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Au Gaec de Sernier à Saint-Christophe-en-Brionnais, l’eau de pluie est servie dans les abreuvoirs

A Saint-Christophe-en-Brionnais, les associés du Gaec de Sernier ont installé un système de récupération des eaux de pluie pour l’abreuvement de leurs animaux. Un investissement qu’ils ne regrettent pas.

Pour les associés du Gaec de Sernier, un système de récupération est un investissement qui se rentabilise au bout de quelques années seulement.

Le Gaec de Sernier réunit Guy, Alain et Pierre-Benoit Pegon à Saint-Christophe-en-Brionnais. Tous les trois, ils conduisent un troupeau de 220 vaches charolaises dont ils engraissent les femelles. Chaque hiver, cela représente entre 300 et 400 têtes de bovins hivernées à abreuver. Au fur et à mesure des évolutions du Gaec et de son parc de bâtiments, la consommation en eau s’est amplifiée pour atteindre près de 3.000 m3 par hiver, révèlent les intéressés. Une eau qui provenait pour partie d’un puits et surtout de l’eau payante de la ville. Face à des factures devenues très conséquentes et constatant que de grands volumes d’eau de pluie collectés des toits étaient perdus, les associés du Gaec ont eu l’idée de construire un système de récupération des eaux de pluie.

Une réserve de 500 m3

Les eaux provenant de 3.000 m2 de toitures de leurs stabulations sont ainsi recueillies dans une réserve d’eau à ciel ouvert d’environ 500 m3. Cette dernière a été creusée dans un pré en pente en contrebas des bâtiments. Son étanchéïté est assurée par une bâche enterrée, explique Guy. L’eau collectée par les chéneaux des stabulations descend par gravité dans un regard avant de se jeter dans la réserve. Une pompe puisant dans la réserve assure la remontée de l’eau vers les bâtiments. Cette eau arrive dans un local technique où elle transite par un ballon pour le maintien de la pression.

Une machine à traiter

Avant d’être injectée dans l’installation, cette eau subit un traitement. Une machine injecte un désinfectant à base de péroxyde d’hydrogène, détaille Guy. L’eau passe également à travers un filtre avant d’alimenter en eau potable l’ensemble du parc de bâtiments. Un traitement et un filtrage des eaux est obligatoire, signale l’éleveur.

La machine à traiter doit être régulièrement ré-approvisionnée en produit. Ce dernier se présente en bidon de 25 litres. Six bidons (90 € le bidon) sont nécessaires pour une consommation d’un peu plus de 3.000 m3 d’eau annuelle, indique Pierre-Benoit. Les éleveurs font analyser régulièrement la qualité de leur eau pour ajuster le traitement. Ils le font deux à trois fois dans l’hiver et notamment en cas de diarrhées sur les veaux, confie Guy. Le filtre doit être nettoyé chaque semaine.

Amorti en trois ou quatre ans

La pompe a été mise en service en février 2016. En deux hiver d’utilisation, ce sont 6.400 m3 d’eau de pluie qui ont ainsi abreuvé les bovins de la ferme. Le coût total du système de récupération s’élève à 18.000 €, dont 12.000 € pour le terrassement, les bâches, fournitures pour la réserve et 5.000 € pour la plomberie, révèle Guy. Le Gaec a pu bénéficier d’une subvention au même titre que le bâtiment qu’ils ont construit en même temps.

Pour les trois associés, la rentabilité d’un tel investissement ne fait aucun doute. Depuis deux hivers, l’exploitation ne consomme plus du tout d’eau de la ville. Avec 3.000 m3 par an à plus de 2 € l’unité, le système sera amorti au bout de trois ou quatre ans, calcule Guy. Cette eau sert à l’abreuvement des animaux en hiver, mais elle est également utilisée en été pour donner à boire aux bêtes dans certains prés. La réserve d’eau est aussi un plus vis-à-vis des assurances au regard des risques d’incendie, fait valoir Guy Pegon.

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