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La crise agricole continue à faire ses ravages dans une indifférence quasi générale

La crise agricole est installée et se poursuit dans une semi-indifférence générale, les feux de l’actualité étant monopolisés par maintes autres sujets… Pourtant, la crise est là et bien là comme en témoigne un agriculteur dans un récent courrier qui nous a été adressé. Un témoignage qui pose question sur la gestion de cette crise…

 

La crise agricole continue à faire ses ravages dans une indifférence quasi générale. Des hommes et des femmes, des familles sont impactées.

L’histoire se passe un mardi matin de septembre, le 12.

Convoqué devant huissier pour un différent de règlement avec mon organisme de sécurité sociale agricole, chose que je ne conteste, l’heure du rendez-vous approche.

Mardi matin, un, deux cafés puis départ pour Le Creusot. Soucieux du rendez-vous, tout au long du trajet, j’imagine la rencontre avec, il faut le dire, de mauvais a priori.

Sur ma route, un épais brouillard, le même qui enveloppe le monde agricole depuis fort longtemps maintenant. Arrivé en ville avec un poil d’avance, je sonne, pousse une grosse porte verte, monte un escalier en bois, toujours soucieux, les mains moites ; c’est bon, je suis à la bonne adresse, je sonne de nouveau, pousse la porte et là… surprise : cette dernière s’ouvre sur un couloir-salle d’attente bondé de monde !

Pas n’importe quel monde, que des collègues paysans, que des connaissances, toutes et tous là pour la même raison que moi. Et comme le dit la pub, "Et ce n’est pas fini !", derrière moi arrivent encore des agricultrices, des agriculteurs…

Très vite, le petit couloir-salle d’attente est saturé par cet afflux de paysans, beaucoup trop petit pour l’occasion, la porte ne ferme plus et la file d’attente s’allonge dans la montée d’escalier, provoquant le questionnement des habitants de l’immeuble.

Après 1 heure 30 d’attente, mon rendez-vous s’est bien passé ; le couple d’huissier était compatissant et plein d’empathie. Les interrogeant sur le nombre de paysans convoqués ce mardi matin de septembre, leur réponse fut aussi triste que tragique : « Monsieur, si vous s’aviez dans quelle situation est votre monde agricole… ».

Alors je me suis dit, avec une pensée pour les collègues au bout du rouleau, qui ont commis l’irréparable, que mieux valait encore être convoqué entre voisins et amis devant un huissier, que tous réunis à mon propre enterrement.

Dans ce récit, rien n’est fiction.

 

Suggestion : comme la crise agricole a vraisemblablement encore de beaux jours devant elle, il serait judicieux, pour le bien être humain des paysans d’agrandir les couloirs-salles d’attentes.

 

Les numéros d’urgence

Pour faire face à la crise qui frappe moralement nombre d’agriculteurs, la MSA a ouvert la plateforme téléphonique Agri’écoute au 09.69.39.29.19. Accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, au prix d’un appel local (gratuit depuis une “box”), ce service permet de dialoguer anonymement avec des écoutants formés aux situations de souffrance ou de détresse.

Lorsque son activité n’apporte plus satisfaction, que l’on se pose des questions sur l’avenir de son exploitation, AgriSolidarité 71 apporte une écoute attentive au 06.72.97.07.19.

 

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