Viticulture

L’actu des vignes à la veille des vendanges

Programmées pour la Saône-et-Loire le 29 août à Fuissé et à Saint Désert, les réunions pré-vendanges se sont déroulées juste avant les premières coupes qui ont débuté dans les parcelles de crémant le week-end dernier. Entre ZNT et droit du travail, prospection flavescence dorée et bilan météo, plusieurs points techniques ont été abordés et expliqués.

 

« À partir du moment où il y a dialogue, on arrive à vivre ensemble » constate Thiébault Huber lors des réunions publiques organisées autour des questions de traitements et d’interventions dans les vignes.

Parmi les dossiers les plus emblématiques du moment, il y a incontestablement les discussions autour des zones de non traitement, les ZNT.
« Il y a pression de l’ensemble des régions viticoles auprès des parlementaires », débute Thiébault Huber, le président de la CAVB. Et cette mobilisation à l’échelle nationale a au moins permis dans un premier temps de reporter de plusieurs semaines la mise en place de ces ZNT, un temps annoncée pour cet été.
Car le président de la CAVB a bien souligné le paradoxe : « tous les produits que nous utilisons ont une autorisation de mise sur le marché. S’ils sont toxiques, les risques encourus par les riverains ne sont pas de notre fait, ce n’est pas à nous d’en subir les conséquences. Mais ces arguments sont visiblement non entendables au ministère... ».

1.000 ha condamnés

Étaient évoquées dans un premier temps des distances à respecter de 10 m pour les vignes, de 15 m pour les grandes cultures. « Ces distances à respecter depuis la limite de propriété condamnaient 1.000 ha de vignes sur les trois départements, Saône-et-Loire, Yonne, Côte d’Or. Si c’est à partir des habitations, le chiffre passe à 300 ha. Ce qui reste encore énorme », s’inquiète Thiébault Huber.
Ce qui semble se profiler d’après les dernières déclarations du ministre de l’Agriculture, fin août, c’est la mise en place de zone de non-traitement (entre deux et cinq mètres autour des habitations et des bâtiments) lorsque des chartes territoriales d’épandage n’auront pas pu être établies entre élus, riverains et agriculteurs.
Oublié donc un texte imposé durant l’été, place à la concertation. Le calendrier annoncé parle du lancement d’une consultation publique dans chaque préfecture début octobre pour une durée de six semaines. L’arrêté au niveau national est prévu pour janvier 2020.

La Bourgogne engagée

Pour ce qui est des chartes de bonnes pratiques, les vins de Bourgogne s’y sont déjà investis avec la charte départementale de la FDSEA de Saône-et-Loire qui a inspiré celle régionale "engager nos terroirs dans nos territoires".
« Le cadre régional est donné, à chaque commune de l’adapter, indique encore le président de la CAVB. Nous constatons que chaque fois que nous entamons le dialogue avec les riverains, des solutions qui conviennent à chacun émergent ».
L’engagement actuel de la profession porte déjà sur plusieurs points importants : la réduction de l’utilisation des produits CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), le renouvellement du parc matériel pour des pulvérisateurs plus précis permettant aussi d’occulter certaines buses en bordure de parcelle, la limitation du désherbage chimique, etc.
Cette charte lancée en 2017 a connu ses premiers effets cette année, Thiébault Huber espère désormais « 60 % de viticulteurs engagés en 2020 ».

Méconnaissance de l’activité

« Nous avons par ailleurs un important travail de communication à faire pour expliquer notre métier et nos pratiques », reconnaît-il encore, car l’ensemble de la profession doit prendre en compte la grande méconnaissance du public sur son activité.
« Il faut bien que les gens comprennent que notre usine à nous est à ciel ouvert. Ils sont venus s’installer près des vignes pour le beau paysage, mais nous, nous ne pouvons pas travailler s’il n’y a pas de traitements ».
De ce fait, pour expliquer la vigne et ses contraintes, le BIVB et la CAVB ont conjointement édité un guide "comprendre le métier de viticulteur", disponible dans toutes les mairies et à destination du grand public et des nouveaux arrivants sur les communes. Il est là pour expliquer, communiquer en amont pour désamorcer tout problème et toute incompréhension.

Un relais assuré aussi sur le terrain par les ODG et différents groupes, dont des groupes 30.000. « Il est légitime pour les particuliers de s’interroger », admet Thiébault Huber. Il est légitime aussi pour la profession de défendre son savoir-faire.

Impact aléas climatiques

La CAVB a rappelé le lancement d’une pré-enquête pour mesurer l’impact des aléas climatiques subis sur cette campagne. « Nous souhaitons monter un dossier pour obtenir des baisses de cotisations auprès de la MSA » en lien avec ces incidents climatiques. Ainsi un questionnaire intitulé "gel et grêle 2019" est disponible sur le site de la MSA et permet d’indiquer les surfaces et appellations concernées, et d’estimer la perte de récolte.
Par ailleurs, la profession se mobilise pour lister les communes les plus touchées notamment par le gel pour tenter d’obtenir de la préfecture la possibilité d’achat de raisin.

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