Sécheresse et canicule : une situation préoccupante en Saône-et-Loire

En début de semaine, alors que les impacts conjugués de la sécheresse et de la canicule amplifiaient leurs effets de jour en jour, les président de la FDSEA Bernard Lacour et des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire Joffrey Beaudot ont adressé un courrier au Préfet ainsi qu’au président du Conseil Départemental pour les alerter sur une situation d’ores et déjà préoccupante.

Si la situation devait perdurer, les stocks de fourrages seraient épuisés avant l’hiver avec la perspective de devoir investir en aliments et en paille, un risque de décapitalisation, pour des exploitations d’élevage déjà fragilisées.

« Le mois de juillet 2018 a été marqué par un faible niveau de précipitations sur notre département. A titre d’exemple, la pluviométrie observée sur la station de Mâcon sur le mois de juillet 2018 a été de 26,8 mm alors que la moyenne sur le mois de juillet était de 70,9 mm sur la période allant de 1981 à 2010 (Source Météo France). Ce faible niveau de précipitations s’est combiné avec des températures élevées avec plusieurs épisodes de canicule. Conséquence directe de cette situation climatique, la pousse de l’herbe a été particulièrement faible en Bourgogne Franche Comté sur le mois de juillet 2018, avec une pousse inférieure de 46 % par rapport à la moyenne de référence pour un mois de juillet (Source Agreste).

Au vu de tous ces éléments, nous souhaitons d’ores et déjà vous alerter sur les conséquences désastreuses pour l’activité agricole que pourraient avoir ces conditions climatiques si la sécheresse venait à se prolonger avec une absence de précipitations dans les deux à trois semaines à venir », alertent les responsables JA et FDSEA.

L’affouragement a commencé

« En effet, poursuivent-ils, dans un certain nombre de secteurs du département l’affouragement a commencé depuis maintenant une quinzaine de jours. Or, même si la production de foin a été majoritairement correcte cette année au printemps, avec un affouragement aussi précoce et prolongé, les stocks de foin pourraient ne pas suffire. Face à cette situation, nous vous sollicitons afin d’optimiser rapidement tous les moyens permettant aux agriculteurs de nourrir et d’abreuver leurs animaux. De plus, si cette situation de sécheresse devait se prolonger, cela aurait inévitablement un impact négatif et des conséquences dramatiques en termes de décapitalisation, pour des exploitations d’élevage déjà fragilisées sur notre département.

Les cultures et les vignes touchées aussi

En ce qui concerne les cultures, dans les secteurs les plus secs, les maïs sont très fortement impactés, faisant craindre le pire sur la qualité fourragère des maïs ensilés.

Nous vous demandons aussi de permettre une dérogation collective aux périodes d’implantation des dérobées afin qu’elles soient comptabilisées comme SIE (20 Août au 15 Octobre, ainsi que pour les dates d’implantation des CIPAN ; et ce pour éviter que les exploitants n’investissent à perte dans des semences pour des cultures qui ne pousseront pas au vu de l’état des sols.

Enfin, il faut souligner que cette sécheresse, si elle venait à durer, pourrait également avoir des conséquences fortes en viticulture, que ce soit sur les vendanges à venir dans quelques semaines ou encore en termes de mortalité sur jeunes plantations », concluent Bernard Lacour et Joffrey Beaudot.

 

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