Viticulture Actualité

Une sortie vers le haut pour que les vignerons du canton de La Chapelle-de-Guinchay bénéficient aussi du Plan Beaujolais

Pris en étau entre les départements de Saône-et-Loire et du Rhône, entre la région Bourgogne Franche-Comté (BFC) et celle d’Auvergne Rhône-Alpes (Aura), entre l’Interbeaujolais et les appellations régionales de Bourgogne, les vignerons du canton de La Chapelle-de-Guinchay ont interpellé la vice-présidente de la région BFC, Sophie Fonquernie, pour avancer sur des aides, dans ou à l’image de celles contenues dans le Plan Beaujolais lancé par la région Aura.

« Nous sommes là pour évoquer de graves inégalités entre nos collègues du Rhône, lesquels ont droit au Plan Beaujolais, et nous qui, en Saône-et-Loire, n’y avons pas droit ». Le vice-président de l’Union viticole 71 pour le Beaujolais, Guillaume Bouchacourt, n’a pas perdu de temps pour interpeller Sophie Fonquernie dès son arrivée. Ce 31 mai au Château Bonnet à La Chapelle-de-Guinchay, la vice-présidente en charge de l’agriculture pour la région BFC était venue en discuter avec la profession viticole, avant une réunion de travail à Mâcon sur d’autres sujets agricoles (voir article ci-dessous).

En effet, en septembre 2016, le président de la région Aura, Laurent Wauquiez, avait lancé un Plan Beaujolais - doté de 5 millions d’€ - pour venir en aide aux producteurs de beaujolais. Problème, la région Aura n’a pas le droit d’intervenir en dehors de son périmètre géographique et administratif. Très vite, l’Union viticole 71 s’est alors mobilisée pour pointer cette « inégalité » et demander un accompagnement similaire. Préfet et Conseil départemental avaient immédiatement apporté leur soutien à cette demande d’équité.

Episode n°2

En Saône-et-Loire, ce sont 80 producteurs qui sont en effet laissés de côté. Ils cultivent pourtant 1.820 ha de Beaujolais, soit 7 % des surfaces totales, dont des crus : Chénas, Moulin-à-Vent et Saint-Amour. « Depuis 2004, le vignoble beaujolais a baissé de 30 % au total et nous avons perdu 42 % des exploitations », rappelait Guillaume Bouchacourt pour illustrer la violence de la crise. Autant dire que l’heure n’est plus à attendre. Cette crise est devenue structurelle depuis la mévente des beaujolais primeurs. Les jeunes peinent à s’installer et ne compensent pas le vieillissement des vignerons. Et c’est toute l’économie locale qui souffre.

De nombreuses réunions se sont alors tenues visant à étendre le Plan Beaujolais aux vignerons du canton de La Chapelle-de-Guinchay. « Nous avions eu un premier contact avec Sylvie Martin, élue en charge de la viticulture à la Région BFC, le 3 mai dernier. Des contacts devaient être pris avec la CCI Bourgogne et l’Interbeaujolais... Mais depuis plus rien », déplorait Patrice Fortune.

Episode n°3

Une absence de réponse que ne comprenait pas non plus Sophie Fonquernie. Pour preuve, la vice-présidente de Bourgogne Franche-Comté mettait en avant le fait d’avoir déjà soutenu pareil cas de figure avec le « bout de vignoble » du Pays de la Loire qui se situe dans la Nièvre en Bourgogne.

Sophie Fonquernie évoquait de son côté plusieurs réunions en lien avec la région Aura et Interbeaujolais. « On pensait qu’Interbeaujolais allait faire de la promotion et vous faire bénéficier d’actions, notamment sur le volet promotionnel », relatait, manifestement sincère, la conseillère régionale. Elle se tournait vers sa chef de service en charge du soutien aux exploitations, Christine Barbeau. « La région Aura et l’Interbeaujolais ont mis en place un comité de sélection des dossiers, les instruisant directement et nous les adressant après pour financement. Nous n’avons rien reçu par la voie réglementaire. Par la suite, nous avons pu en rattraper deux », confirmait Pierre-Yves Perrachon, qui est l’un des deux dossiers évoqués. Il a ainsi bénéficié de subvention pour du matériel. Reste entier le mystère de ce qui s’est passé ou non au sujet des autres dossiers.

Sur le volet Promotion, l’Union viticole 71 a avancé plusieurs propositions, dont une collective, pour la création de sites web et outils promotionnels individuels mais à prix d’achat groupé. Idée bien remarquée et notée par la région BFC qui doit cependant étudier les possibilités de financement, ce type d’investissement n’étant a priori pas éligible aux subventions…

Episode final ?

Peu importe le passé semblait dire Sophie Fonquernie, l’important est l’avenir. « On va regarder comment rattraper pour 2018 pour que vous puissiez profiter d’un coup de pouce, quitte à faire une action exceptionnelle », promettait Sophie Fonquernie. Les vignerons saisissaient l’occasion et prenaient immédiatement rendez-vous « à la mairie de La Chapelle », puisque le maire était présent à cette réunion, venu en soutien aux viticulteurs. « Nous devons sortir de cette incompréhension par le haut, sans tension politique », concluait Sophie Fonquernie. Affaire à suivre…

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