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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 06/2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

Les éleveurs sont soucieux du résultat des négociations commerciales en cours avec les GMS, et sont furieux du retournement de position de la France sur le dossier du Mercosur et que l’Union européenne soit prête à concéder un quota de près de 100.000 tonnes de morceaux nobles de viande bovine aux pays d’Amérique du Sud. Ces importations ne porteront pas sur des carcasses, mais bien sur des pièces à valeur ajoutée comme des aloyaux. Ce scénario ne ferait qu’amplifier la disparition d’éleveurs et on peut craindre des répercussions plus larges dans les années à venir dans toute la filière abattage, découpe et transformation.

Comme chaque année, la saison hivernale est le moment de constater la très grande saisonnalité du mode de consommation de la viande bovine. Plus de la moitié de la viande est consommée en viande hachée ou transformée avec des produits plébiscités par les jeunes générations. Avec le froid, la demande est également plus régulière dans le pot-au-feu ou le bourguignon, même si ces produits demandent un peu de préparation. Les parties arrière souffrent en revanche du proche départ en vacances d’une partie de la population aux sports d’hiver.

Le climat commercial de ce début d’année est déplorable avec un très fort déséquilibre offre/demande sur le marché. Ce déséquilibre est renforcé par la décapitalisation des éleveurs qui sont obligés de vendre davantage de vaches pour s’en sortir, mais également par l’accroissement des cessations d’activité. Cela engendre de très importants retards d’enlèvement dans les fermes (4 à 6 semaines selon les régions).

Sur les marchés, les abatteurs - qui souffrent de stocks importants dans les arrières - limitent leurs achats. Seul le recul de l’offre provoqué par des conditions de circulation plus difficiles permet de limiter la casse dans les charolaises de qualité bouchère. Les vaches standard sont encore trop nombreuses et restent malmenées. En réformes laitières, le début des vacances et la fermeture des restaurants scolaires limitent les besoins, mais le recul des disponibilités permet un écoulement assez régulier pour des tarifs stables. La demande reste ferme dans les taureaux. En jeunes bovins, le marché export reste très concurrentiel face au recul de la demande en Italie où le prix des arrières se replit. Les écarts tarifaires entre nos deux pays sont importants et les industriels italiens font pression, car ils connaissent l’état du marché français qui ne peut valoriser ces JB au regard des tarifs pratiqués dans les femelles. Les tarifs restent orientés à la baisse dans les charolais.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

L’activité commerciale est sérieusement perturbée par les chutes de neige qui a désorganisé les transports, mais également les animaux remis en herbages dans les régions enneigées. Les engraisseurs et les herbagers ont des besoins, même s’ils sont peu confiants sur une évolution positive des prix de la viande pour le printemps. Les tarifs des charolaises lourdes se maintiennent. Les laitières et races mixtes à herbager sont recherchées.

 

Broutards

L’animation commerciale est ralentie par la neige qui a bloqué de nombreuses régions. Les volumes sont en forte baisse sur les marchés, et peinent à satisfaire la demande italienne, espagnole ainsi que celles de nos autres partenaires européens. La vaccination contre la FCO 8 est indispensable pour accéder à certains marchés exports, les PCR sont obligatoires pour les autres. La vaccination contre la FCO 4 débute doucement. Les tarifs restent fermes dans les bons mâles charolais ou limousins vaccinés. La demande saisonnière pour la repousse est régulière dans les bons mâles plus légers. La vente est régulière dans les sujets convenables exportés vers l’Espagne, mais les difficultés perdurent dans la mauvaise marchandise maigreuse. Dans les femelles, les tarifs sont stables pour la bonne marchandise lourde et vaccinée, mais le placement reste très calme pour les sujets légers vers l’Espagne.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Même si les intégrateurs limitent les mises en place en vue des sorties de juillet, période où la consommation pâtit des chaleurs et du départ massif des vacanciers, la réduction de l’offre permet un commerce assez fluide. Le nombre de veaux en partance vers l’Espagne incite les intégrateurs à réagir pour mettre leur offre tarifaire à niveau, ce qui engendre une hausse de 10 € pour les veaux holsteins. La vente est régulière avec des tarifs qui se stabilisent dans les montbéliards. Dans les croisés taupes ou gris, les tarifs se tiennent dans les sujets viandés, et les ordinaires sont stables. Quant aux bons veaux de race pure ou croisés (viande ou mixte), leurs tarifs se maintiennent à des niveaux très convenables, malgré une demande qui se replie pour les sorties d’été.

 

Ovins

Avec la neige qui a perturbé le ramassage des animaux, les volumes sont en repli ce qui permet des tenir les prix à des niveaux très convenables dans les laitons malgré le recul des ventes pendant les vacances d’hiver. L’agneau n’est pas un produit plébiscité sur les stations de ski, car trop cher pour le budget des vacanciers. Les lacaunes restent abondants, mais l’import est un peu moins présent sur le marché. En brebis, la faiblesse de l’offre (du fait de la neige) permet de tenir les prix.

 

Porcs

Après les manifestations d’éleveurs au Marché au cadran breton la semaine passée, les industriels ont relâché la pression. La tendance commerciale se détend également sur les autres places européennes. Le prix est en progression de 0,031 € à 1,133 € du kilogramme pour le 56 TMP.

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