Viticulture Economie

Le vin bio progresse toujours

Produit phare en France, le vin est également un moteur du label agriculture biologique (AB), puisque la filière pèse plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. En 2018 et 2019, la croissance du marché se poursuit, poussant les viticulteurs à la conversion.

Le vin bio qui, il y a quelques années, peinait à rassurer les consommateurs quant à ses qualités gustatives, bénéficie désormais d’une image positive à 56 %, a indiqué l’Agence bio qui a tenu le 25 septembre un point presse conjoint avec France Vin Bio, fédération d’associations interprofessionnelles. De plus, 41 % des personnes interrogées dans le cadre de cette étude réalisée par Opinion Way voient dans la certification AB du vin un critère d’achat à part entière. L’offre en vin bio est d’ailleurs de plus en plus présente dans la restauration commerciale, où le vin est le produit bio le plus facile à introduire. Pour satisfaire la demande, la dynamique des conversions en bio se maintient (en moyenne +20 % par an). En 2018, 12 % du vignoble français était cultivé en bio, soit 94.000 ha, avec tout de même des différences régionales et départementales importantes. En effet, le développement des vins bio s’est d’abord construit sur des appellations qui avaient moins de notoriété que d’autres. Cependant, aujourd’hui, même le Cognac ou le Champagne, des produits qui se vendent très bien en conventionnel, développent aussi la production biologique, principalement pour répondre à une demande à l’exportation. « Le vin bio est l’un des rares produits bio français que l’on exporte de façon aussi importante », explique Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio.

Une demande encore supérieure à l’offre

La dynamique n’est pas en reste sur le marché intérieur. En grande distribution, les vins tranquille AOP ont progressé de 14 % en volume en 2018 et de 22 % en valeur. Bourgogne et Beaujolais ont notamment doublé leurs ventes. L’augmentation plus importante en valeur qu’en volume traduit par ailleurs une situation de pénurie, avec une demande supérieure à l’offre, même si l’offre se structure. Pour décongestionner le marché, un label expérimental, « Conversion en agriculture biologique », a été mis en place l’année dernière en Occitanie, concernant 60.000 Hl et permettant aux producteurs en conversion de bénéficier d’une rémunération proche de celle du bio. La région Provence Alpes Côte d’Azur devrait elle aussi tester ce label mis en place par SudVinBio, même si pour France Vin Bio, « ce label n’a peut-être pas vocation à durer, si l’agriculture biologique parvient à fournir la totalité du marché, il n’existera plus », explique Thierry Julien, président de France Vin Bio.

Signe, aussi, de la progression de la demande, la grande distribution est le lieu de vente qui a enregistré la progression la plus forte en 2018, atteignant presque 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, tout en restant le 4ème lieu de vente, derrière la vente directe, les cavistes et les magasins bio. La vente directe maintient en effet sa domination sur ce secteur, bénéficiant d’une double dynamique : le vin, même en conventionnel, s’est toujours bien vendu en direct, et les produits biologiques sont eux aussi davantage achetés en vente directe. La vente directe permet aussi de raconter l’histoire du vin, ce qui est très prisé des consommateurs. En 2019, la progression de la demande devrait poursuivre sa dynamique, estime l’Agence Bio. L’intérêt des producteurs pour la conversion est en tout cas manifeste, poussé par la dynamique du secteur mais aussi par la montée de la pression sociétale, à l’exemple des débats actuels sur les zones de non traitement.

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