Elevage

La rentrée des veaux à Jalogny

Comme chaque année à cette période, un nouveau lot de veaux vient d’être rentré à la station expérimentale de Jalogny. Ce lundi 30 septembre, 88 charolais viennent ainsi d’intégrer la station jusqu’à la vente de février. Des veaux qui sont de plus en plus originaires d’autres départements que la Saône-et-Loire.

Cette année, il y a eu plus de candidats et qui venaient de plus loin. Au final, plus de la moitié des veaux rentrés ne viennent pas de la Saône-et-Loire, « une première ! ».

Cette année, 95 élevages de 17 départements différents ont proposé des bêtes, « sur les 230 candidats, nous en avons accueilli aujourd’hui 88 », détaille Frédéric Borne, le président du GIE Synergie Charolais*.
« Nous constatons que la réussite de la vente attire de plus en plus d’éleveurs », se félicite-t-il par ailleurs. « Et c’est une première cette année, plus de la moitié des veaux rentrés viennent de hors département », notamment de la Creuse, de l’Eure, du Pas-de-Calais, de la Lozère, de la Meurthe-et-Moselle, etc.
Une situation qui témoigne sans conteste de la réputation de la station à l’échelon national : « le niveau de la génétique de la station a augmenté et cela se sait. C’est donc plus difficile de rentrer à la station et certains éleveurs préfèrent ne pas présenter de bêtes plutôt que de les voir refuser », explique encore Frédéric Borne. Il ne faut cependant pas occulter le fait que cela traduit aussi « la conjoncture plus compliquée sur le département, notamment liée à la sécheresse » et qui se fait ressentir plus durement ici que sur d’autres territoires.

Contact avec les clients

Toujours est-il que la réputation de la station attire toujours les éleveurs, comme en témoigne Jean-Noël Morin en Gaec du côté de Saint-Aubin-en-Charollais : « depuis 1999, nous emmenons chaque année une ou deux bêtes. Cela permet de comparer notre génétique par rapport aux autres éleveurs et aux autres animaux. Et cela nous fait surtout connaître ».
La station permet d’avoir des veaux qui correspondent à la morphologie recherchée par les clients et « ouvre la porte à des nouveaux clients que l’on n’aurait jamais pu approcher sinon, car ils ne seraient jamais venus dans nos exploitations ».
Éric Millot, lui, vient de Haute-Saône. Dans ce département plutôt orienté lait, ils ne sont pas beaucoup d’éleveurs charolais. Aussi, la station de Jalogny représente pour lui l’occasion « de retrouver et d’échanger avec les collègues, venir ici permet aussi de se faire connaître ».
Depuis cinq ans, il apporte des veaux : « mon troupeau était bien indexé mais il manquait de viande. J’ai donc moi aussi acheté un veau ici pour augmenter la viande ».

Prudence de mise

Si la Haute-Saône est moins impactée par la sécheresse, « c’est quand même la deuxième année que l’on nourrit les bêtes dehors, ce qu'on ne faisait jamais jusqu’à présent ».
Cette année, cet éleveur qui avait eu quatre veaux sélectionnés, n’en a finalement apporté que deux, plus par économie que par envie.
Une prudence de mise également pour Thierry Pellenard, éleveur à Chassy : « nous présentons un veau à la fois, car entre le coût de la pension et le risque de non vente, nous sommes quand même dans des années où l’on doit surveiller les frais ». Mais l’intérêt d’avoir un veau à Jalogny est bien réel. « Cela nous permet de voir ce que nous sommes capables de faire. Nous avons beaucoup travaillé en IA pour augmenter la qualité de nos animaux, nous voyons donc ici où nous nous situons ».
L’éleveur en tire aussi des pistes de réflexion en termes d’efficacité de son alimentation, « nous cherchons toujours à mieux faire ».

Dates à retenir

La rentrée des veaux se fait dans un contexte plutôt calme en termes d’achat/vente d’animaux. Et les conséquences de la sécheresse ne sont pas loin : « beaucoup d’exploitants n’ont plus la trésorerie pour acheter de nouveaux taureaux. Ils préfèrent garder leur argent pour nourrir les animaux qu’ils ont déjà ». « On le voit, nous avons toujours nos taureaux en ferme alors qu’à cette période ils devraient déjà être vendus », rajoute cet autre éleveur.
L’espoir pour tous reste que la pluie soit enfin de la partie et permette de les rassurer sur la reprise du pâturage et du commerce au début de l’année prochaine.
En attendant, du côté des nouveaux pensionnaires de la station, après une période d’adaptation, l’évaluation débutera le 29 octobre pour une durée de 84 jours.
La journée porte ouverte est programmée le 8 février. La vente aux enchères aura lieu le 14 février à Charolles.

 

* Le GIE Synergie Charolais réunit toutes les structures départementales engagées dans la génétique de l’élevage : Chambre d’Agriculture, Alsoni, Charolais Horizon, Feder, Elva Novia, Elvea 71-58, Sociétés d’agriculture de Charolles et d’Autun, Comité de concours agricole Val d’Arroux Gueugnon, Charolais Évaluation, Association des éleveurs d’Entre Saône et Loire et Fédération des comités agricoles.

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