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Réunion de travail agricole Josiane Corneloup, sur l’agriculture, « les réflexions locales nourrissent le national »

A l’invitation de la députée, Josiane Corneloup, sept parlementaires sont venus arpenter quelques entreprises emblématiques de l’activité économique départementale, dont l’agriculture fait partie, le 30 janvier. Le lendemain, place à une réunion de travail pour poursuivre les échanges.

Après une visite de la halle technologique du Lycée Wittmer à Charolles et de la Maison du Charollais, nul doute que la députée, Josiane Corneloup avait déjà réussi son objectif de montrer à ses collègues que la Saône-et-Loire est un département agricole qui compte en France et qui mène de nombreuses réflexions. « Avec des agriculteurs motivés, l’agriculture de Saône-et-Loire invente actuellement de nouveaux modèles prometteurs d’avenir. Attachés à la qualité de son agriculture, les consommateurs veulent néanmoins qu’elle se réinvente », posait-elle en guise d’introduction à la une réunion de travail sur l’agriculture à Charolles le 31 janvier dernier.
Un constat nuancé d’emblée par Christian Dercerle, président de la chambre régionale d’Agriculture. « La situation est quand même préoccupante avec un fossé qui se creuse. Il y a toute une agriculture qui va bien, comme la viticulture qui a fait des efforts considérables - transformation, marketing, export… - ou la filière Comté, mais il y a d’autres filières, notamment l’élevage spécialisé ou lait, qui investissent énormément de capitaux et d’heures de travail mais qui ne sont pas suffisamment payés et se découragent ». D’autant plus préoccupant à l’heure ou 70 % du cheptel reproducteur allaitant régional est détenu par des éleveurs ayant plus de 55 ans et parmi eux, 60 % n’ont pas encore trouvé de repreneurs. « Avant, lorsqu’il y avait une exploitation libre, les candidats se bousculaient. Aujourd’hui, même avec des offres sur-mesure – location, ventes -, il n’y a pas toujours de preneur ». Devant les députés, il mettait en garde contre l’arrivée massive de capitaux étrangers. Pour contrer cette potentielle perte de souveraineté, Christian Decerle avançait la nécessité de « renforcer l’organisation des filières avec l’aide des législateurs pour emporter l’adhésion ».
Le député de Seine-et-Marne, Christian Jacob, « Gaulliste » revendiqué, se disait pourtant favorable aux « accompagnements décentralisés » en la matière plutôt qu’une intervention Etatique nationale. Un point de vue partagé par le Conseiller départemental, Jérôme Brochot qui regrettait toutefois que trop souvent les « lois sont pondues sans concertation, ni évaluation ou contreparties ». Se sentant peut-être un peu visé par la difficulté à suivre l’application des lois, le député de l’Ain, Damien Abad répondait en donnant un exemple : « sur l’étiquetage de l’origine, le décret d’application disait presque l’inverse de ce que l’on voulait. Il faut mettre un secrétaire d’Etat qui suivent » chaque dossier presque, se prononçait-il. Un éleveur ne pouvait s’empêcher de réagir. « Les technocrates sont instruits mais loin d’être intelligents », lâchait-il pour exprimer sa colère sur ces disfonctionnements démocratiques.
Les administrations ne sont pas les seules récalcitrants. Jacques Cattin, député du Haut-Rhin et vigneron revenait d’ailleurs sur la loi EGAlim. « Je constate la réalité avec les Grandes enseignes de distribution. Pour compenser le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte (SRP), les GMS nous demande de baisser nos prix de 5 % cette année et 5 % l’an prochain ». Connaissant parfaitement la filière AOP Comté, le député du Jura, Jean-Marie Sermier avait cette phrase juste : « la répartition de la valeur comme une somme de coûts individuels n’a jamais fait une filière ».
Président de la section bovine à la FDSEA de Saône-et-Loire, Christian Bajard appelait à ne pas abandonner avant le combat. « Tous les agriculteurs ne peuvent pas faire de la vente directe. Il faut donc sécuriser nos entreprises. Les EGAlim proposent des outils intéressants. A nous de surveiller et d'encadrer les GMS qui ont déjà anticipé ». Le président de l’Institut du Charolais, Henri Guillemot appelait aussi la filière élevage à « remettre le consommateur au centre de nos préoccupations et passer de la production de minerais à celle de produits retrouvant leurs lettres de noblesses », proposant de miser sur la traçabilité et les possibilités de communication qu’offrent le numériques. Vainqueur du Trophée de l’Agriculture innovante, David Torrent témoignait sur ses usages pratiques ces technologies en élevage bovins mais ne tolère pas de voir « de la viande d’ailleurs avec hormones, farines animales, maïs OGM… » venir concurrencer librement les produits français. Le lendemain, le scandale de la viandes avariées de Pologne éclatait d’ailleurs. En porcs plein air, Jean-Paul Malatier expliquait le développement de ses ventes directes, faisant le constat que de plus en plus de « consommateurs cherchent à mieux manger et non plus, manger pas cher ». L’occasion de valoriser en circuit court, y compris en moyennes surfaces mais jamais en grandes surfaces. Que l’on soit en AOP ou en production fermière d’ailleurs, reconnaissait Sophie Bonnet, présidente de l’AOP fromage Charolais. « Les gens achètent un produit avec un producteur derrière. On manque de production en AOP, on cherche de nouveaux producteurs », glissait-elle. L’ancien président, Xavier Rizet rajoutait cependant la nécessité d’avoir « des grandes filières marchant bien sinon les petits marchés sont pénalisés derrière », craignant au passage le lobby de grands industriels voulant interdire le lait cru fermier.
Josiane Corneloup remerciait chacun des participants pour l’ensemble de ces débats. « Les réflexions locales nourrissent le national » concluait-elle. Nul doute que les députés des autres départements ne manqueront pas d'appeler la députée s'ils ont besoin de conseils.

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