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La CPASL entend maintenir la dynamique de diversification qui prévaut en matière d'avicullture

Le 1er décembre, la Coopérative de production avicole de Saône-et-Loire accueillait Dylan Chevalier, responsable de la communication du groupe LDC, qui présentait la charte "Nature d’éleveurs en terre de France". Une charte et une ambition pour se projeter dans l’avenir.

La CPASL est au service des éleveurs, rappelait Patrice Labrosse, président, alors que la coopérative a trente ans cette année.

Une salle pleine, des éleveurs motivés et une ambiance plus sereine que celle qui règne dans nombre de réunions d’autres secteurs agricoles… C’était le 1er décembre à Jalogny à l’occasion de l’assemblée générale de la Coopérative de production avicole de Saône-et-Loire, la CPASL.

Ce rendez-vous était l’occasion pour les adhérents de faire un point technique et commercial avec leurs techniciens, mais aussi de partager des orientations pour l’avenir en présence de leurs partenaires, notamment LDC et Palmid’Or.

Et côté technique, les choses vont plutôt bien (lire encadré ci-dessous). Certes, le chiffre d’affaires est en baisse notable de -11 %, mais cela résulte essentiellement de « la modernisation du parc de bâtiments », comme le mettait en exergue Etienne Haye, technicien. Et cela est vrai en canards, en pintades comme en poulets. « Il ne s’agit pas d’une baisse conjoncturelle de production mais d’une baisse liée à la nécessité de pérenniser les outils de production », complétait Patrice Labrosse, président. Et les chiffres des rénovations sont là et nombre de bâtiments en projet ou en rénovation arrivent en cette fin d’année 2017 et au début 2018. En tout plus de 11.250 m2. On note même la reconversion d’une ancienne porcherie en bâtiment pour les volailles.

Un travail en confiance

« Cette dynamique que masquent les chiffres illustre la confiance des producteurs dans le schéma de confiance que nous avons construit avec nos partenaires de la filière », notait Patrice Labrosse, qui entend que la CAPSL soit un moteur positif pour le développement agricole de la région.

D’ailleurs et dans le cadre de leur partenariat, la CPASL avait invité Dylan Chevalier, responsable de la communication France du groupe LDC, à présenter la charte "Nature d’éleveurs en terre de France". Un moyen de se projeter dans l’avenir proche et même plus lointain…

« 45 % du poulet consommé en France est importé », campait d’emblée ce dernier ne cachant pas que l’ambition poursuivie par le groupe volailler est de s’inscrire dans « la reconquête des parts de marché ».

Les causes comme les chiffres sont connus : des prix de 5 à 10 % moins chers, un marketing fort… « Ils sont très offensifs et leur argument phare est "Ce n’est pas parce que c’est français que c’est mieux" », détaillait Dylan Chevalier. Et pourtant, c’est mieux et cela sur plusieurs points : économique, social, environnemental… « Mais il ne suffit pas de le dire, il faut le prouver », dans un contexte où « l’élevage est très controversé » alors qu’il est « une activité indispensable pour nos territoires, pour notre économie, mais aussi pour la santé de nos concitoyens ».

Ethique autant que marketing

En ce sens, la charte "Nature d’éleveurs en terre de France" se veut une réponse pas seulement marketing, mais bien économique, sociale, sociétale et environnementale : « cette charte, c’est un moyen de crédibiliser notre travail, votre métier. C’est une démarche éthique ».

Pour le responsable de LDC, il ne s’agit ni plus ni moins que de mettre en place un moyen pour crédibiliser la volaille française et étayer ses argumentations : une alimentation fabriquée en France, des céréales produites en France, des emplois locaux, mais aussi des volailles bien élevées, dans le respect d’un réel bien-être animal. Les engagements de la charte ne concerne pas que les seuls éleveurs, mais bien toute la filière, de l’accouveur jusqu’au distributeur.

« Mais pour cela, il faut entrer dans une démarche volontaire, progressive dans laquelle on espère que chacun d’entre vous l’intègre d’ici 2020 », poursuivait Dylan Chevalier.

« L’enjeu est que la volaille qui n’est ni AOC, ni Label, ni IGP, ni bio se distingue face aux produits d’importation », renchérissait le responsable de LDC qui maîtrise manifestement son sujet, évoquant « une démarche non élitiste », à même de donner de la pérennité à la production française et donc qui a pour ambition « d’embarquer tous les producteurs qui travaillent avec LDC, c’est-à-dire près de six mille élevages en France ».

Un pari sur l’avenir

On parle dans la charte de confort des volailles, d’éclairage naturel, de perchoirs, de blocs à piquer, mais aussi de baisse de 10 % de la densité mais aussi biosécurité, santé des volailles et donc qualité des produits ou encore intégration paysagère, recyclage des déchets… avec des audits à la clef, audits internes et audits externes. Autant d’objectifs qui « seront à déployer au sein de votre structure ». D’ici 2020…

De quoi faire quelque peu réagir la salle, mais Dylan Chevalier rappelait à cet égard la stratégie du groupe LDC, « du gagnant/gagnant », avec « des aides aux cas par cas parce que les approches et les coûts ne sont pas partout identiques ». Il rappelait que la charte "Nature d’éleveurs en terre de France" est à ce titre un investissement et qu’à ce titre elle a vocation à être, en 2021, valorisée sur les produits finis « lorsque 100 % des élevages auront intégré la démarche ». Et qui dit investissement, dit retour sur investissement : « le retour, c’est une question. On étudiera de près vos marges », parce que cette démarche « n’aurait pas de sens si les éleveurs ne gagnent pas leur vie. Il faut être cohérent en matière de prix pour les consommateurs et on sait que l’on peut justifier un écart de prix avec l’import mais pas une grosse différence. Et nos engagements, il faut les prouver ».

« Sur le sujet, la CPASL sera le porteur de la "bonne parole" », mettait en exergue Patrice Labrosse pour qui « notre avenir passera nécessairement par cela. Nous avons un droit à produire qui nous impose de nous adapter à de nouvelles demandes et donc à ce type de démarches ». Mais « il ne faut pas que ce soit les éleveurs qui amputent leur revenu. Nous ne pouvons pas nous figer sur nos craintes, et devons faire preuve d’audace pour au moins maintenir notre revenu ».

Des marges en hausse

Anthony Tranchand, technicien de la coopérative, présentait les résultats techniques constatés au cours de l’exercice et comparés à ceux de l’exercice précédent. Partout, ils s’améliorent, illustrant la grande technicité des éleveurs.

Ainsi, en canards (1.376.665 têtes, en baisse de -4,37 %), la marge au mètre carré s’améliore-t-elle passant de 19,22 € à 20,03 €. A ce titre, on distingue un écart en défaveur de la litière par rapport au caillebotis, 17,00 €/m2 pour le premier mode d’élevage contre 22,00 €/m2 pour le second.

En pintades, une petite production (253.191 unités, en baisse de -18,66 %), les chiffres sont, eux aussi, positifs : la marge au mètre carré s’est élevée à 11,71 €/m2 lors du dernier exercice contre 11,184 lors du précédent.

En poulets (704.830 têtes, en baisse de -18,16 %), on distingue plusieurs productions. D’abord, les poulets de souche JA dont l’évolution de la marge au mètre carré est positive, passant de 7,71 à 8,26 €/m2. Idem en poulets Top qualité au sujet desquels la marge progresse aussi passant de 8,47 à 8,97 €/m2. Il n’y a qu’en poulets Cou nu noirs que les chiffres se détérioraient quelque peu, passant de 10,78 à 10,50 €/m2 en un an.

Un GIEE ambitieux

Et pour compléter, renforcer l’action de la coopérative, un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) - au nom très évocateur "Le bonheur est dans le poulailler" - a été reconnu par les pouvoirs publics en 2016. Il est accompagné par Thierry Michel de la chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire.

« La CPASL est une des rares coopératives de la production avicole à avoir monté un dossier », rappelait Jean-Louis Marot, le président du GIEE, en exposant la dynamique qui en résulte. Là encore, une dynamique positive qui vise clairement à « améliorer le revenu des éleveurs » et son bien-être, mais aussi celui des volailles. Il s’agit encore d’améliorer l’image de la production et surtout de développer le partage d’expériences entre éleveurs. Les adhésions y sont volontaires, mais on perçoit la dynamique positive qui résulte des échanges en confiance entre les adhérents. On y travaille sur les effluents d’élevage et leur évolution qualitative selon les modes de stockage, on organise des portes ouvertes, on gère l’approvisionnement collectif de la sciure… « En 2018, nous travaillerons sur la vaccination, sur la qualité de l’eau », détaillait Jean-Louis Marot au nom du GIEE qui a aussi pour projet une journée Poulet, une autre sur la rénovation de bâtiments, et bien entendu la restitution de l’étude sur les effluents.

« Le GIEE n’est pas une utopie », campait Patrice Labrosse pour qui c’est au contraire « un outil. A chaque fois que l’on sort de chez nous, on s’enrichit. Et le GIEE est un moyen de construire ». Et Dylan Chevalier d’apporter son regard extérieur et de renchérir : « vous disposez, avec le GIEE, de choses intéressantes à valoriser ».

Trente ans…

L’assemblée générale de la CPASL a été l’occasion de saluer les fondateurs de la coopérative, notamment Gérard Petitjean, président fondateur, et Adrien Jaillet, technicien. C’était il y a trente ans. « La CPASL est née sur les cendres de la Coopal », rappelait Patrice Labrosse, qui soulignait le travail de longue haleine et d’investissements qui a permis à la Saône-et-Loire de conserver un tissu volailler significatif qui en fait un atout majeur pour ses territoires et leur économie. « La CPASL est au service des éleveurs », rappelait-il, lui pour qui « elle est un formidable relai pour produire les volailles dont on a besoin sur la région ».

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