Economie

Brexit : vers un « no deal » qui inquiète le secteur agroalimentaire britannique

Alors que la perspective d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (UE) sans accord se profile, la date étant fixée au 31 ocotbre, le secteur agroalimentaire européen, et en premier lieu britannique, demande des marges de manœuvre réglementaire.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé le 28 août la suspension du Parlement, de la deuxième semaine de septembre jusqu’au 14 octobre, afin d’entraver l’opposition parlementaire à une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’UE. « Si, comme je l’espère, un accord avec l’UE est imminent, le Parlement aura la possibilité d’adopter la loi sur l’accord de retrait nécessaire pour la ratification avant le 31 octobre », a indiqué celui que la presse surnomme le Trump anglais. Le bras de fer a donc repris. Le Royaume-Uni devra régler la facture de 43 milliards d’euros pour solder ses engagements auprès de l’UE même en cas d’absence d’accord (ou « no deal ») lors du Brexit, a prévenu le 26 août la Commission européenne. Mais, pour Boris Johnson, si le Royaume-Uni quittait l’UE sans accord, il n’aurait pas à régler cette somme qu’il compte utiliser pour gérer les conséquences du Brexit.

Assouplir le droit de la concurrence

Mais tous les anglais ne sont pas aussi confiants... La Food & Drink Federation (FDF) du Royaume-Uni a demandé au gouvernement d’assouplir le droit de la concurrence dans le cas où le Royaume-Uni quitterait l’UE sans un accord, afin que les industriels puissent coopérer pour minimiser les pénuries alimentaires. La Fédération souligne que les pénuries se produiront de façon aléatoire et que les produits à courte durée de conservation (comme les produits frais, la viande et le poisson) seront particulièrement à risque. Les blocages et les retards dans les ports constitueraient une menace particulièrement importante, avec 40 % des denrées alimentaires du Royaume-Uni importées directement de l’UE ou via l’UE, a-t-elle également prévenu. La FDF demande par ailleurs « un alignement commercial et réglementaire aussi étroit que possible entre le Royaume-Uni et l’UE ».

Professeur de politique agroalimentaire à la City University of London, Tim Lang estime qu’en cas d’absence d’accord au moins la moitié des camions ne pourrait plus circuler de manière fluide à travers les frontières. Par conséquent, les prix des denrées alimentaires enregistreraient une hausse d’au moins 10 % – voire plus si la livre sterling baisse encore. Les denrées les plus affectées seraient les fruits et légumes, le Royaume-Uni ne produisant que 12 % des fruits et 55 % des légumes qu’il consomme.

Le prochain Conseil européen, réunissant les chefs d’État et de gouvernement de l’UE, est prévu les 17 et 18 octobre, quelques jours avant la date officielle du Brexit.

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