards par an

Le bâtiment d’Isabelle et Michel Carrette accueille quatre lots de 15.000 canards de Barbarie par an. Les femelles sont élevées neuf semaines pour atteindre un poids vif de 2,7 kg. Les mâles séjournent deux semaines de plus pour un abattage à 4,8 – 4,9 kg vif. Les cannetons, l’aliment et la prophylaxie sont pris en charge par la CPASL suivant un contrat d’intégration. L’éleveur finance quant à lui le bâtiment, la litière, l’électricité, le gaz. Avec un vide sanitaire de deux semaines, les lots se succèdent toutes les 13 semaines. « Nous savons un an à l’avance quand vont arriver les lots et quand la paye va tomber ! », fait valoir Michel Carrette. Le contrat garantit le prix des poussins et de l’aliment. Seules les performances font varier le revenu, fait remarquer Etienne Haye.

CPASL : « une longueur d’avance avec le bâtiment bien-être ! »

Le coût du bâtiment bien-être d’Isabelle et Michel Carrette était de 450.000 € HT, tout équipé et incluant le terrassement, la maçonnerie, un stockage, la machine à épandre la sciure.

Le canard est un produit haut de gamme qui représente une niche en comparaison du poulet. A Trambly, l’abattoir Palmidor (groupe LDC) abat en moyenne 60.000 canards par semaine. Plus de la moitié de ces canards sont fournis par la coopérative CPASL qui est par ailleurs l’approvisionneur exclusif en canards bien-être dans le cadre de la marque « Tradition ». Le concept de canardière bien-être répond à une demande de la clientèle de Palmidor, notamment de la part de la distribution allemande et suisse. Principal fournisseur de l’abattoir, la CPASL a mis en place un cahier des charges ainsi qu’un prototype de bâtiment sur sciure de bois et avec jardin d’hiver. L’ouverture de la canardière sur l’air extérieur a contraint à mettre au point un mode de ventilation adapté. Trois canardières bien-être de dernière génération ont été mises en service en 2017 et 2018. D’autres projets sont en gestation. « Après une période de développement très dynamique, nous allons ralentir un peu », confie le président de CPASL Patrice Labrosse. En effet, « l’enchérissement du coût du bâtiment, la baisse des aides du PCAE et la hausse des charges opérationnelles ont entamé la rentabilité des ateliers », explique le président. La CPASL met en place environ 1,5 millions de canards par an livrés à Palmidor représentant 75% du chiffre d’affaires de la coopérative. Elle compte 55 éleveurs adhérents en Saône-et-Loire et dans les départements limitrophes.

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