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Zoom sur… Silva numerica

Une plateforme numérique permettant de simuler l’évolution des peuplements forestiers au fil des années est actuellement en phase de test à Chateaufarine, dans le Doubs : cet outil pédagogique innovant est le fruit de la collaboration entre le monde de la recherche, celui du développement numérique et celui de l’enseignement.

Le logiciel de gestion forestière est actuellement en phase de test à Chateaufarine.

Le projet Silva Numerica a émergé au sein de deux centres de formation forestiers de Bourgogne-Franche-Comté : l’EPLEFPA d’Etang-sur-Arroux et l'EPLEFPA de Besançon, autour de la question : « que peut-on proposer comme innovation numérique permettant de faciliter la compréhension des écosystèmes, de la gestion forestière, des chantiers... en présentant le fonctionnement de l’activité forêt-bois tout en rendant les filières forestières attractives pour des jeunes en formation ? »

Un projet au long cours

« Il est encore un peu prématuré d’en parler, reconnaît le directeur Serge Abadie : pour l’instant nous sommes dans la phase de test et de mise au point, qui va durer pendant l’année scolaire 2019-2020. C’est un projet complexe, qui dure depuis quatre ans et dont l’objectif est de développer un environnement virtuel éducatif évolutif, pour enseigner/apprendre à des collégiens et des lycéens les savoirs liés à la compréhension et à la gestion d’un écosystème forestier… ainsi qu’à professionnaliser des étudiants de la filière forêt-bois ».
Le logiciel, dont une démonstration était organisée à l’occasion de la conférence de rentrée de l’enseignement agricole, simule de manière assez réaliste un environnement forestier de réalité virtuelle, avec différentes essences (feuillus, conifères, buissons…), dans différentes conditions de milieu (relief, humidité, exposition, nature du sol, topographie…). « Cet environnement digital est conçu de manière à pouvoir accueillir différents modules de formation scénarisés à l’adresse d’élèves de l’enseignement général et professionnel. On peut ainsi envisager plusieurs ‘’niveaux’’ et types d’utilisation : par exemple un versant plutôt ‘’environnement’’, axé sur le fonctionnement d’un écosystème complexe, et un versant plus axé sur la gestion d’une forêt, où l’utilisateur va chercher des solutions pour répondre à un problème précis (productivité, biodiversité, changement climatique…), ou encore gérer un chantier forestier (organisation, évaluation des risques…) », détaille l’enseignant en charge de la démonstration.

Compromis entre réalisme et fluidité

Comme le savent bien les adeptes de jeu vidéo, la réalité virtuelle est le fruit d’un compromis entre réalisme et fluidité de l’animation. « Plus les aspects graphiques sont réalistes, plus le logiciel va être gourmand en ressources et en capacité de calcul des processeurs, poursuit l’enseignant : pour l’instant, nous travaillons sur des cartes de surface assez modeste (un quart d’hectare) pour ne pas nuire à la fluidité du scénario. Mais cette approche permet déjà de bien comprendre la dynamique d’un peuplement ». En effet, sylva numerica permet de faire vieillir la forêt, éventuellement de remonter dans le temps pour expérimenter d’autres choix, pour vérifier la cohérence de ses décisions, mais également en percevoir les conséquences moins visibles, chimiques ou biologiques et ainsi de mesurer ses impacts sur les sols, les végétaux, la faune, la qualité des bois…

Alexandre Coronel

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