Viticulture

Comment faire le bon choix pour complanter ou replanter sa parcelle

Alors que les surfaces cultivées en vigne sont en progression, la production baisse. Du fait, notamment, de maladies du bois qui conduisent à une mortalité annuelle qu’il faut gérer. C’est à ce moment que le viticulteur doit arbitrer entre complantation et replantation. Un choix parfois cornélien qui peut être orienté grâce à un calculateur mis à disposition par le BIVB.

Les professionnels peuvent déjà avoir accès à l'OAD via extranet.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, pendant que les surfaces cultivées en vigne augmentent, la production est, pour sa part, en diminution. Parmi les facteurs impliqués, les dépérissements jouent un rôle prépondérant et, plus particulièrement, les maladies du bois qui conduisent à une mortalité annuelle souvent complexes à gérer. L’arrachage puis la replantation d’une parcelle est une pratique en recul ces dernières années en Bourgogne. En effet, le taux de renouvellement est inférieur à 1 % depuis dix ans. Cette tendance entraîne un inévitable vieillissement du vignoble. Parallèlement, la complantation (ou repiquage) est en augmentation mais elle n’est pas sans conséquence sur le potentiel de production.

Choix cornélien

Complanter ou replanter sa parcelle est une vraie décision stratégique pour son exploitation. Mais pour prendre une telle décision, il est bien difficile de se décider seul sans avoir préalablement étudié l’ensemble de (nombreux) paramètres. Ainsi, pour calculer l'impact d'une complantation, doivent être pris en compte des critères tels que l'appellation, la surface de la parcelle, la densité de plantation de la parcelle, le taux de mortalité moyen annuel de cette parcelle, le rendement maximal théorique de cette parcelle… Parfaitement conscient de la problématique, le BIVB met à la disposition des professionnels un outil capable d’orienter le viticulteur vers le meilleur choix. C’est ce que l’on appelle l’OAD (Outil d'Aide à la Décision). Cela prend la forme d’un calculateur. Celui-ci prend en compte de multiples données techniques pour évaluer la perte de rendement due à la présence de complants. Il permet ensuite, à partir de données économiques complémentaires, de connaître la meilleure réponse pour la parcelle concernée. A savoir s’il faut continuer à complanter ou s’il faut carrément replanter. L’utilisation de l’OAD permet de remettre en perspective la pratique de complantation par rapport à un arrachage/replantation qui peut, dans certains cas, être plus adapté. Cependant, bien souvent, d’autres éléments entrent en compte comme le fait que la personne qui exploite n’est pas forcément celle qui est propriétaire de la parcelle.

Il faut remarquer que, sur la période 2005-2015, la complantation a tout simplement doublé en volume. Quant à l’année 2016, la replantation a surtout été dictée par les conséquences du gel de nombreuses vignes. Pour ce qui est du taux de reprise des jeunes, difficile d’avoir des chiffres précis. Car ce taux de reprise est énormément dépendant des conditions climatiques des premiers mois après leur plantation. Ce qui entraîne une extrême variabilité d’une année sur l’autre. Enfin, du côté du repos de la terre, une durée minimale de deux ans est conseillée. Mais cette durée peut s’allonger s’il y a des soucis de maladies propres à la terre. Ce repos peut alors osciller entre cinq et sept ans.

Plusieurs évolutions à venir

Aujourd’hui, l’OAD est accessible uniquement sur l’extranet du BIVB. Il est disponible pour tous les producteurs de raisins ou de vins. Néanmoins, une ouverture prochaine est prévue pour être accessible à tous. Par ailleurs, au niveau du coût d’une plantation, le BIVB est en train de développer un nouvel outil qui permettra au viticulteur de calculer au plus juste son coût de plantation et de faire les bons choix techniques tout en ayant une vision économique la plus juste possible.

Coût et temps de travail moyen

En 2017, le BIVB dévoilait des données issues de l’étude des coûts d’itinéraires techniques vigne, en lien avec les données issues des chambres d'Agriculture de Bourgogne et des centres comptables agréés. Ainsi, il fallait compter 7.70 € par complant. Un coût qui se répartissait de la manière suivante : 42 % pour la main d’œuvre, 28 % pour les fournitures, 20 % pour la mécanisation et 10 % pour les frais financiers et généraux. Soit 919 € par hectare (incluant la main d’œuvre avec un taux de complantation de 1.9 %). Quant au temps de travail, il est de 5h par hectare pour les travaux de tarière et d’arrachage et de 12 heures par hectare pour le marquage, la plantation, l’équipement et l’arrosage. Il convient aussi de noter que l’entrée en production d’un complant est différente de celle d’une parcelle nouvellement plantée. Le temps nécessaire au complant pour atteindre son potentiel de production est de 9 ans en moyenne.

Taux d’utilisation de l’autorisation de plantation et amende

Les viticulteurs qui ont obtenu des autorisations de plantations nouvelles en 2016 doivent effectuer leur plantation sans tarder. En effet, la plantation doit être effective maximum trois ans après l’attribution de l’autorisation. Si le taux d’utilisation de l’autorisation de plantation (délivrée en 2016) est inférieur à 80%, une amende peut être dressée. Elle est calculée en tenant compte de l’appartenance ou non de l’autorisation à une zone de limitation régionale :

- le montant de l’amende est égal à 2.000 € par hectare de surface d’autorisation non utilisée si l’autorisation a été octroyée pour des surfaces incluses dans une zone de limitation non atteinte pour l’année concernée.

- le montant de l’amende est égal à 6.000 € par hectare de surface d’autorisation non utilisée si l’autorisation a été octroyée pour des surfaces incluses dans une zone de limitation atteinte pour l’année concernée.

Un message est adressé automatiquement aux viticulteurs concernés via la plate-forme vitiplantation par France Agrimer.

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