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Complexification des relations entre les acteurs des systèmes alimentaires avec la mondialisation des systèmes alimentaires

MOND’Alim2030, un exercice piloté par le Centre d’études et de prospectives, vise à caractériser la phase actuelle de la mondialisation et les dynamiques à l’œuvre. Dans une publication, Agrest Conjoncture a mis en avant trois grandes tendances qui ressortent de cette analyse.

Dans l’ouvrage MOND’Alim 2030, piloté par le Centre d’études et prospectives, les interactions entre les différents acteurs de la mondialisation des systèmes alimentaires sont analysées. Dans une note synthétique, Agrest conjoncture met en avant trois grandes tendances d’évolution qui régissent ces interactions entre ces acteurs. On observe ainsi une augmentation considérable de leur nombre (firmes, ONG, État, mouvements paysans, fondations etc.), une complexification croissante de leurs interactions et enfin une tendance à l’hybridation de leurs statuts avec des acteurs intervenants de plus en plus régulièrement au-delà de leurs domaines initiaux de compétences.

Ces trois tendances entrainent une redéfinition des rôles des uns et des autres et déterminent la manière dont les systèmes alimentaires se transforment. Du côté des États, la sécurité alimentaire reste un facteur essentiel de stabilité. On estime qu’actuellement 800 millions de personnes n’ont pas accès à une alimentions suffisante (principalement en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne). Certaines tendances régionales laissent à penser que ces préoccupations vont se renforcer dans les années à venir. En effet, selon l’Inra (2015) les importations représentent 40% des produits alimentaires consommés dans la zone Afrique du Nord, Moyen-Orient et ce pourcentage pourrait atteindre 70% d’ici 2050. Les pays concernés mettent ainsi en place des stratégies diversifiées de sécurisation associant plusieurs registres ; développement de la production, multiplication des sources d’approvisionnement, négociations de relations privilégiées etc.… Selon MOND’Alim 2030, ces préoccupations s’exprimeront à l’avenir dans un contexte de reconfiguration des puissances agricoles.

La position des grandes puissances alimentaire contestée 

Les États-Unis et l’Union Européenne voient en effet leurs positions contestées par l’émergence de pays producteurs pesant sur les échanges internationaux (Chine, Inde, Brésil etc.). Mais pour les grandes puissances agricoles l’agriculture restera un levier d'influences. Il est difficile d’imaginer que, d’ici 2030, d’autres pays prennent une place équivalente.

S’agissant des acteurs privés, on observe une concentration de certains maillons des systèmes alimentaires mondiaux. Ainsi, dans le secteur de l’agrochimie, par exemple, on est passé d’une vingtaine d’entreprises assurant 90% des ventes mondiales en 1980 à une dizaine d’entreprises assurant 95% des ventes en 2011. Ce constat peut également être fait dans le secteur des semences (à lui seul Monsanto concentre 26% du marché), de la distribution etc. Ce phénomène est moins marqué dans le secteur de l’agroalimentaire où les petites et moyennes entreprises sont beaucoup plus présentes en amont qu’en aval. Dans ce contexte de concentration accrue les firmes jouent ainsi de plus en plus un rôle de pilotage de chaînes.

Les contres pouvoir sont de plus en plus présents et influents car les mobilisations collectives sont de plus en plus nombreuses. Les ONG continuent de jouer un rôle central mais celui-ci évolue. La multiplication des acteurs influents et de leurs interactions sont des tendances fortes soulignées par MOND’Alim. Il estime que cette tendance se prolongera à l’avenir. Cette multiplicité s’accompagne également d’une mise en concurrence généralisée d’acteurs qui doivent se justifier pour exister. La question alimentaire restera un sujet sensible et important pour la stabilité politique des pays, particulièrement dans des conjonctures de hausse des prix et de réduction de l’offre sur les marchés internationaux de matières premières.

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