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Des bulles dans le gaz entre crémants et IGP

Fin d’année dernière, quatre syndicats d’IGP (indications géographiques protégées) ont à nouveau obtenu une autorisation de production, d’élaboration et de commercialisation de vins effervescents par les ministères de l’Agriculture et de l’Économie, paru au Journal officiel du 10 décembre. Ce qui avait courroucé la Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémant. Retour sur ce dossier et explications des producteurs de Crémants.

Il s’agit des IGP de Pays d’Oc, Comté Tolosan, Coteaux de l’Ain et Vin des Allobroges. Les quatre cahiers des charges correspondant à ces IGP avaient déjà été annulés à deux reprises par le Conseil d’État. La Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémants s’est redite prête à attaquer une nouvelle fois ces cahiers des charges. Elle appelait dès lors à un débat entre l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité), les IGP et les élaborateurs de crémants. Pour elle, il faut tirer la qualité des effervescents vers le haut pour moins subir les assauts de la concurrence du Prosecco italien, qui progresse partout dans le monde.

Une affaire qui dure

Le 11 décembre, suite à ces informations, la Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémant apportait « un éclairage sur cette affaire qui dure ».

Car rappelle-t-elle, l’affaire remonte à 2011… Dès les premières propositions en 2011, la Fédération avait demandé à ce que la création d’un nouveau type de produit soit précédée d’un travail de hiérarchisation de l’offre, en parallèle de vérifier l’opportunité d’une reconnaissance d’un signe de qualité, permettant au consommateur de se voir proposer une offre lisible.

La « non réponse », dénonce la Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémant l’a « contraint » à intenter une première action devant le Conseil d’Etat afin de faire valoir ses droits.

Sur les 44 recours engagés par la Fédération depuis 2011, 40 dossiers avaient été rejetés par la plus haute juridiction française et qui avait débouté et interdit la production, l’élaboration et la commercialisation de vins effervescents revendiqués sous la bannière d’une IGP. Soit quelques 91 % de succès enregistré par la Fédération qui affichait son opposition quant à l’antériorité revendiquée du savoir-faire mais aussi par rapport à l’immense étendue de certaines zones, la multiplicité des cépages autorisés où certains sont d’ailleurs reconnus comme inadaptés à la production de vins de base, mais aussi et surtout quant au flou qui réside dans la méthode d’élaboration possible et revendiquée.

Pas du protectionnisme

La Fédération envisage donc à très court terme de saisir une nouvelle fois le Conseil d’Etat afin d’obtenir gain de cause et débouter les syndicats respectifs dans « leur acharnement à produire des vins effervescents sans que le process ne soit précédé d’un débat », regrettent les producteurs de crémants, entre les responsables de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) d’une part et les responsables de la Fédération et des IGP d’autre part.

La Fédération précise qu’il ne s’agit pas là d’un « souhait de protectionnisme du Marché » et « bien au contraire ». Elle tient à participer à l’organisation du Marché des vins effervescents et à la hiérarchisation de celui-ci et « entend le dire ». Elle demande aux responsables des IGP de définir plus précisément le type de produit souhaité et d’en accentuer les références à l’Indication Géographique revendiquée comme par exemple la méthode d’élaboration souhaitée.

Légitime à d’exprimer, la Fédération des crémants estime être en droit de revendiquer sa vision du marché afin « d’éclairer le consommateur dans son acte d’achat d’une bouteille de vin effervescent » et cela, dans le but « d’éviter toute dérive conduisant ce dernier à se perdre dans un environnement déjà largement complexifié ».

Les Crémants, réunis désormais autour de huit régions que sont l’Alsace, Bordeaux, la Bourgogne, Die, le Jura, Limoux, la Loire et la Savoie, sont en constante progression d’année en année. Ensemble, ces syndicats représentent l’équivalent de 80 Millions de bouteilles commercialisées en une seule année.

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