Caprin Elevage Valorisation Economie

Des ventes en ferme supérieures aux prévisions à la Chèvrerie des Bois Saint-Romain !

En Autunois-Morvan, Marlène Bertin a su trouver sa clientèle dès sa première année de production fromagère. Les portes ouvertes organisées avec le syndicat caprin, une signalétique bien pensée et une présence sur les réseaux sociaux assurent à la chèvrerie des Bois Saint-Romain une belle notoriété.

Au cœur de l’Autunois-Morvan, Marlène Bertin est parvenue à écouler 70% de ses fromages en vente directe dès la première année.

Installée depuis 2016 en Gaec avec ses parents à Tavernay, Marlène Bertin a entamé sa troisième saison de production fromagère caprine. Son atelier compte 95 chèvres en lactation et la totalité du lait est transformée sur place depuis le début. Seuls les deux mois de tarissement en hiver permettent aux associés de souffler un peu en se libérant des cinq heures de fromagerie quotidiennes.

Marlène produit des fromages lactiques frais, mi-secs, secs pour un format de 220-230 g sec, correspondant à un litre de lait. La gamme est adaptée à la clientèle de l’Autunois-Morvan qui n’est pas habituée aux fromages affinés bleus, ni aux gros formats, indique la jeune éleveuse. La production est toutefois enrichie de faisselles non salées, de bouchons cendrés, d’apérichèvres, de fromage à tartiner, de fromages aromatisés… L’année dernière, Marlène a même lancé une petite tome à pâte chauffée et pressée. « C’est un bon moyen de stocker du lait au pic de lactation et de faire du report de production », fait valoir la productrice.

Pour la commercialisation, Marlène s’est servie des contacts de l’étude de marché qu’elle avait réalisée pour s’installer. Une partie de sa production est vendue auprès de grandes surfaces locales, de petits commerces et restaurants alentours, d’un fromager sur Beaune. La jeune femme écoule aussi quelques fromages auprès d’un affineur. Une nécessité quand on débute, estime-t-elle.

Une porte ouverte décisive

Marlène avoue qu’elle ne s’attendait pas à avoir autant de clients à la ferme ! Le succès a été immédiat et la chèvrerie est parvenue à vendre 70% de sa production en direct dès la première année, ce qui dépasse les prévisions du projet d’installation de la jeune éleveuse. Tout a débuté avec une porte ouverte organisée au printemps 2017 avec le syndicat des éleveurs caprins de Saône-et-Loire. Le Gaec avait fait pas mal de « publicité » avec notamment l’édition et la diffusion, par la poste, d’environ 500 « flyers » sur les communes environnantes. Une buvette était tenue par les JA des cantons d’Autun Lucenay-l’Evêque. Les visiteurs pouvaient même déjeuner sur place. La famille Bertin avait organisé une tombola… Cette première porte ouverte a fait connaitre l’élevage. Un article dans la presse quotidienne locale y a aussi contribué. La chèvrerie s’est par ailleurs exposée sur plusieurs marchés de producteurs dans le Morvan.

Investir dans la signalétique

Dans la foulée de cette première porte ouverte, Marlène et ses parents ont investi dans une signalétique adéquate. Ils ont fait réaliser trois belles pancartes couleurs par une entreprise spécialisée d’Autun. D’une valeur d’environ 300 € l’unité, elles sont implantées aux embranchements stratégiques permettant d’accéder à la ferme. Réussis et judicieusement postés, ces panneaux ont leur importance dans le succès de la chèvrerie. La famille Bertin a découvert qu’elle profitait finalement d’un axe routier bien fréquenté, reliant Nevers à Dijon et drainant vers Autun des territoires de la Nièvre et de la Côte-d’Or. D’où des clients parfois plus nombreux à plusieurs dizaines de kilomètres de la ferme que dans sa propre commune, observe Marlène. Et des profils de clients inattendus comme des ambulanciers ou des taxis effectuant des navettes régulières sur cet axe régional.

La Chèvrerie des Bois Saint-Romain profite aussi du potentiel touristique de l’Autunois-Morvan. En été, les propriétaires de résidences secondaires, parisiens et hollandais compensent les clients locaux partis en vacances, fait valoir Marlène.

SMS, Facebook…

Les portes ouvertes sont reconduites chaque printemps. La prochaine aura lieu le 28 avril prochain. Chaque année, les associés ciblent de nouvelles communes pour l’envoi de leurs 500 flyers, lesquels sont aussi diffusés à l’Office de Tourisme et sur un parking de marché. Marlène se sert aussi des SMS pour relancer d’anciens clients ou visiteurs référencés grâce aux tombolas.  La jeune agricultrice utilise aussi le réseau Facebook. « C’est facile, gratuit, efficace et moins compliqué qu’un site internet », témoigne-t-elle. Ce printemps, les associés ont fait « floquer » leur fourgonnette aux couleurs de la Chèvrerie.

Accueil de classes

Avec sa maman Annick, Marlène continue d’accueillir des écoles : primaire, collège, lycée agricole, CFPPA… « Les enfants constituent une bonne clientèle », confie Marlène. Les faire déguster les fromages et leur permettre de repartir avec un petit fromage a un impact immédiat dans les familles. Si Marlène et Annick font volontiers visiter leur élevage, en revanche, elle se sont aperçues qu’il fallait l’imposer sur rendez-vous. Car les citadins curieux ont vite fait de prendre l’exploitation pour un parc d’attraction, déplorent Annick et Marlène. Dans leur clientèle, les deux agricultrices ont été surprises par la présence significative de jeunes gens. Une nouvelle génération qui semble très attachée aux produits locaux, se félicitent-elles.

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