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Découverte : une enzyme pour fabriquer des biocarburants cellulosiques

Des chercheurs de l’Inra et du CNRS ont découvert une nouvelle enzyme issue de champignons qui rend possible et moins coûteuse la dégradation en biocarburants de parois des cellules végétales les plus récalcitrantes, a annoncé l’Inra le 30 janvier. Les parois des cellules des végétaux sont constituées d’une matière appelée lignocellulose qui est abondante dans les déchets végétaux, mais très résistante à la dégradation enzymatique. Ce qui rend la production de biocarburants lignocellulosiques trop coûteuse pour l’instant.

 

Les chercheurs de l’Inra de l’unité mixte de recherche « biodiversité et biotechnologie fongiques (BBF) » de Marseille ont collecté en Guyane française des souches du genre Pycnoporus, qui se développent sur le bois et s’en nourrissent. Depuis 2014, une souche du champignon, Pycnoporus coccineus, identifiée comme un dégradeur efficace du bois, a fait l’objet d’un séquençage de son génome, puis les fonctions de ses différentes enzymes, produites lorsque le champignon colonise le bois, ont été étudiées.

En collaboration avec le laboratoire des macromolécules biologiques du CNRS de Marseille, l’université de York en Angleterre et l’unité « biopolymères interactions assemblages » de l’Inra de Nantes, les chercheurs marseillais ont réussi à identifier la fonction biologique d’une enzyme jusqu’alors inconnue. « Cette protéine dégrade spécifiquement le xylane qui recouvre les fibres de cellulose du bois et qui est résistant aux hydrolases classiques ». La comparaison de plusieurs centaines de génomes fongiques connus a montré que cette nouvelle famille d’enzymes est uniquement présente chez les champignons dégradeurs de bois.

Cette nouvelle classe d’enzymes « présente un intérêt majeur pour des procédés de production de biocarburants » commente l’institut. Les essais menés sur la dégradation du pin et du peuplier montrent que son utilisation « peut pratiquement doubler l’efficacité de la transformation de la cellulose du bois en glucose, par rapport à l’action des cellulases employées classiquement par l’industrie ».

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