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La culture du sorgho grain a des atouts qu'elle entend bien faire valoir

« L’Europe pèse très peu dans le monde du sorgho, mais peut exister beaucoup plus », considère Luc Esprit, délégué du projet Sorghum ID, interprofession qui a vu le jour le 26 septembre à Bruxelles. Face à lui, des journalistes de cinq pays européens (France, Italie, Espagne, Roumanie, Bulgarie). La FNPSMS (interprofession des semences de maïs et sorgho) mène une campagne de promotion du sorgho, cofinancée par Bruxelles.

Tolérant au stress hydrique, le sorgho est bien armé face au réchauffement climatique.

L’Union européenne est déficitaire en sorgho grain : ses importations représentent 15 à 30 % des utilisations, avance Yannick Carel (Arvalis). Quelque 700.000 tonnes sont produites sur 130.000 à 160.000 ha, avec comme leaders la France et l’Italie. Aux frontières de l’Union européenne (UE), il y a aussi l’Ukraine (70.000 ha pour 250.000 t) et la Russie (230.000 ha pour 310.000 t).

La France présente un bilan excédentaire. 70 % de la production nationale sont exportés dans l’UE. Ses utilisations paraissent extensibles : lors du pic de récolte en 2014, l’export et l’alimentation animale ont absorbé le surplus de collecte, note-t-il. « Le sorgho peut trouver des débouchés supplémentaires en cas de hausse de la production », d’après lui.

La même rentabilité qu’en maïs

En compétition avec le maïs, le sorgho lutte à armes égales d’un point de vue rentabilité. Sa marge est identique, entre 600 et 700 €/ha, à rendement équivalent (5,8 à 6,5 t/ha) et dans un contexte de prix bas, selon Arvalis. Pour des cultures non irriguées dans le Sud-Ouest, le seuil de commercialisation du sorgho grain (avec 6,5 t/ha) est estimé à 156 €/t, celui du maïs (avec 6,6 t/ha) à 170 €/t. « Je prévois d’augmenter les surfaces en sorgho sur mon exploitation », met en exergue Yvon Parayre, président de la chambre d’agriculture de Haute-Garonne. « C’est pratiquement la culture la plus intéressante quand le rendement se situe de 7 à 9 t/ha. En plus, le catalogue de variétés se renouvelle rapidement ».

Des progrès génétiques

Quatre à cinq nouveaux hybrides de sorgho grain sont inscrits chaque année en France, plus trois à quatre fourrager, indique-t-on chez Eurosorgho, qui en revendique près de la moitié.

Depuis les débuts de la recherche, le progrès génétique a beaucoup concerné la précocité : des variétés à cycle plus court permettent d’étendre la zone de production vers le nord. D’autres améliorations sont signalées en matière de résistance à la sécheresse, de productivité. « Plus récemment, des progrès sont obtenus dans la résistance aux maladies, la qualité du sorgho fourrager », signale Quentin Devaud (Eurosorgho).

De nouveaux débouchés

Le sorgho possède de nombreux atouts, souligne Arvalis. Sa culture bénéficie d’une faible pression parasitaire, d’une faible consommation d’intrants. L’intérêt est aussi de diversifier la rotation, ce qui répond aux exigences de la Pac, d’Ecophyto, de l’agro-écologie, appuie Jean-Luc Verdier. Autres points forts, l’efficience de l’utilisation de l’eau, la tolérance au stress hydrique.

La première utilisation du sorgho dans le monde reste l’alimentation humaine (35 Mt). Mais de nouveaux débouchés apparaissent en alimentation animale, pour nourrir les poissons en Asie du Sud-Est, les animaux de compagnie aux États-Unis, au Mexique. À l’inverse, l’UE utilise principalement le sorgho en élevage.

Le défi est qu’il soit davantage consommé par la population. Une bière au sorgho est ainsi lancée par la jeune entreprise française Soma, qui met en avant son caractère « naturellement sans gluten ».

 

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