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La section céréalière de la FDSEA 71 entend aller chercher de la valeur ajoutée sur les marchés céréaliers

La section céréalière de la FDSEA de Saône-et-Loire tenait son assemblée générale le 2 février dans les locaux de Bourgogne du Sud à Chalon-sur-Saône. L’occasion d’une vision exhaustive des nombreux sujets d’actualité. Dans un contexte économique toujours difficile pour les producteurs, la recherche de valeur ajoutée - y compris en circuits longs - est la priorité de nos zones intermédiaires.

La Bourgogne du Sud possède de nombreux atouts agronomiques, climatiques, mais aussi logistiques.

En 2017, « nous avons eu la chance de faire des volumes mais nous n’avons pas les prix », regrettait Lionel Borey. Le président de la section céréalière ne peut que constater l’enchaînement successif de mauvaises années sur le plan économique pour le secteur des grandes cultures. Aléas climatiques, baisse de la qualité de la récolte, nouveaux concurrents sur nos marchés, records sur records en terme de production mondiale… Entre les exploitations de l’Est dépassant 10.000 hectares et la vente directe de pains en local, les céréaliers de Saône-et-Loire se situent vraiment en zones intermédiaires à plus d’un titre. « La réflexion du mandat est d’identifier des leviers pour aller chercher de la valeur ajoutée sur nos exploitations », a bon espoir Lionel Borey. Il avait à ce titre invité la nouvelle directrice de l’Union de commercialisation Cérévia, Fouzia Smouhi, pour présenter de A à Z son positionnement stratégique.

Produire et communiquer mieux

Revenant tout juste du congrès AGPB, la veille à Dijon, Philippe Couzon, administrateur national, allait dans le sens « à 100 % de produire mieux », mais mettait en garde sur la nécessité de bien l’accompagner cette dynamique par un travail de communication. « Il faudrait que les médias soient honnêtes et qu’ils reconnaissent notre travail en faveur de l’environnement », soulignait-il, égratignant au passage les contrôles aux frontières et les politiques qui autorisent les importations de marchandises produites avec des méthodes ici interdites.

D'un caractère assez direct, Fouzia Smouhi disait tout haut ce que tout le monde pensait : « le monde agricole n’a jamais su communiquer. Il est toujours sur la défensive, donc inaudible ou pas crédible ».

De retour quant à lui du congrès de la Fop (Fédération des producteurs d'oléoprotéagineux), Lionel Borey annonçait  qu’une « stratégie » de communication sur les réseaux sociaux s'apprête à diffuser de petits films « pour coller aux réalités des territoires ». Une communication plus locale et plus humaine, qui évitera peut-être « l’aspect dogmatique » de certains "journalistes" lesquels réalisent systématiquement des reportages à charge, ce que dénonçait Emmanuel Buisset.

Au national, le « changement de posture » se verra aussi dans le "contrat de solutions" que met en avant la FNSEA auprès des élus et de la société.

Garder une longueur d’avance

Le débat s’engageait alors. « J’adore ce discours, mais la qualité s’acquiert par la chimie : azote pour protéines, pesticides contre mycotoxines… Comment faire sans ? Et après, cela deviendra un standard sans différenciation de prix », mettait en avant un producteur. Pas faux. Didier Laurency l’admettait, mais rappelait quelques faits tendanciels : « partout, nos concurrents (Russes…) se modernisent. On ne peut pas se mettre la tête dans le trou, leur progression est un peu notre régression ». Une obligation forcée donc. Pas question pour autant d’être défaitiste. La Bourgogne du Sud possède de nombreux atouts. Reste à bien négocier le virage d’une montée en gamme sur les circuits longs pour garder une ou deux longueurs d’avance.

« Le tout venant sur les marchés publics, c’est fini pour nous. Notre seule porte de sortie est cette frange énorme du monde qui a gagné en pouvoir monétaire », analysait le président de Bourgogne du Sud. Une marche pas si haute à atteindre puisque le blé vendu jusqu’à présent à l’export pour l’alimentation humaine correspond bien souvent aux blés classés fourragers chez nous. Mais pour ce faire, le syndicalisme devra veiller à défendre la capacité de la filière à produire et éviter des réglementations contraires. En cela, Lionel Borey regrettait la fin d’Orama : « Tout le monde a repris ses billes (AGPB, AGPM, Fop, CGB). Résultat, quatre AG et le ministre n’est venu à aucune »… Le rassemblement est plus que jamais nécessaire.

Russie : le gouvernement parie sur l’agriculture bio

Le gouvernement russe voit dans l’agriculture bio un grand débouché en croissance. Alors que l’agriculture bio russe ne représente que 1 % du marché mondial actuellement, Moscou souhaite augmenter sa part à 25 % et exporter massivement des produits bio. Le pays est en train de se doter d’un cadre juridique, d’une définition des méthodes autorisées et d’une certification des producteurs. Ceux qui s’engageront dans cette voie seront subventionnés. Le ministre de l’Agriculture Alexander Tkatschov a fait valoir que dans les années 1990, près de 10 millions d’hectares avaient été abandonnés et étaient désormais exempts de tout engrais et pesticide. Aucun autre pays ne dispose d’une telle surface ne nécessitant aucune reconversion, estime-t-il. Dans les productions animales, Alexander Tkatschov voit également des débouchés importants pour des produits obtenus sans antibiotiques ou activateurs de croissance. Contrairement à la Chine et aux Etats-Unis, la Russie ne mise pas non plus sur les OGM.

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