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L’idée d’un logo bio national et public en discussion

Alors que le bio sous label UE connaît un développement sans précédent sur le territoire, la Fnab a réaffirmé, le 28 février, sa proposition d’aller plus loin, pointant du doigt, notamment la révision du règlement UE. Elle souhaite un logo bio national « mieux disant que celui de l’Union européenne ». Coop de France est en « concertation en interne », mais opposée à un développement du bio « à deux vitesses ».

« Aujourd’hui, on veut bouger car on considère que le cahier des charges bio européen ne va pas assez loin », affirme Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab. Sur cette révision du règlement UE, les acteurs bio français sont d’accord : les lignes rouges (lien au sol, résidus et contrôles) ont été franchies. L’adoption en plénière au Parlement UE est attendue courant 2018 pour une mise en œuvre du nouveau cahier des charges en 2021. Cette révision et certains points du cahier des charges bio actuel poussent la Fnab à demander, d’une part, des nouvelles règles, de l’autre des précisions qui pourraient se formaliser dans un logo bio national public. Pour Christophe Lecuyer, président de la commission bio chez Coop de France, la question d’un logo bio national public pose question : « Nous ne voulons pas d’une bio à deux vitesses avec d’un côté “les bons” et de l’autre “les moins bons”. » Il ajoute : « Nous sommes en concertation en interne. Cela va prendre du temps. » En décembre, l’APCA expliquait sur ce sujet que sa priorité pour l’heure porte sur le vote en plénière du règlement européen. Quant au Synabio, son directeur soulignait « qu’il faut prendre le temps ».

Alimentation animale : clarifier l’origine des approvisionnements

Admettant que le label bio UE est « une base intéressante », Stéphanie Pageot demande néanmoins une clarification concernant l’autonomie des fermes en alimentation animale. Dans le règlement UE en vigueur, l’article 14 sur la production animale précise, s’agissant de l’alimentation animale, qu’elle doit provenir de la ferme elle-même ou « d’autres exploitations bio de la même région ». Mais Stéphanie Pageot déplore : « La définition du terme région doit être clarifiée. Nous devons parler de région voisine, limitrophe ou encore administrative pour la France. Sinon, le terme seul pourrait mener à des approvisionnements en alimentation animale d’autres régions de l’Union européenne par exemple. Ce n’est pas cohérent. »

Limiter la taille des élevages en poules pondeuses

D’autres aspects du cahier des charges doivent être modifiés, selon la Fnab. Sa présidente prend l’exemple des élevages de poules pondeuses. « Aujourd’hui, il est possible de monter des élevages bio de 24 000 poules. Ces élevages respectent l’espace obligatoire par poule, mais il y a des problèmes d’accès à l’extérieur. Ce n’est pas le modèle que nous défendons. » La Fnab demande une limite de 3 000 poules par bâtiment et de trois bâtiments par ferme, soit 9 000 poules par ferme. Elle en avait fait la demande à l’échelle européenne, mais ne l’avait pas obtenue. Christophe Lecuyer, réticent, interroge : « OK. Et ceux qui ont 12 000 poules aujourd’hui ? On sent qu’il y a des divergences. Cela va prendre du temps ».

La Fnab met en garde contre la construction « d’une bulle marketing bio »

Dans une tribune publiée dans Le Monde le 26 février, Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab (agriculteurs bio) met en garde « les dirigeants des entreprises agroalimentaires et de la grande distribution, les élus nationaux et locaux » contre la construction « d’une bulle marketing bio ». Constatant que la dynamique montre la multiplication des annonces des distributeurs sur le bio (Carrefour, Leclerc, etc) est « appréciable », elle émet des réserves : « L’agriculture bio doit rentrer dans une économie de massification de l’offre en gardant sa cohérence et sa viabilité technique et économique ».

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