Elevage

La FNB présente au ministre ses propositions pour assurer l’avenir de la filière bovine

Le 5 février, à l’occasion de l’ouverture de la séance publique du congrès de la FNB, Bruno Dufayet, président de la FNB, a présenté au ministre de l'Agriculture des solutions pour permettre à la filière bovine de sortir de la crise. La plus importante consiste à réformer l’interprofession afin de freiner les possibilités de blocage

 

« Monsieur le ministre, pour ouvrir ce congrès j’aurais pu dresser des constats, sur une année économiquement difficile un climat ambiant compliqué. Je ne souhaite pas m’attarder sur ces constats qui pourraient nous décourager, mais à la FNB nous nous en tenons aux faits, donc nous n’allons pas vous parler de la crise que nous vivons mais nous allons vous présenter nos propositions concrètes pour en sortir ». C’est en ces termes que Bruno Dufayet a ouvert la séance publique du congrès de la FNB, le 5 février. Face à un ministre de l'Agriculture qui a décidé d’abandonner son discours pour lui répondre directement, le président de la FNB a listé les solutions concrètes et cohérentes avec les EGA afin que la filière viande bovine « sorte la tête de l’eau ». Estimant que le gouvernement avait eu tort de faire confiance aux interprofessions, la FNB demande qu'Interbev, son interprofession, soit réformée. « Au lieu de parler de montée en gamme, de répartition de valeur, nous avons bataillé pendant des mois pour se mettre d’accord sur la méthode de calcul, nous y sommes enfin arrivés la semaine dernière », s’agace Bruno Dufayet. Il se félicite que la méthode de calcul ait enfin été validée la semaine précédente mais il souhaite, tout de même, engager un chantier important pour reconstruire le schéma de l’interprofession, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Des obligations de résultat pourraient être imposées à cette dernière afin, notamment, de freiner toute possibilité de blocage et ainsi autoriser la filière à évoluer et être plus performante et efficace.

Remettre les éleveurs au cœur de l’interprofession

Une stratégie simple à mettre en place pour la FNB, elle juge qu’il faut s’appuyer sur son plan de filière en remettant les éleveurs au cœur du dispositif. Bruno Dufayet a demandé au ministre que des contrôles et des évaluations soient mis en place. Si Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, s’accorde à dire que les éleveurs sont bien le maillon central de la filière viande bovine il est nécessaire de les payer au juste prix, il assure que le gouvernement n’a pas commis d’erreur en faisant confiance à l’interprofession. Il a d’ailleurs profité de son intervention pour saluer l’ensemble de la filière et la DGAL, car en moins de 72 heures, grâce à la traçabilité « à la française », les 800 kg de viande bovine polonaise avariée ont été identifiés. Pour le ministre, il s’agit de la preuve des engagements sanitaires exemplaires pris par la filière. « Nous avons le système alimentaire le plus sûr au monde », insiste-t-il. « L’élevage français, est une chance pour notre pays. Qualité et rémunération des agriculteurs doivent être au rendez-vous », ajoute-t-il en soulignant qu’il souhaitait en terminer avec l’agribashing. La deuxième proposition de la FNB afin d’enrayer la crise qui touche l’élevage bovin allaitant consiste à organiser l’export de la filière, là aussi en empêchant certains acteurs de bloquer la conquête de certains marchés. Didier Guillaume s’est d’ailleurs agacé que le marché chinois, ouvert il y a quelques mois, ne soit pas suffisamment approvisionné en viande française. Pour conquérir ces marchés et structurer l’offre française, Bruno Dufayet propose de créer, avec le ministre, une grande AOP nationale. La dernière proposition de la FNB pour assurer l’avenir de la filière concerne la future PAC. Elle revendique un budget maintenu, un second pilier non régionalisé mais surtout une ICHN toujours destinée exclusivement aux éleveurs. Un point de vue presque partagé par Didier Guillaume, il veut aussi un maintien du budget, ne souhaite pas la régionalisation, mais ambitionne de destiner les ICHN « majoritairement » aux éleveurs. « 2019 doit être l’année de la mise en place de cette feuille de route, une mise en œuvre qui ne se fera qu’à condition que l’Europe régule ses importations de viande bovine », conclut Bruno Dufayet.

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