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Le Chêne rouge a des atouts à faire valoir dans nos forêts

Le secteur Ain, Jura, Saône-et-Loire est en troisième position nationale quant au volume de bois sur pied de chêne rouge. Une essence qui constitue un atout forestier à redécouvrir.

Le chêne rouge n’apprécie pas les sols calcaires. D. R.

Très longtemps considérée comme une essence destinée au bois de chauffage, le chêne rouge (Quercus rubra) a pourtant de réelles aptitudes en construction ! L’étude collaborative et scientifique coordonnée par la Fédération interprofessionnelle du bois de l’Ain (Fib 01) entre 2014 et 2016 l’a prouvé : les caractéristiques du chêne rouge sont très proches de celles du chêne commun et ses aptitudes à l’usage sous forme de carrelets de menuiserie, de parquet, de mobilier sont avérées*. Forte de ces résultats, la Fib 01 organisait le 6 juin une journée technique consacrée au chêne rouge et a ainsi réuni une cinquantaine d’acteurs de la filière de l’Ain et de Bourgogne Franche-Comté, des propriétaires forestiers, des gestionnaires, des techniciens mais aussi des scieurs et menuisiers, tous désireux de mieux connaître les caractéristiques techniques de cette essence et de découvrir les opportunités nouvelles de débouchés.

De l’essor

Le secteur Ain, Jura, Saône-et-Loire se classe en troisième position nationale quant au volume de bois sur pied de chêne rouge. Pour le seul département de l’Ain, on compte plus de 800 hectares de cette essence essentiellement présente dans les communes de la Dombes et de la Bresse et en forêt privée.

Pour être une essence à croissance rapide (environ soixante ans pour atteindre son âge d’exploitation), les volumes de bois sur pied - et par extension les volumes de bois commercialisables - sont en expansion et ce phénomène va s’accentuer dans les années à venir. Il est donc important que la filière se mobilise pour valoriser cette essence locale dans des débouchés nobles correspondant à ses qualités intrinsèques.

Bien adaptée aux sols acides

Organisée en partenariat avec le CRPF, l’ONF et Coforêt, la journée du 6 juin a débuté par des visites de  peuplements de chêne rouge, en Saône-et-Loire puis à Saint-Trivier-de-Courtes. Ces visites ont été l’occasion d’interventions techniques complétées par des retours d’expérience de propriétaires forestiers, elles ont mis en évidence la rapidité de croissante du chêne rouge et sa facilité de régénération naturelle qui lui vaut parfois d’être considéré comme une espèce dite  "envahissante".  Le chêne rouge peut ainsi contribuer à redonner une vocation forestière à destination de bois d’œuvre à de très nombreux terrains de friches ou de taillis de faible valeur, notamment en sols acides peu favorables aux chênes de pays. L’essence n’est pas préconisée dans les terrains où le chêne de pays est bien adapté. En élargissant le spectre des essences adaptées et en préconisant le chêne rouge dans les situations favorables, le développement du chêne rouge peut ainsi encourager les propriétaires privés à s’engager dans une gestion durable de leur forêt.

Appréciée des transformateurs et utilisateurs

L’après-midi était, quant elle, consacrée à la transformation du chêne rouge avec notamment les visites de la scierie parquetterie Bellaton à Mantenay-Montlin et la scierie Pépin à Saint-Nizier-le-Bouchoux, toutes deux situées à proximité de la Saône-et-Loire et qui transforment respectivement 900 et 1.100 m3 de chêne rouge par an. Approvisionnement, séchage, nouveaux débouchés ont été abordés au cours des temps d’échanges.

Bois dur et avec peu de nœuds, le chêne rouge est apprécié par les transformateurs et bon nombre de clients découvrant ce produit, particuliers ou professionnels, se laissent séduire par ses qualités techniques et son prix globalement plus bas que celui du chêne de pays. Son aspect visuel, moins clair que le chêne de pays, peut de prime abord étonner, mais il peut aussi représenter un atout esthétique supplémentaire pour bon nombre d’utilisateurs. Seule ombre au tableau mise en évidence par les menuisiers présents lors de cette journée : il n’existe pas au niveau local de fabricants de produits techniques à base de chêne rouge, de type carrelets de menuiserie (bois collé et abouté prêt à être usiné). La journée s’est conclue par une présentation de plusieurs bâtiments de l’Ain, publics et privés, mettant en œuvre le chêne rouge en parquet, mobilier ou menuiserie et contribuant ainsi concrètement à la valorisation de cette essence locale. Parmi eux, on peut notamment citer le pavillon du tourisme de Châtillon-sur-Chalaronne ou l’église de Vieu-en-Valromey. Le projet de réhabilitation et extension du lycée privé de Saint-Didier-sur-Chalaronne devrait également prochainement mettre à l’honneur cette essence en menuiseries extérieures. Autant de réalisations concrètes qui s’ajoutent aux retours d’expériences globalement positifs des propriétaires, gestionnaires et utilisateurs de chêne rouge ayant ponctué cette journée technique, le tout laissant entrevoir de belles perspectives de développement pour cette essence locale !

Valérie Chevallon

 

* Les résultats précis de l’étude portant sur certaines caractéristiques techniques du chêne rouge sont disponible auprès de Valérie Chevallon, Fib 01 ; courriel : chevallon.v.fib01@gmail.com ; tél. : 09.62.08.83.41.

 

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