Culture Economie

La France pour le maintien du plafonnement des biocarburants à 7 %

La directive européenne de 2009 sur les énergies renouvelables devrait faire l’objet d’une vaste refonte en 2020.

Alors que le projet de directive européenne RED2 entend réduire la part des biocarburants issus des cultures vivrières (première génération), dont le bioéthanol et le biodiesel, dans le secteur des transports à 3,8 % en 2030 au lieu de 7 % aujourd’hui, la Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen s’est prononcée en faveur de son maintien à 7 %. C’est aussi la position du Conseil spécialisé de FranceAgriMer pour les filières « oléagineux, protéagineux, fourrages séchés et plantes textiles », qui s’est réuni le 24 octobre. La représentante du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a indiqué à cette occasion que la France soutiendrait cette proposition, « ceci afin de permettre l’amortissement des équipements et des installations des industriels qui ont investi dans ce domaine et qui financent en même temps la recherche et les investissements nécessaires pour passer à la seconde génération ». Jacques Siret, président du conseil spécialisé, a également mis en avant l’intérêt du biodiesel à base de colza pour nourrir le bétail. En effet, en coproduisant des tourteaux destinés à l’alimentation animale, il permet à la France de diminuer sa dépendance aux importations de soja OGM. L’autosuffisance de la France en protéines végétales pour animaux est aujourd’hui de 55 %.

Inquiétudes de la filière colza 

Le groupe Avril affirme, par ailleurs, que le biodiesel de colza a fait ses preuves en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Son utilisation réduirait de 60 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole fossile (étude IFPEN – 2016). Outre le taux d’incorporation actuellement en discussion à Bruxelles, la filière colza s’inquiète des importations de biodiesel argentin, rendues possibles par la décision du 7 septembre dernier de la Commission européenne de réduire les taxes à l’importation qui prévalaient jusqu’alors sur les biodiesels produits en Argentine. L’UE avait érigé en 2013 une barrière douanière contre les biocarburants en provenance de ce pays mais elle avait été désavouée par l’Organisation mondiale du commerce. Le groupe Avril a déjà réagi à cette menace en annonçant des mesures de chômage partiel pour 2018 dans les usines de sa filiale Saipol.

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