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La Saint-Vincent tournante de Saint-Véran à Prissé mettra en lumière "solidarité" et "développement durable"

Ce 9 janvier, les producteurs du cru Saint-Véran ont à nouveau fêté l’organisation de la prochaine Grande Saint-Vincent tournante de Bourgogne et, au-delà, tenu à saluer l’ensemble des bénévoles. Le bénévolat une des grande valeur qui sera célébrée les 27 et 28 janvier à Prissé. Les vignerons mettront aussi en lumière leurs climats et le développement durable, pour promouvoir l’appellation Saint-Véran et, au delà, tout le Mâconnais.

« Le travail a démarré il y a un an et demi lorsque nous avons accepté l’invitation de la confrérie des Chevaliers du Tastevin d’organiser la 74e Saint-Vincent tournante de Bourgogne », débutait Kevin Tessieux, président du cru Saint-Véran. « Et nous allons tenir cet enthousiasme de départ jusqu’au bout », affichait-il tout sourire. Le pari est en effet déjà quasi-gagné. A deux semaines du plus important événement bachique de la région, les organisateurs - bénévoles, vignerons, sponsors, parrains… - sont ravis de l’aventure passée jusque-là ensemble. Leur large présence ce mardi 9 janvier pour la conférence de presse en témoignait encore. « La richesse de notre manifestation réside tout autant dans l’espoir d'en refaire d’autres derrière ».

Il faut dire que les organisateurs savent remercier tous ceux qui œuvrent de près ou de loin pour faire du rendez-vous un beau succès. La cohésion autour de l’appellation Saint-Véran se caractérise par l’important bénévolat - plus de 350 personnes, vignerons ou non - et de nombreux moments festifs. Ainsi, le parrain et chanteur franco-gallois, Michael Jones - célèbre depuis ses chansons avec Carole Frédéricks et Jean-Jacques Goldman - n’avait pas hésité à venir à nouveau chanter en leur honneur ce mardi soir à Prissé. Un concert privé qui préfigure ses deux prestations à venir lors du weekend des 27 et 28 janvier. Les 1.100 invités du banquet - lequel affiche déjà complet - pourront lui souhaiter en plus un joyeux anniversaire le samedi à minuit. La fête sera donc exceptionnelle.

Dernière chance avant 2032

Et ce n’est pas tout, évidemment. Recevoir la grande Saint-Vincent tournante est un privilège. Pour preuve, l’an dernier, l’appellation Mercurey a battu des records de fréquentation en attirant plus de 100.000 visiteurs. La fréquentation et la médiatisation rayonnent jusqu'à l'international. La dernière - et première - fois que l’événement s’était rendu dans le Mâconnais remonte à 2009, c'était alors pour célébrer l’appellation Mâcon justement. Sans trahir aucun secret, le calendrier de la Confrérie est pour l'heure complet jusqu'en 2032 ! Et vraisemblablement, la Saint-Vincent tournante ne reviendra pas dans le Mâconnais d'ici là. Personne ne doit donc rater ce rendez-vous !

De France et de Navarre, l’événement devrait attirer entre 40.000 et 60.000 personnes, tablent les organisateurs, prudemment puisque beaucoup dépendra de la météo. Le comité chargé de la sécurité est aux avant-postes. Un dialogue permanent est engagé avec la gendarmerie, la police (nationale et municipale) pour « sécuriser les accès, s’occuper du bon déroulement et gérer les flux ». En effet, le village de Prissé sera converti en une vaste zone piétonnière le temps du weekend. L’équivalent de 8.000 places de parking est ainsi prévu aux alentours. L’aérodrome de Charnay ou le centre équestre de Chaintré seront, par exemple, mis à disposition pour, ensuite, via des navettes gratuites, amener les visiteurs au cœur de l’événement. Même principe depuis la gare SNCF de Loché qui affrètera des trains spéciaux, avec des tarifs réduits, pour les passagers faisant l’aller-retour en Bourgogne.

Soutenir le bénévolat

« On va faire en sorte qu’ils s’en souviennent ! », prévient avec générosité Kevin Tessieux. Outre le respect des traditions - défilé des quatre-vingt-dix sociétés de secours mutuel, respect aux morts, messe, intronisations -, les organisateurs ont prévu de nombreuses animations : concerts, montgolfière, démonstration de tonnellerie, cave aux arômes…

« Nous avons aussi cherché à innover », espèrent les organisateurs. Le sens habituel du mot fait immédiatement penser à la vente de kits en ligne, dont déjà plus de 2.000 ont été réservés sur le Web, donnant un accès plus rapide à son verre sérigraphié et aux tickets de dégustations notamment. Ici, l’innovation s’entend plutôt dans le fait de retrouver quelque part le sens premier de cet événement qui célébrait un moment de « solidarité » entre vignerons, mais aussi avec le reste de la société d'alors, encore majoritairement agricole en 1938. « Nous avons besoin de faire des efforts collectifs pour soutenir d’autres bénévoles. Tout le monde en France n’a pas la possibilité de manger. Nous faisons parti des six manifestations retenues au niveau national par les Restaurants du Cœur. L’événement sera non-lucratif. Tous les bénéfices iront aux Resto du Cœur », insistaient les organisateurs. Une philosophie qui se retrouve dans les moindres détails. Ainsi en achetant des jetons pour manger dans l'un des dix-sept points restauration, l’argent des jetons non utilisés sera intégralement reversé à l’association créée par Coluche.

« Transpirer le territoire »

L’autre grande valeur mise en avant concerne les efforts réalisés par les viticulteurs en matière de développement durable. « La vigne est aujourd’hui regardée pour ses vins de qualité mais aussi pour le respect de l’environnement ». Pour démontrer que les vignerons mettent en œuvre de bonnes pratiques environnementales, les décorations seront au maximum le fruit d’objets détournés de leur usage premier. « On va vous montrer qu’on peut faire des décorations très sympa avec de la récupération ».

Enfin, il s’agit bien évidemment de mettre en avant l’appellation Saint-Véran, mais aussi de « transpirer un territoire » pour « faire découvrir des paysages », mettait en avant Kevin Tessieux pour associer et partager la lumière avec les AOC voisines de Pouilly-Fuissé, Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles, Viré-Clessé - « ce dernier cru qui fêtera bientôt ses vingt ans » - et évidemment Mâcon. « Nous sommes tous des producteurs de plusieurs de ces appellations », rappelait-il simplement, avant que la musique ne résonne jusque tard dans la nuit.

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