Actualité Elevage

Sommet de l’élevage 2019 Sécheresse et Ceta au cœur de la visite du ministre

Le 2 octobre, le ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation a passé la journée au Sommet de l’élevage. S’il dit être venu, avant tout, pour soutenir les éleveurs il a tout de même annoncé des mesures concrètes pour accompagner les producteurs victimes de la sécheresse, comme la gratuité des transports de paille et de fourrage. Il a aussi largement été interpellé sur le Ceta.

Alors que des députés participaient à un débat, les "éleveurs en colère" les attendaient de pied ferme

« Je ne suis pas venu ici pour faire des annonces, je suis d’abord venu pour apporter toute ma solidarité et mon soutien à l’agriculture et aux éleveurs en général. Quand je dis ça, ce sont des mots réels ». C’est dans cet état d’esprit que Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation, a abordé sa visite au Sommet de l’élevage le 2 octobre. Il a d’abord souhaité souligner le caractère exemplaire de l’élevage du massif central, « l’élevage comme il est fait ici n’est pas un handicap pour le climat, mais au contraire il contribue à la solution », indique Didier Guillaume. Il a ainsi réaffirmé sa volonté de lutter contre l’agribashing et le dénigrement de l’élevage, en particulier, qu’il juge insupportable, « nous ne pouvons pas continuer comme cela, la société doit comprendre que nous avons de l’agriculture, des éleveurs pour nourrir la planète. Il faut respecter les éleveurs pour qu’ils puissent fournir de la viande de qualité », insiste le ministre. « Ce n’est même plus un problème de crise, nous sommes dans une situation exceptionnelle, les éleveurs cumulent des prix trop bas, on ne peut pas vendre la viande à 3,50 € et la retrouver dans les étales à 15 €, il faut que la loi EGA fasse son effet », persévère-t-il. Il appelle à augmenter la consommation de viande française dans la restauration hors domicile. Il souhaite également que la filière française se saisisse du marché chinois, depuis le début de l’année 203 tonnes y ont été exportées. Face à un marché « infini », il espère que ces exportations progressent de manière exponentielle.

Gratuité des péages pour les transports de paille et de fourrage


Plus concrètement, pour répondre à des problèmes « conjoncturels », il a profité de sa visite dans un département très touché par la sécheresse pour annoncer des mesures en faveur des éleveurs qui se trouvent dans une situation difficile. Il a rappelé qu’il avait obtenu les avances de la Pac au 16 octobre, à cette date, il a également annoncé des avances sur les calamités agricoles dans les départements les plus touchés, dont le Puy de Dôme et l’Allier. Il s’agit de fournir de la trésorerie aux éleveurs afin d’acheter du fourrage. Deuxième mesure inédite, obtenue par la FNSEA, lors de la réunion de la cellule sécheresse le 1er octobre, et annoncé le 2 octobre par le ministre : la gratuité des péages, dans toute la France pour les transports de fourrage et de paille. Aspirant à aborder la problématique de la sécheresse de manière plus structurelle, il appelle à développer les ouvrages de stockage de l’eau, il a d’ailleurs rappelé la tenue d’une instruction visant à réautoriser ces ouvrages de retenues d'eau partout en France. Comme annoncé le 27 septembre, lors de la présentation du budget de l’agriculture, le budget des calamités agricoles est maintenu, toutefois, il souhaite que le dispositif assurantiel en agriculture soit complètement rénové.

Manque de cohérence du gouvernement

Face à lui, Didier Guillaume a rencontré des éleveurs inquiets de la situation actuelle, qui peinent parfois à s’en sortir. « Monsieur le Ministre vous avez bien identifié les problèmes de l’élevage, alors pourquoi en rajouter un quatrième, le Ceta… », l’interpelle ainsi directement un éleveur. Une question qui a semblé agacer Didier Guillaume qui estime que le Ceta ne met pas en péril l’élevage. Les producteurs n’ont cependant pas manqué de l’apostropher fermement sur le manque de cohérence du gouvernement. « Députés hors la loi, EGA ou CETA il faut choisir », pouvait-on notamment lire sur les banderoles déroulées dans les allées du salon. Sur le stand de la FNSEA il a même été accueilli par une ribambelle de pancartes portant les mêmes messages. Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA et éleveur dans la région le redisait : « On ne peut pas nous imposer toujours plus de règles, et d’un autre côté importer des produits hors la loi, qui vont à l’encontre des EGA. Au Canada, on ne respecte pas les mêmes normes, sur les transports des animaux par exemple, en Europe, c’est 8 heures maximales là-bas, c’est 14 heures, ils utilisent des farines animales, mais aussi 56 substances phytopharmaceutiques interdites sur notre territoire… Nous demandons au gouvernement de la cohérence ! », réclamait d'urgence l’éleveur.

 

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