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Lait : Bruxelles tire la « sonnette d’alarme »

Le commissaire européen Phil Hogan s’inquiète de la forte augmentation de la production laitière dans l’UE ces derniers mois, notamment en France et en Allemagne, qui fait peser « un risque de surproduction alors que nous avons toujours 380 000 tonnes de stocks de poudre de lait écrémé sur les bras ».

La croissance de la production laitière de l’UE depuis janvier 2017 « n’est tout simplement pas soutenable dans le marché actuel », a averti Phil Hogan le 29 janvier devant les ministres de l’agriculture de l’UE réunis à Bruxelles pour discuter entre autres du problème des stocks de poudre de lait.

La production, tirée par des prix élevés, est en forte augmentation dans des pays comme l’Irlande (+9,1 % entre janvier et septembre), la Pologne (+4,7 %), le Royaume-Uni (+3,9 %) et l’Italie (+3,5 %) et, de façon plus récente et « plus inquiétante », chez les plus gros producteurs que sont la France et l’Allemagne, a déclaré le commissaire européen qui a voulu tirer la « sonnette d’alarme ».

Une augmentation de près de 6 % de la collecte de lait de l’UE a été enregistrée sur le seul mois de novembre 2017, ce qui devrait conduire à une croissance globale de 1,6 % pour l’ensemble de l’année 2017. Soit une augmentation d’environ 2,4 millions de tonnes sur l’année. « Il y a un risque de surproduction alors que nous avons toujours 380 000 tonnes de stocks de poudre de lait écrémé sur les bras », a prévenu le commissaire européen. Selon lui, il « n’est pas bon de continuer à produire pour un marché qui n’existe pas et d’attendre ensuite avec confiance que le contribuable, à travers la Commission dans ce cas, en supporte la charge ». « Les opérateurs doivent prendre leurs responsabilités en répondant aux signaux du marché qui sont très clairs », a insisté Phil Hogan auprès des ministres des Vingt-huit.

Écouler les stocks

Les ministres de l’agriculture ont formellement adopté le 29 janvier le règlement proposé par la Commission européenne de porter à zéro pour 2018 le plafond des achats à prix fixe dans le cadre de l’intervention publique sur la poudre de lait écrémé qui entrera en vigueur le 1er mars (1). La Commission doit désormais trouver un moyen d’écouler les 380 000 t de poudre stockées en 2015-2016.

Dans une note présentée à l’occasion du Conseil, la France, soutenue par la Belgique, a proposé de diversifier les mesures, en explorant toutes les voies réglementaires, afin d’une part de libérer des volumes mais également de ne pas peser sur un seul marché au risque de le déstabiliser. La France suggère d’avoir recours aux appels d’offres classiques mais aussi de trouver des débouchés en alimentation animale, pour venir en aide aux démunis et lutter contre la dénutrition des personnes hospitalisées.

Selon Phil Hogan, le dernier appel d’offres a montré pour la première fois un réel intérêt de la part des opérateurs avec près de 2 000 tonnes vendues (2), « ce qui prouve qu’il existe un marché pour ce produit ». « La Commission est prête à libérer des volumes importants tant qu’il y aura des offres significatives. C’est ainsi qu’il faut procéder, plutôt que d’envisager des régimes complexes dont l’efficacité est limitée », a-t-il répondu.

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