Cotations Elevage Economie Marchés

Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 1-2019

Bovins de boucherie : Cette année 2018 aura été une nouvelle fois très douloureuse pour les éleveurs, dont le revenu fait partie des plus bas de la filière agricole. Du côté de la consommation, l’érosion s’est accentuée sous les coups de boutoir des associations anti-viande, qui sous le prétexte du bien-être animal sont venues envahir les écrans avec la bienveillance d’une certaine élite médiatique parisienne. Dans cette chute de la consommation, on observe cependant une très bonne résistance des viandes hachées fraîches, alors que les barquettes de viande piècée étoilée dans les linéaires des grandes surfaces se vendent de moins en moins. La viande de milieu de gamme a de plus en plus de mal à se positionner si ce n’est par le prix. L’interprofession veut une montée en gamme avec un objectif de 40% d’animaux en label rouge dans 4 ans. Ce sera très compliqué à atteindre, car la consommation de viande de qualité « prémium » reste stable pour une clientèle ciblée, et ne représente que 19% des volumes. En revanche, le doublement de la gamme bio a plus de chance de voir le jour au regard des nombreuses exploitations en reconversion. La politique de prix dans cette filière en croissance est déconnectée du marché offre/demande. Mais cela n’efface pas les difficultés d’écoulement de certaines pièces comme dans le conventionnel. La valorisation de la viande hachée bio laisse beaucoup plus de marge de travail aux transformateurs.

De nombreux éleveurs ont décroché cette année faute de rentabilité et de vision de l’avenir, avec une sécheresse qui a mis à mal de nombreuses exploitations. Tout n’est pas noir dans ce secteur très dynamique, car un certain nombre d’éleveurs reste en réussite avec une grande maîtrise des facteurs économiques qui influent sur leur exploitation. Ils sont souvent à la pointe de l’innovation. 

L’activité commerciale de cette première semaine de l’année est réduite, avec des entreprises sans grands besoins avant les inventaires de fin d’année. Les abattoirs vont pouvoir se désengorger après les perturbations engendrées par les gilets jaunes. Une grande majorité des marchés ont été annulés pendant les fêtes, mais l’approvisionnement des abattoirs a été planifié pour pallier au ralentissement de l’activité du négoce (privé ou coopératif).

Réformes laitières : Les industriels préparent la rentrée, mais ils savent très bien que les promotions de viande porcine seront très agressives vu les tarifs actuellement pratiqués. Les tarifs se maintiennent sans difficulté pour les vaches Holsteins, Abondances et Montbéliardes correctement finies, mais l’offre reste globalement de mauvaise qualité (beaucoup de vaches P2).

Jeunes bovins : Très peu d’activité pour cette première semaine de l’année. Le marché italien devrait reprendre sur les mêmes bases qu’en fin d’année. 

Bovins d’embouche et d’élevage : Pas d’activité sur le secteur maigre entre les fêtes.

Broutards : L’activité est nulle entre les fêtes, avec la fermeture de l’ensemble des marchés. L’activité ne redémarrera pas avant l’épiphanie (6 janvier).

Les regards se tournent maintenant vers 2019, avec un relatif optimisme. La décapitalisation et la réduction du cheptel allaitant feront que les disponibilités seront juste suffisantes pour satisfaire nos partenaires européens ou des pays du Maghreb. Nos broutards intéressent de nombreux pays, par leur qualité, mais également par la proximité avec nos clients. L’Italie reste notre principal débouché, mais elle doit faire face à une concurrence des broutards polonais qui n’ont plus de débouchés sur la Turquie. L’Espagne doit de son côté rééquilibrer ses marchés depuis la fermeture de la Turquie, mais elle a de belles armes pour servir le Maghreb, le Moyen-Orient avec des normes de production et une souplesse administrative qui facilitent grandement l’export. L’Allemagne et les autres pays de l’UE sont également des clients à ne pas négliger. Pour 2019, l’inquiétude viendra dans la position que prendra l’Union Européenne dans le dossier FCO. La fin des relations bilatérales entre les pays obligerait à une vaccination massive pour exporter notamment vers l’Espagne. Quant à l’engraissement sur notre territoire, il peine à se redresser, face à des éleveurs qui ont baissé les bras faute de rentabilité des ateliers de jeunes bovins.

Veaux d’engraissement et d’élevage : Les marchés de ce début d’année sont perturbés et décalés. L’activité est concentrée sur les centres d’allotements des intégrateurs où les tarifs n’ont enregistré aucun changement. Les éleveurs qui auront pris soin de leurs veaux auront une meilleure qualité et des veaux plus lourds qui pourront intéresser le marché espagnol. En revanche, la marchandise fragile et légère sera fortement malmenée. Dans le secteur allaitant, la demande restera orientée sur des veaux de bonne conformation avec du poids.

Ovins : La présentation sur les marchés est réduite, car de nombreux opérateurs ont fait l’impasse sur cette semaine de faible activité. Face à ces petits volumes, les abattoirs dont les besoins en agneaux de qualité restent réguliers sont encore présents à l’achat, ce qui permet une facile reconduction des prix dans les agneaux laitons. Pas de demande dans les agneaux gris.

Porc : Les traditionnelles promotions de début d’année dans la grande distribution confirment le choix de faire de la viande de porc le principal produit d’appel pour faire revenir les Français dans les rayons. Malgré le férié du jour de l’An, le tarif reprend 0,008€ à 1,180 €.

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