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Une stabulation bovine transformée en chèvrerie à Champagnat

A Champagnat, Aurélie Bleton et Franck Amiot ont aménagé leur chèvrerie et leur fromagerie sous une ancienne stabulation pour bovins. Moyennant une bonne dose d’auto-construction et une part importante de matériel d’occasion, le couple est parvenu à tirer parti astucieusement d’un bâtiment existant.

Pour accueillir la chèvrerie, la stabulation bovine a reçu un faux plafond isolant. Les cornadis ont été changés.

Aurélie Bleton et Franck Amiot se sont installé en 2017 en production caprine à Champagnat. La ferme qu’ils ont achetée accueillait des bovins charolais logés dans des bâtiments anciens - dont une étable - ainsi qu’une stabulation sur aire paillée récente comprenant un stockage de fourrages. Pour aménager leur outil de travail caprin en limitant les investissements, Aurélie et Franck ont fait le choix de transformer ce parc bâtiments conçu pour des bovins allaitants.

C’est sous la stabulation récente d’environ 400 m2 que le couple a installé sa future chèvrerie, une salle de traite et une fromagerie. Les chèvres sont logées au même endroit que les vaches auparavant. Les sols bétonnés de l’aire paillée, la stalle d’alimentation, les abreuvoirs et des barrières ont été conservées, moyennant quelques adaptations. Un point d’eau supplémentaire a été ajouté. Les cornadis bovins ont été remplacés par des cornadis caprins d’occasion, après avoir abaissé le muret les soutenant de 40 à 15 cm de haut. Un filet brise-vent fermant le bâtiment côté couloir d’alimentation a été conservé tandis qu’une ouverture supplémentaire a été aménagée sur l’autre long pan pour permettre un accès direct des chèvres au pré jouxtant le bâtiment.  

Un faux plafond de 15.000 €

La plus importante modification concerne le plafond. Pour respecter la norme recommandée de 9 à 12 m3 d’air par chèvre, les exploitants ont du faire poser un faux plafond isolé pour abaisser la hauteur sous le toit de la stabulation. Cette modification a généré un surcoût de 15.000 € pour une surface d’environ 300 m2, signalent les intéressés. Mais elle était indispensable pour le confort des animaux. Pour préserver la bonne luminosité du bâtiment, des plaques translucides au plafond laissent passer la lumière provenant des translucides de la toiture.

La salle de traite, ainsi qu’une nurserie sont installées le long du mur au fond des cases de stabulation, à l’emplacement des anciennes cases à veaux. Franck - qui a consacré beaucoup de temps à modifier l’existant en recourant à un maximum de fournitures d’occasion - s’est chargé de maçonner le quai de traite ainsi que les tubulaires et passerelles amovibles pour l’accès des chèvres. Le couple a investi dans un équipement de traite neuf, « pour le service, le suivi, le dépannage », justifie Aurélie. La capacité du quai est de 20 places avec huit postes de traite.

Une fromagerie à la place du silo

La fromagerie a pris place dans un ancien silo à ensilage qui était intégré sous le même toit que la stabulation. Profitant des murs, du toit et de la dalle béton du silo, Aurélie et Franck ont fait construire leur fromagerie par une entreprise. C’est un caisson en panneaux sandwich d’une centaine de m2 de surface. Il comprend une longue salle de fabrication flanquée d’un séchoir, d’un haloir et d’une pièce d’affinage, tous climatisés. L’espace comprend aussi une chambre froide ainsi qu’un local de vente. Le lieu comprend en outre des toilettes pour le public et un accès pour handicapés. Les eaux blanches sont évacuées vers une poche de stockage. Le coût total de la fromagerie s’élève à 110.000 €, révèle Aurélie qui reconnaît avoir vu les choses en grand en anticipant une « grosse quantité de lait à transformer, soit un millier de fromages pour une centaine de chèvres donnant une centaine de litres de lait par jour », calcule-t-elle. Aurélie a aussi pris soin d’adapter son outil à la gamme de produits qu’elle envisage d’élaborer.

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