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Au Sénat, Jean-Paul Emorine monte au créneau pour défendre l'agriculture et les agriculteurs

Lors de la séance publique du 2 octobre au Sénat, Jean-Paul Emorine a interrogé le Ministre de l’Agriculture sur la situation des agriculteurs. Le sénateur de Saône-et-Loire est inquiet sur sur la place déclinante de notre agriculture dans les marchés internationaux.

Aujourd’hui après une forte déprise, notre agriculture n’occupe plus que 50 % de la superficie de notre territoire. C’est le triste constat dressé par le Sénat dans un récent rapport. Une situation qui se détériore d’autant plus vite que depuis plus de trois ans, « une majorité de nos agriculteurs désespère », a alerté Jean-Paul Emorine. Il rappelait les chiffres implacables : « leur revenu est de plus en plus bas voire inexistant, avec des moyennes de 500€ par mois sont la règle ». Et de regretter, comme tous, que la « loi EGAlim présentée hâtivement comme une solution n’est qu’une déception supplémentaire pour le monde agricole. Le Sénat l’avait prédit et toutes ses propositions avaient été rejetées… ». A cette crise sans fin est venue s’ajouter deux années de sécheresse terribles. Résultat, « les jeunes sont toujours plus endettés, les moins jeunes sont gagnés par le désespoir, malgré un engagement de passion et personnel de tous les jours », encourageait-il pour le mieux. Mais Jean-Paul Emorine ne sous-estime pas « l’immense détresse » chez certains qui ne voient malheureusement plus d’autres solutions que de « mettre fin à leur existence et plonger leur famille dans le deuil ». N’amplifiant que les problèmes pour les proches. « Quel drame humain ! Que dirait-on d’une catastrophe qui chaque année ferait plus de 300 victimes ? », fustigeait-il en direction de média qui ne cessent pourtant d’accuser – à tort – l’agriculture de ce pays, accusée de tous les maux de la terre.

Le sénateur de Saône-et-Loire interrogeait dès lors le Ministre de l’Agriculture sur les « dispositions à prendre pour enrayer cette terrible hémorragie ». « Quelles mesures structurelles ? Quelles mesures conjoncturelles ? L’agriculture a-t-elle encore pour le gouvernement un avenir dans notre pays ? » Absent ce 2 octobre puisque présent à Cournon, à la place du ministre de l’Agriculture, c’est Marc Fesneau, ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement qui a répondu assez sommairement du coup et d’un point de vue plutôt technique et non politique. « Sur l’élevage, la conjoncture de la filière Lait s’améliore : le prix payé au litre a augmenté depuis janvier. On perçoit les premiers effets de la loi EGalim. Nous restons vigilants sur la possibilité d’un Brexit dur et un rétablissement des droits de douane aux Etats-Unis », débutait-il en essayant de positiver l’action du Gouvernement. Mais il se contredisait immédiatement ensuite : « pour la filière Viande en revanche, la conjoncture est plus difficile, la mise en œuvre des orientations des plans de filières est plus que jamais nécessaire. Nous pouvons faire mieux que les 200 tonnes exportées vers la Chine », oubliant de dire qu’ici la loi EGAlim ne fonctionne clairement pas et que le lait finalement est dans une conjoncture favorable qui n’a rien à voir avec les EGAlim… Qu’en au sujet des suicides, il reconnaissait ce « drame familial mais aussi national, c’est une crise de sens. Nous devons trouver les mots et éviter de vilipender les agriculteurs », appelait-il de ses vœux sans plus de détails ni d’action concrète. La réplique de Jean-Paul Emorine ne se faisait pas attendre, masquant mal son mécontentement : « cette réponse ne va pas satisfaire l’ensemble du monde agricole. Je voudrais prendre à témoin mes collègues. Nous sommes des représentants des territoires et des terroirs. C’est ce que nous avons à défendre. C’est 50% de l’espace de notre pays. Ce sont des productions de qualité. Ce sont des hommes et des femmes qui travaillent 7 jours sur 7. Ce que nous vous demandons, c’est de prendre les décisions nécessaires, rapidement, pour pouvoir les maintenir sur le territoire ». Espérons que le message sera vite relayé au plus au sommet de l’Etat pour enfin voir une politique agricole ambitieuse et efficace !

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