Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 32-2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie : La consommation n’est pas au rendez-vous, notamment dans les zones de villégiature où les températures caniculaires ont fortement pesé sur la vente de produits carnés. La Côte d’Azur qui est un moteur important en période estivale a vu ses ventes chuter de façon très significative, y compris dans les produits phares comme les entrecôtes, ou les brochettes. Les autres régions sont au même régime, car sous des températures dépassant les 35°C, une bonne salade fraîche ou un carpaccio passent mieux qu’un faux filet même si ce dernier est très bon. La boucherie traditionnelle est en forte baisse d’activité, car une grande partie de leur clientèle est en vacances.  

La sécheresse qui frappe une grande partie de l’Europe est inquiétante, car faute de tarifs rémunérateurs, de nombreux éleveurs n’auront pas la capacité de passer cette nouvelle crise malgré les aides qui leur seront attribuées. Alors que le cheptel allaitant a connu une forte décapitalisation depuis un an et demi, une nouvelle vague risque d’arriver sur le marché dans les semaines à venir. Les abatteurs observent déjà une sérieuse dégradation de la finition des animaux. L’accroissement du prix des céréales n’est pas un bon signe pour l’activité d’engraissement.

Sur les marchés, l’offre se montre suffisante pour des besoins amoindris par les fortes chaleurs. Les femelles haut de gamme (Blondes d’Aquitaine, Parthenaises, Aubrac, Limousines ou Charolaises…) sont peu recherchées en raison de la fermeture des boucheries traditionnelles des grandes métropoles, mais également de la canicule. Les volumes restent cependant limités ce qui n’engendre pas de dégradation tarifaire. Les échanges sont calmes avec des tarifs qui peinent à se maintenir dans les bonnes génisses, ainsi que pour les bonnes vaches Charolaises jeunes et viandées. Dans le secteur des réformes allaitantes, les besoins commerciaux sont faibles y compris pour les vaches lourdes, convenant à la coupe pour les GMS sur les zones de villégiatures. L’offre tend à s’accroitre dans le bétail d’entrée de gamme, avec des bovins qui ont beaucoup plus de mal à trouver preneur dans le secteur maigre. Ces animaux en manque de finition seront en grande partie destinés à la transformation. En réformes laitières, face à la baisse des ventes et surtout à la dégradation de la qualité des vaches, les gros industriels accentuent la pression sur les prix des vaches maigres. Les bonnes Holsteins ou Montbéliades lourdes et correctement finies se maintiennent. En jeunes bovins, l’activité au cœur de l’été est assez tendue avec des tarifs qui peinent à se maintenir en France comme en Allemagne.

Bovins d’embouche et d’élevage : L’activité commerciale commence à ressentir les effets de la sécheresse. Les acheteurs montrent quelques besoins très précis dans les bonnes femelles lourdes à finition rapide avec des tarifs qui plafonnent. En revanche, les échanges se montrent plus difficiles pour le bétail à finir plus tardivement ou dans les animaux de moindre conformation.

Broutards : L’activité commerciale est ralentie. Les structures de négoces profitent de la modestie saisonnière de l’offre pour prendre leurs congés à la veille d'une semaine du 15 août qui sera sans activité. Les besoins des exportateurs sont ciblés sur des broutards et taurillons Charolais moins de 16 mois et de plus de 400kg de qualité. Les animaux non vaccinés ou de second choix ont plus de mal face à une demande intérieure atone. En femelles, la demande reste suivie dans les bonnes Charolaises vaccinées recherchées pour l’export sur l’Italie. Le placement est laborieux dans la moyenne marchandise à destination de l’Espagne.

Veaux d’élevage et d’engraissement – L’offre reste largement suffisante pour couvrir les besoins des intégrateurs qui continuent de souffrir d’un manque de places dans les ateliers d’engraissement à cette période de l’année. Les intégrateurs commencent à contingenter les apports chez leurs fournisseurs habituels. L’export vers l’Espagne est ralenti pendant la période des fortes chaleurs. La qualité des veaux se dégrade sous l’effet de la chaleur ce qui entraîne un tri plus sévère dans les achats. Les gros opérateurs maintiennent une très forte pression sur les prix avec un tri sévère dans les lots de veaux Frisons, Abondances ou Montbéliards. En croisés laitiers, le mauvais commerce se poursuit face à une offre trop abondante pour les besoins. La tendance est morose et commence à atteindre les bons sujets U. La marchandise commune est sévèrement triée et les cours sont malmenés.

Ovins – Les besoins pour les zones touristiques sont limités, même si on note toujours une préférence pour les agneaux sous signe de qualité ou IGP. La demande se renforce dans les lourds par les opérateurs qui préparent l’Aïd-El-Kébir (22 août), mais ces derniers ont tendance à reporter leurs achats la semaine prochaine face aux conditions climatiques et à des commandes qui se font attendre. Le commerce est régulier dans les bons agneaux. Le placement se montre en revanche très calme dans les agneaux trop gras ou ordinaires. En brebis, les transactions restent assez fluides dans les bien conformées de plus de 60kg avec une demande soutenue à l’export sur l’Italie. Les tarifs se maintiennent dans les ordinaires.

Porc – Peu de consommation avec la canicule. Le marché est pourtant à l’équilibre avec des poids qui continuent de baisser dans les abattoirs. Le tarif est inchangé à 1,223€.

 

Services

Recevoir la newsletter