Ratification du CETA : les incohérences du vote des députés !

Le 23 juillet dernier, les députés ont ratifié à une courte majorité (266 voix contre 213) le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta). Malgré les alertes répétées, la mobilisation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire le 2 juillet dernier, ainsi que les rencontres et les courriers envoyés aux députés du département sur le sujet, le Gouvernement et sa majorité, pour partie indécise, ont décidé de désavouer les standards de qualité européens !

En ratifiant le Ceta, l’Assemblée nationale vient d’autoriser, malgré de nombreuses voix discordantes, l’importation dans l’Union Européenne, à droits de douane nuls, de 65.000 tonnes de viande bovine, de 80.000 tonnes de viande porcine mais aussi de contingents importants de sucre et d’éthanol en provenance du Canada, produits compétitifs en Europe grâce à des « standards » moins-disants.

Selon le gouvernement, le Canada serait un « bon élève », digne de confiance et l’accord ouvre par ailleurs de belles perspectives commerciales. C’est pourtant le Canada qui, aux côtés d’une quinzaine de pays dont le Brésil, critique au sein de l’OMC les normes européennes trop strictes et tente de les contrer. Une fois le Ceta ratifié, le Canada pourra ainsi saisir le tribunal d’arbitrage pour faire valoir ses intérêts vers des normes moins contraignantes !

Sacrifice des agriculteurs mais également des consommateurs ! Les producteurs français et européens s’attachent à produire une alimentation de qualité, qui respecte des règles sanitaires et environnementales strictes pour protéger les consommateurs. Mais dans une incohérence incompréhensible, le gouvernement, qui semblait avoir entendu les agriculteurs dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, accepte donc de proposer aux citoyens européens de consommer des viandes dont les systèmes de production ne répondent pas aux normes et standards de production imposés aux producteurs européens.

Courage politique…

Dans notre département, les deux députées de l’opposition de droite et de gauche se sont opposées au Ceta. Les agriculteurs les en remercient vivement, tout en notant que la négociation a été conduite sous des majorités parlementaires successives… En revanche, les députés de la majorité ont voté pour ou sont restés silencieux. Ils balayent d’un revers de main les arguments avancés par la profession, bon nombre d’ONG et les députés de l’opposition en les estimant « infondés ».

Ce sont les standards sanitaires, environnementaux et de qualité française et européenne, demandés chaque jour aux agriculteurs, notamment suite aux EGA, qui sont désavoués par ce vote ! La profession dénonce le manque de cohérence avec les orientations décidées par ces mêmes députés qui ont validé la loi Egalim, ainsi que le manque de courage politique des élus qui se sont abstenus.

FDSEA et JA continueront de se mobiliser, pour combattre ce traité qui menace l’équilibre du modèle agricole familial et ouvre la voie à de nouveaux accords internationaux aberrants comme celui du Mercosur. Les organisations syndicales comptent désormais sur les sénateurs qui devront se prononcer sur le Ceta à la rentrée, pour relancer le débat et le porter devant les citoyens et les consommateurs qui auront le dernier mot !

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