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À chaque catégorie sociale son mode d’expression sur le Web

Le premier chantier des États généraux de l’alimentation touche à sa fin. Ce grand rendez-vous, voulu par Emmanuel Macron, a fait réagir sur internet. Le monde agricole s’est emparé des réseaux sociaux, tandis que la société civile et les ONG se sont montrés actives sur la plateforme participative du ministère de l’Agriculture.

Alors que le premier chantier des États généraux de l’alimentation vient de s’achever, le Syrpa (réseau des communicants des secteurs agricole et agroalimentaire) s’est intéressé aux débats que les États généraux ont suscités sur le Web. À l’occasion d’une rencontre organisée le 4 octobre, le Syrpa a présenté deux études : l’une sur les influenceurs présents sur les réseaux sociaux, l’autre sur les résultats de la consultation publique organisée par le ministère de l’Agriculture. Les résultats montrent que le monde agricole s’est emparé du sujet sur les réseaux sociaux tandis que la société civile s’est saisie de la consultation publique du ministère de l’Agriculture.

#EGalim : les États généraux sur la twittosphère

Entre avril et début octobre, c’est-à-dire entre l’annonce de l’organisation d’un grand rendez-vous sur l’alimentation du candidat Macron et la fin du premier chantier des États généraux, les expressions en lien avec les États généraux (#EGalim, #EGA…) ont été mentionnées près de 54 000 fois sur le Web et les réseaux sociaux, selon une étude menée par l’Agence de communication Shan. Et 81,5 % de ces mentions se sont faites sur Twitter (près de 42 000), loin devant les sites d’actualités en ligne (4 100), les blogs (2 500), les sites des journaux papier (1 365), les sites des magazines (601), des TV et radios (500) et sur Facebook (210).

Si ces États généraux sont ceux de l’alimentation, ce sont bien les termes « agriculture » et « agriculteurs » qui reviennent de façon récurrente dans les débats. Les termes « prix » et « bio » reviennent eux aussi très souvent. Enfin, il faut noter que la FNSEA est l’acteur le plus mentionné sur le Web, avant Emmanuel Macron et Stéphane Travert !

Des twittos issus du monde agricole

Les deux acteurs les plus influents (like et retweet) sur Twitter, sont le ministère de l’Agriculture et la FNSEA, largement devant les autres (4 300 retweet et/ou like pour le ministère, 3 700 pour la FNSEA). Bien plus loin arrivent « Graines insoumis-e-s », le compte spécial des Insoumis créé pour les États généraux, avec 1 000 like et retweet, l’Inra (723), Stéphane Travert (658), ou l’APCA (592). À noter également parmi les « e-influenceurs », Agra Presse (seul média du top 15), Christiane Lambert, Coop de France ou encore la Coordination rurale. En bref, une liste très agricole et une présence très discrète du secteur de l’alimentaire et des ONG. « Les ONG ne sont pas parmi les” tops influenceurs” car à l’inverse du Grenelle de l’environnement où elles s’étaient coordonnées, elles communiquent cette fois en ordre dispersé, mais elles sont présentes », explique Amaury Bessard, co-auteur de l’étude.

Une image très orientée de l’agriculture

Ainsi, à la question « comment accompagner la transformation de notre agriculture ? », les contributeurs suggèrent majoritairement d’apporter une meilleure formation aux agriculteurs, partant du principe par exemple qu’« ils ne sont pas véritablement informés sur la manière de faire et de concevoir l’agro-écologie ». Ils évoquent par ailleurs l’agriculture bio estimant que « l’agriculture bio peut nourrir la planète » et que les aides à la conversion sont insuffisantes. Sur la consultation consacrée aux modes de consommation plus responsables, les participants parlent majoritairement de l’élevage et finalement très peu de l’agriculture bio.

Enfin, sur l’information des consommateurs, les contributeurs soutiennent le code couleur et sans surprise, attaquent l’alimentation industrielle et la publicité. Plus étonnant cependant, les remarques assez dures à propos du site internet mangerbouger.fr, vu comme « la vitrine des lobbys agricoles français », propageant « des mensonges énormes » et « faisant abstraction des recommandations internationales en termes de nutrition et de santé ».

Lorsque l’on voit la teneur des contributions et les profils des contributeurs, on peut souhaiter bien du courage au ministère de l’Agriculture qui s’est engagé à faire une synthèse des contributions à l’issue de la période de consultation, le 20 octobre. On peut également légitimement s’interroger sur le crédit à accorder à cette synthèse. On est peut-être là à la limite de la démocratie participative…

Les ONG sur la plateforme participative du ministère

Et où trouve-t-on les ONG ? Elles sont les plus gros contributeurs de la consultation publique mise en place par le ministère de l’Agriculture sur son site internet dédié (www.egalimentation.gouv.fr), visant à éclairer les pouvoirs publics. Au 26 septembre, 12 500 personnes avaient participé à la consultation publique, selon une étude menée par l’agence de communication « Protéines ». Le participant le plus « actif », c’est-à-dire ayant laissé le plus de votes, n’est autre que François Veillerette, le directeur et porte-parole de Générations Futures. Le réseau Fermes d’avenir (agro-écologie et permaculture) s’est également montré particulièrement actif, tout comme Biocoop d’ailleurs. Le Synabio, la Ruche qui dit oui, Graines insoumis-e-s, ou Demain la Terre ont particulièrement contribué à la consultation. Le monde agricole est par contre moins représenté. On trouve les JA, la Coordination Rurale et les Producteurs de légumes de France. La surreprésentation de la société civile et des ONG par rapport au monde agricole s’illustre bien dans les résultats de la consultation publique.

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