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Le Berceau de la race bovine charolaise est désormais inscrit sur la liste indicative de la France dans la catégorie "Paysage culturel, évolutif, vivant"

Une nouvelle étape vient d’être franchie alors que le Berceau de la race bovine charolaise est désormais inscrit sur la liste indicative de la France dans la catégorie "Paysage culturel, évolutif, vivant". La reconnaissance du bocage du pays Charolais-Brionnais par l’Unesco se rapproche…

A travers cette première reconnaissance, c'est la reconnaissance du travail des éleveurs qui ont façonné les paysages de cette belle région de bocage.

Ce mercredi matin, Jean-Marc Nesme, président du pays Charolais-Brionnais, n’était pas peu fier de présenter devant la presse la nouvelle et déterminante étape que vient de franchir le dossier de demande de reconnaissance du bocage du pays Charolais-Brionnais au patrimoine mondial de l’Unesco. Oh, on n’y est pas encore, mais on s’en approche sérieusement !

Cette idée, le maire de Paray-le-Monial la porte depuis des années, c’est un peu "son bébé". Elle n’a pas forcément été accueillie sans crainte, notamment par le premier intéressé, le monde agricole, mais au fil des ans, Jean-Marc Nesme et son équipe du pays Charolais-Brionnais a su répondre aux inquiétudes, ils ont su rassurer et apporter les garanties jusqu’à en faire un dossier porté et attendu par tous comme « une juste reconnaissance de ce paysage d’élevage extensif à l’herbe qui a vu émerger les races bovine charolaise et ovine charollaise, respectueux de l’environnement et du bien-être animal ». Un paysage façonné par la main des femmes et des hommes qui y vivent, qui évolue donc et qui est à l’origine d’une viande de haute qualité, labellisée par une appellation d’origine protégée, mais aussi une indication géographique protégée, qui est aussi à l’origine d’un fromage unique, lui aussi labellisé par une appellation d’origine protégée.

« Cette étape est un pas capital dans la reconnaissance du berceau de la race charolaise, laquelle serait le moyen de préserver ce système durable qui a fait ses preuves et qui répond aux préoccupations actuelles de la société et aux attentes des consommateurs en matière alimentaire et environnementale », faisait ainsi part Jean-Marc Nesme.

Un projet de longue haleine

C’est en novembre 2011 qu’à l’unanimité des 154 délégués du syndicat mixte du pays Charolais-Brionnais - devenu depuis le Pôle d’équilibre territorial et rural, le PETR - avaient validé la candidature du Charolais-Brionnais, comme paysage culturel d’un élevage bovin exceptionnel, au patrimoine mondial de l’Unesco. Différentes études de faisabilité ont été conduites et un dossier de candidature a été déposé en septembre 2016 au ministère de la Culture et de la Communication en vue d’une inscription sur la liste indicative de la France. Et fait rare, il aura fallu rien moins qu’un an pour que le dossier soit validé ! Ainsi, le 10 octobre dernier, le Comité national des biens français du Patrimoine mondial (CNBFPM) donnait-il un avis favorable à l’inscription du projet porté par le pays Charolais-Brionnais sur la liste indicative de la France.

Il est à noter que le CNBFPM a reconnu que la préservation du berceau de la race bovine charolaise « constitue un véritable enjeu à la fois scientifique et sociétal, en raison de son intérêt pour l’histoire de l’alimentation mondiale et pour celles des relations entre un territoire, son élevage et ses éléments constitutifs ». A ce titre, le paysage du Charolais-Brionnais serait le premier bocage à être inscrit au Patrimoine mondial. Il faut dire qu’il constitue « un exemple remarquable d’authenticité et d’intégrité du bocage, un type de paysage présent dans de nombreux pays du monde et l’un des archétypes des paysages ruraux européens ».

C’est dit. On peut d’ailleurs être fier du travail des paysans charollais et brionnais qui ont permis ce façonnage du paysage au fil des siècles, mais aussi sa sauvegarde car il s’agit bien là d’un paysage vivant, appelé à poursuivre son évolution.

Et maintenant…

« Cette inscription sur la liste indicative de la France est la première étape obligée avant d’être présenté à l’Unesco en vue d’une possible reconnaissance au patrimoine mondial », détaillait Jean-Marc Nesme qui ne cache pas que le chemin se poursuit…

En effet, le projet va maintenant entrer dans une nouvelle phase qui va consister à préparer le dossier de candidature à proprement parler pour l’Unesco. Il s’agit notamment du plan de gestion. Cette préparation va se faire en étroite collaboration avec les services de l’Etat, les élus, mais aussi la chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire et les organisations professionnelles agricoles, les éleveurs et les habitants.

« Le processus à venir sera jalonné par la validation par le CNBFPM de la valeur universelle exceptionnelle du paysage charolais-Brionnais, celle du territoire et celle du plan de gestion. Trois étapes capitales avant que la France ne choisisse de porter le dossier devant l’Unesco… », mettent en avant les services du Pays Charolais-Brionnais qui sont attelés avec conviction à ce dossier et peuvent se féliciter du travail déjà accompli. Mais nul ne doute plus maintenant de l’issue favorable de cette reconnaissance. Et le plus tôt sera le mieux !

Un paysage vivant et évolutif

« La démarche n’a pas pour objectif de mettre le territoire et le paysage "sous cloche", mais bien de favoriser son développement tout en veillant à ce que celui-ci ne porte pas atteinte à la qualité de ses paysages et à la valeur universelle exceptionnelle du bocage charolais-brionnais », tient à préciser Jean-Marc Nesme qui fait référence aux inquiétudes émises par la profession au tout début du projet, en 2011. D’ailleurs, le dossier est inscrit dans la catégorie "Paysage culturel, évolutif, vivant". Ce qui veut bien dire que le paysage dont on parle est le produit de l’interaction de l’Homme, des animaux et de la nature qui a été capable de se maintenir dans le temps, d’évoluer, sans qu’il y ait rupture du système. L’élevage s’est profondément transformé depuis ses débuts au XVIIIe siècle mais ses évolutions n’ont jamais, à la différences de beaucoup d’autres grandes régions d’élevage, induit de changements profonds dans les traitas essentiels du paysage.

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