Actualité Viticulture

Quel bilan pour le précédent binôme à la tête du BIVB ?

Lors de la dernière assemblée générale du BIVB, le 25 janvier à Gilly-lès-Cîteaux, les présidents, Louis-Fabrice Latour et Claude Chevalier, ont dressé un bilan de leur binôme à la tête de l’interprofession de 2013 à 2017. Retour.

A la tête du BIVB lors de la dernière mandature, les deux hommes forts de Côte-d’Or se « connaissaient » bien avant de prendre leurs responsabilités à la tête de l'interprofession, puisqu’avant d’être élus aux postes de président et de président délégué au BIVB, chacun y représentait déjà sa famille professionnelle, au sein du collège de la CAVB pour Claude Chevalier et au sein du collège de la Fneb pour Louis-Fabrice Latour. Ce dernier plaçait donc cette mandature dans la continuité d’un « dialogue » entre les deux familles. Un dialogue aussi « à l’intérieur du BIVB, avec des comités permanents où l'on se dit les choses », se satisfaisait Louis-Fabrice Latour. Un dialogue également avec les partenaires de la filière que sont les administrations, les élus, les médias, le comité régional de l'INAO... Sur les réseaux sociaux également avec la création d’un poste de "Community manager" pour l'interprofession des vins de Bourgogne. Ou enfin, sur le terrain. Un petit bémol néanmoins sur ce dernier point alors que, malgré tous ces efforts, Claude Chevalier admettait que cela n’a toujours pas permis de rapprocher les vignerons bourguignons de leur interprofession. Ce dernier aurait aimé « montrer que le BIVB est intéressant pour tous » les vignerons. De fait, les réunions organisées n’ont souvent attiré qu’un faible nombre de participants... L’objectif n’est pour autant pas abandonné et le BIVB entend toujours « créer du lien » avec l’ensemble des acteurs de la filière d’ailleurs.

En revanche, si Claude Chevalier plaidait au début de son mandat pour modifier en profondeur le fonctionnement du BIVB, finalement, la « transversalité » entre les Pôles s’est imposée. Désormais, « les commissions bossent bien ensemble », se félicite-t-il, voyant se créer des nouvelles habitudes de travail entre Technique et Qualité, Communication et Marketing, Marchés et Développement.

Projets structurants

D’un point de vue de la stratégie, le plan Bourgognes 2020 s’est inscrit dans la continuité du plan Bourgognes Amplitude 2015, lequel visait à faire des vins de Bourgogne la "référence mondiale des grands vins issus d’une viticulture durable". Ce dernier avait été construit et enclenché sous la précédente mandature, sous les présidences de Pierre-Henri Gagey et de Michel Baldassini.

Entre temps, deux années de suite, la grêle a ravagé la côte de Beaune essentiellement. C'est ainsi qu'un plan anti-grêle s’est mis en place avec l’Arelfa. Néanmoins, le coup de grace est venu du gel printanier de 2016. La priorité aura été alors celle d’une « Bourgogne qui ne laisse personne de côté », releguant ainsi les autres projets au placard. Ce qui a sans doute également aidé à mettre tout le monde dans le train de la "montée en gamme". Dès lors, il a alors fallu gérer cette "premiumisation" en conciliant hausses de prix, pertes de clients, renouvellements de marchés, le tout en lien avec la qualité, l’image et la notoriété des vins de Bourgogne.

Paradoxalement, avec une image de "nantis", une « solidarité » était nécessaire pour cette Bourgogne invisible qui souffre alors que, dans le même temps, la « prospérité » s’amplifiait, surtout en côte de Nuits, laquelle connaissait alors plutôt des problèmes de spéculation (foncière aussi) fortement médiatisés.

Régionales first !

Alors que la Bourgogne peinait à approvisionner des marchés demandeurs, la mise en avant des appellations régionales et villages « moins connues » étaient salutaires. « Le BIVB peut se servir des Grands crus, mais sa priorité reste les régionales », insistait Claude Chevalier. Pour autant, le vigneron ne cachait pas les « flottements » et les erreurs de recrutements, notamment au poste de directeur du Pôle Communication. Ce poste stratégique est désormais stabilisé depuis le retour de Virginie Valcauda au sein de l'interprofession, laquelle avait été embauchée quelques années auparavant sous Michel Baldassini avant de partir pour d'autres horizons professionnels.

Finalement, le plus important chantier de la dernière mandature aura été la finalisation du projet des Cités. Un projet éminemment politique, accompagné d'un volet financement et gouvernance qui ont mis du temps à se décanter, le tout sur fond d’enjeux locaux et de périodes électorales pour la présidence de la République...

Réagir aux polémiques

L’actualité a également contraint le binôme à réagir aux polémiques médiatiques. En fin de mandat, s’est rajouté un gros travail sur la Charte régionale des "bonnes pratiques" viticoles suite aux nombreuses polémiques qui ont émaillé la vie du vignoble ces dernières années (traitements contre la flavescence dorée, pesticides…). Sera-t-elle suffisante ? Certainement pas et il appartient maintenant à chaque vigneron de l’appliquer…

Et ce ne sera pas évident dans un contexte où la profession fait toujours face à un problème majeur : le dépérissement accéléré du vignoble. Même si le BIVB ne dirigeait pas en direct la réflexion, l’implication des différentes interprofessions viticoles est importante dans le cadre du Plan national dépérissement, dans lequel Michel Baldassini est un acteur majeur.

La solution pourrait bien passer par une déclinaison de ce plan. Defigreff est le nom du projet ambitieux mené à l’échelle du bassin et animé par le BIVB pour permettre à la filière de maîtriser la production de matériel végétal adapté. Les différents acteurs de la sélection, pré-multiplication et multiplication du matériel végétal du bassin viticole Bourgogne Beaujolais Jura Savoie mènent une réflexion pour sécuriser l’approvisionnement de ces vignobles en matériel végétal adapté en quantité suffisante et produit en région.

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