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L’INAO face au défi des Etats-généraux de l’alimentation

Les objectifs de développement des signes officiels de qualité évoqués dans les plans de filière risquent de mobiliser les services de l’INAO. Son président Jean-Louis Piton dit vouloir veiller à ce que ces filières progressent dans la création de valeur mais aussi dans la prise en compte des questions environnementales. 

Le projet de plusieurs « plans de filières » agroalimentaires (fruits et légumes, produits laitiers ou élevage-viande) de faire progresser significativement la part des produits sous signe officiel de qualité (SIQO) est accueilli avec intérêt et satisfaction par l’institut national de l’origine et de la qualité (INAO).

Jean-Louis Piton, le président de l’organisation chargée de la mise en œuvre de la politique française pour l’ensemble de ces démarches (AOC/AOP, IGP, STG, Label Rouge, Bio) a estimé lors de la présentation de ses vœux à la presse qu’il partageait « l’ambition et le souhait » des producteurs concernés « de créer de la valeur et de structurer leurs marchés en s’appuyant sur les signes officiels de qualité ». Le vigneron coopérateur du Luberon, nommé président du conseil permanent de l’INAO il y a un an, a précisé que l’une des raisons pour lesquelles il avait accepté cette charge était de pouvoir faire bénéficier les autres filières de son expérience en matière de construction d’une appellation, mais aussi celle acquise à la tête de la commission économique de l’Institut. « Les services techniques et juridiques de l’INAO sont prêts à travailler avec tous ceux qui souhaitent s’organiser autour des signes de qualité », explique Jean-Louis Piton. « Mais notre principale contribution sera de leur faire partager notre savoir-faire dans la création de valeur qui, elle, ne se décrète pas. Elle doit être issue d’un engagement collectif des producteurs auprès des consommateurs. »

Nouvelle progression en 2016 et 2017

La production agroalimentaire française commercialisée sous signe officiel de qualité est portée par un courant de consommation très favorable, selon les dernières données disponibles communiquées par l’INAO. En 2016, la plupart des filières sous SIQO ont accru les volumes produits et leurs chiffres d’affaires, la valeur totale des produits représentant un total de 30 milliards d’euros, dont environ 21 milliards d’euros pour les vins et eaux-de-vie et 4,2 milliards pour les produits bio (couplés ou non avec un autre signe). « Il est probable que les chiffres soient encore orientés à la hausse en 2017 compte-tenu de la progression rapide du bio », a complété Marie Guittard, la directrice de l’INAO. Son président a insisté sur la nécessité pour l’ensemble des organismes de défense et de gestion (ODG) en charge de l’animation des appellations et labels de « se remettre régulièrement en cause pour consolider la valeur perçue des produits mais aussi de faire progresser les volumes ». « La mission qui occupe le plus l’INAO n’est pas d’étudier de nouvelles demandes d’appellations mais d’examiner des demandes de modification de cahiers des charges », a rappelé André Barlier, directeur adjoint de l’INAO.

L’un des principaux chantiers actuels de l’institut en 2018 sera d’intégrer peu à peu des mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges des appellations et autres labels. « Il y a une attente sociétale extrêmement forte sur le sujet, à laquelle le bio n’est pas une réponse unique. Les autres signes officiels doivent s’emparer de ce sujet », a expliqué Jean-Louis Piton. La possibilité ouverte il y a un an d’insérer ces mesures dans les cahiers des charges a abouti à l’examen par la commission environnement de l’INAO de huit mesures susceptibles d’être intégrées dans les cahiers des charges viticoles avec leur plan de contrôle comme l’enherbement des tournières ou l’interdiction du désherbage total. Des pratiques environnementales devraient également être étudiées en matière d’élevage comme la durée minimum passée au pâturage ou l’autonomie fourragère. « La promesse environnementale des SIQO doit être supérieure à ce que la réglementation nous impose », a insisté Jean-Louis Piton.

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