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Participation en hausse, mais prix en baisse lors du Festival du Bœuf à Charolles

Avec 730 bovins de boucherie, environ 3.000 visiteurs et un concours de vitrines de boucheries disputé par 24 centres de formation, le Festival du Bœuf a battu de nouveaux records de participation. Malheureusement, cela n’a pas suffi à résister à la morosité commerciale.

Grosse surprise pour le Gaec Desmurs qui, pour sa toute première participation au Festival, décrochait le grand prix d’honneur génisses ainsi que le prix naisseur et voyait même sa bête vendue dès l’ouverture aux acheteurs. Une journée dont se souviendra

Le week-end dernier, le Festival du Bœuf a connu un nouveau succès de fréquentation avec près de 3.000 visiteurs et de nouveaux records de participation. Du côté des bovins de boucherie, ce sont 730 animaux qui ont concouru. Du jamais vu : 780 bovins sont arrivés à Charolles le vendredi, déposés par plus de 320 exposants. Autre record du côté du concours de vitrines de boucherie avec 24 centres de formation en compétition, soit 48 apprentis en provenance de toute la France et même de Suisse.

Quelques semaines plus tôt pourtant, ce Festival ne s’annonçait pas sous de meilleurs auspices. En effet, l’arrivée du sérotype 4 de la FCO en France a fait planer beaucoup d’incertitudes sur la tenue de l’évènement. L’avant-veille de l’ouverture du concours aux animaux, rien n’était encore acquis, révelait le président de la Société d’agriculture, Gilles Degueurce. Au final, très peu d’exposants avaient renoncé à venir. Les quelques élevages de la zone non réglementée (Allier, Loire, Nièvre et même Vienne) se sont soumis à la restriction de laisser leurs animaux en Saône-et-Loire une fois le concours fini.

Et ce feuilleton sanitaire n’a pas été le seul souci des organisateurs. Cette année, les travaux d’aménagement du parc des expositions donnaient une configuration un peu chamboulée au Festival. Chapiteaux resserrés, parking réduits, espaces redistribués… C’était une année de transition où il convenait de se serrer un peu… Et ce fut bel et bien le cas avec une foule de visiteurs toujours plus impressionnante ; un concours de vitrines remplissant à lui seul tout un chapiteau et des bovins plus nombreux que jamais !

Dix jours avant l’inauguration de ce Festival, le ministre de l’agriculture était annoncé. Mais ce dernier a finalement renoncé à venir en Saône-et-Loire. Une déception pour les organisateurs et la profession dans son ensemble qui aurait apprécié de voir le ministre en personne venir prendre le pouls d’un monde de l’élevage très mal en point….

75 % des animaux vendus

Car si le Festival se voulait festif à trois semaines de Noël, il n’empêche que, cette année, l’euphorie n’était pas vraiment de mise du côté de la commercialisation des bêtes de viande. Le Festival n’a pas pu résister à la morosité ambiante du marché de la viande. Seulement 75 % des 730 animaux auraient trouvé preneurs contre 98 % l’an dernier.

Et les tarifs étaient en moyenne inférieurs de 1 € par rapport à ceux de l’an dernier. C’est en vaches et en bœufs que les ventes ont été les plus difficiles. « La mévente de fin d’année dans les fermes a conduit les éleveurs à amener beaucoup de vaches », confiait David Pierre de la Société d’agriculture. Elles étaient au nombre de 240 cette année contre 170 l’an dernier, indique-t-il. Conséquence : les prix des bonnes vaches étaient compris entre 4,50 et 5,50 € le kilo de carcasse et seulement 4 à 4,30 € pour les moins bonnes… Les très bons bœufs pouvaient obtenir 5 €, mais les moins bons, « les acheteurs n’en voulaient même pas », rapporte David Pierre. Les transactions étaient un peu meilleures du côté des génisses moins abondantes : 6 à 7 € pour des 1er ou 2e prix, mais pas plus de 4,70 € pour des 3e prix. Enfin, même les culardes ont subi les répercussions de la baisse généralisée des tarifs avec des spécimens à 7,50  voire 7 €.

Pas de folies

Au matin du concours, les opérateurs avaient un peu annoncé la couleur. Alors que dans les fermes, certains animaux finis peinent à partir, des acteurs de la filière se montraient plus frileux que les années passées, ne tenant pas à renouveler les mêmes folies. D’ailleurs, les bouchers présents confirmaient une baisse de consommation en magasin, même dans les régions à populations plus aisées.

Néanmoins, comme en témoignaient les nombreux espaces privatifs réservés par les poids lourds de la filière viande accompagnés de leurs clients, une demande était bel et bien là. Certains éleveurs ou engraisseurs ont d’ailleurs fait de très belles affaires auprès de distributeurs en quête d’une plaque à tout prix. Mais ces vendeurs chanceux étaient nettement moins nombreux que les autres années.

 

Retrouver les palmarès du Festival dans une prochaine édition.

 

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