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98 % des gens mangent de la viande avec plaisir

Après les nouvelles actions des militants anti-viande, nous avons souhaité avoir la réaction de Pascal Moine, président de l’Union professionnelle des bouchers charcutiers de Saône-et-Loire, l’UPBC 71. Celui qui est par ailleurs boucher-charcutier en activité à Givry attend avant tout une réaction des pouvoirs publics.

Comment vivez-vous au sein de l’UPBC71 ce mouvement qui s’attaque directement à votre profession ?

Pascal Moine : Ce qui m’interpelle le plus c’est que plus on en parle, plus ils se renforcent. Certaines personnalités médiatiques ont lancé le débat et ont un écho que nous, nous n’avons pas. Les pouvoirs publics n’ont rien fait pour les canaliser, or nous, personne ne nous défend. Nous ne leur demandons pas de manger de la viande. S’ils ne veulent plus en manger, c’est leur choix et je n’ai rien contre, mais qu’ils n’imposent pas leurs convictions par la violence, c’est intolérable. Il y a quand même des gens qui ne mangent pas à leur faim et qui se damneraient pour un morceau de viande !

Ressentez vous un impact de ces mouvements sur votre activité ?

P.M. : Nous constatons une baisse de la consommation de viande rouge depuis plusieurs années, avec un report sur la viande blanche. Mais pour l’instant, non, aucun impact direct des mouvements vegan sur nos ventes. Il ne faut pas oublier qu’ils ne représentent que 2 % de la population. 98 % des personnes, vous leur mettez un bon morceau de viande sur la table, ils la mangent avec plaisir. L’autre jour, un client a tenté de lancer le sujet dans la boutique, mais la conversation a tourné court, les autres clients n’étaient pas très à l’aise pour en parler. Et au final, très peu de clients me parlent de ça.

Est-ce que des professionnels du département ont été la cible de menaces ?

P.M. : À ma connaissance, il n’y a eu aucune attaque ni menace, écrites ou verbales, à l’encontre de l’un de nos professionnels. Notre syndicat compte 60 membres sur une centaine de professionnels sur le département. Malgré tout, nous avions été contacté il y a quelques jours par la préfecture de région pour un appel à la vigilance, mais depuis pas plus d’infos.

Quelles actions envisagez-vous ?

P.M. : Nous attendons surtout que les pouvoirs publics agissent contre ceux qui cassent des vitrines, car très peu ont été arrêtés. Gérard Collomb l’a pourtant bien dit que ces gens étaient des hors-la-loi (ndlr quand il était encore ministre de l’Intérieur). Les mots ont été posés, qu’il y ait donc des actes. Que le gouvernement prenne en compte la gravité de la situation, car on redoute un drame, d'un côté ou de l'autre d'ailleurs.
Pour l’instant, je ne vois pas ce que nous professionnels nous pouvons faire, ce n’est pas à nous d’agir dans nos boutiques. Mais nous serions prêts à nous associer aux producteurs dans le cadre d’une action commune.

Depuis cet interview, le secrétaire d’État Christophe Castaner a déclaré au Sénat, début octobre, que « les mouvements antispécistes, animalistes et végans font l’objet d’un suivi tout particulier des services de renseignement, compte tenu du durcissement de leur attitude ». Une même position de vigilance rappelée par le ministre de l'Agriculture (voir notre édition du 5 octobre).

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