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L'improbable réussite du colza en 2016-2017

Les fait sont là : contre toute attente, la campagne colza 2016-2017 s'est soldée par une bonne récolte, voire même dans certaines régions par des records de rendement. Et côté tournesol et soja, la satisfaction est aussi de mise. La réunion régionale de Terres Inovia a permis de revenir sur cette campagne atypique, dont les bons résultats ont permis de limiter la casse sur bien des exploitations.

Il s'en est fallu de peu que le scénario du pire ne ruine la récolte du colza mais, au final, cette campagne colza 2016/2017 fera date. En dépit de plusieurs événements climatiques préjudiciables sur la zone Nord-Est, la région Bourgogne Franche-Comté enregistre de belles performances.

La sécheresse à l'implantation, les épisodes de gels tardifs et un important rayonnement au printemps restent les marqueurs forts de cette bonne campagne. Le sud de la région notamment, épargné par les gelées tardives et qui a bénéficié d'un retour plus précoce des pluies au printemps a enregistré des rendements records avec des pointes à plus de 50 q/ha.

Cette campagne, bien mal engagée sur le plan climatique, s'est donc terminée sur une note positive.

Terres Inovia observe cette fois encore que dans un contexte difficile, la qualité de l'implantation est déterminante et que le colza s'accommode bien de conditions sèches au cours de son cycle, pourvu que la pluie intervienne suffisamment tôt durant la phase de remplissage des graines. Un rayonnement élevé demeure également un critère essentiel pendant la phase de fructification.

Révolution en post-levée

Pour les semis 2017, la situation est bien mieux engagée qu'en 2016, avec des levées précoces et régulières. Toutefois, la pression des ravageurs s'intensifie. L'occasion de rappeler les leviers qui permettent de réduire l'impact des ravageurs. Au premier chef, il faut assurer une bonne implantation, dans un sol dont la structure favorise l'enracinement du pivot. Semer de façon précoce, quand c'est possible, permet aussi de limiter la nuisibilité des morsures de grosses altises adultes, tout en favorisant la biomasse et la croissance de la plante, moins exposée ainsi aux dégâts des larves d'altises et des charançons. L'association d'une légumineuse gélive (colza associé) peut également limiter les effets nocifs des ravageurs. Si le risque perdure où si les pratiques raisonnées ont échoué, Terres Inovia estime que des traitements « peuvent être utilisés mais limités au strict nécessaire » et « de façon adaptée au climat de l'année et au contexte de la résistance ».
Une révolution est en marche avec le développement du désherbage du colza en post-levée. Les nouvelles solutions de désherbage en post-levée laissent de fait entrevoir des perspectives prometteuses pour la gestion des dicotylédones, mais il faut rester vigilant sur la gestion des graminées. Le "tout en post" ne semble cependant encore pas pour demain, estime Terres Inovia. En l'état actuel des pratiques et des techniques, les leviers agronomiques restent fondamentaux pour éviter les fortes infestations de graminées. En revanche, la post-levée permet de sécuriser des stratégies de déshérbage alternatives, mécaniques ou mixtes, ainsi que la technique du colza associé. Les stratégies développées autour de la post-levée s'avèrent pour le moment très "tactiques" et difficile à mettre en œuvre à une grande échelle. Mais la révolution est bien lancée...

Beau temps pour le tournesol

La campagne 2017 aura été très propice au tournesol, en dépit d'événements climatiques stressants. La région Bourgogne Franche-Comté dépasse même le record de la moyenne française de plus de 27 q/ha en atteignant ainsi 32 q/ha.

Toutes les conditions se sont trouvées réunies pour que cette campagne tournesol se termine au mieux : une implantation réussie avec un peuplement optimal, un paysage climatique chaud et sec, favorable à l'enracinement et au développement végétatif contraint, un rayonnement important, très favorable à l'élaboration du rendement, un retour des pluies à des stades clés pour la fécondation et la maturation des grains. Là encore, le soin apporté à l'implantation a été primordial pour la construction du rendement. Dans un climat de prix baissier au début de la commercialisation, les bons à très bons rendements de cette année assurent un effet amortisseur sur les marges, qui restens stables, en comparaison pluriannuelles, ce qui est un atout dans un marché parfois très volatile.

Une année lumineuse en soja

Le bon rayonnement et les températures élevées durant le cycle du soja ont contribué aux bons résultats de l'année. En Bourgogne Franche-Comté, seuls les semis précoces de fin avril/début mai ont pu être pénalisés par des températures minimales inférieures à la normale, ce qui a ralenti les dynamiques de levée. Dans les situations les plus favorables, le nombre de grains/m2 est supérieur à la normale.

Seul point noir de la campagne : la fin de cycle a été pénalisante, notamment pour le PMG, à cause d'un temps chaud et sec, phénomène d'autant plus marqué que les sols n'avaient que peu de réserve hydrique. Les ravageurs et les maladies sont aussi restés discrets cette année. Au final, en fonction des secteurs, les rendements sont bons à très bons. En bonnes terres, ils sont souvent supérieurs à 32 q/ha avec des maximales à près de 45 q/ha.

Anne-Marie Klein

Légumineuses : des cultures d'avenir

Les enjeux environnementaux et protéiques de demain positionnent les légumineuses (soja, lentilles, pois...) comme des cultures d'avenir, mais leur insertion dans un système de cultures n'est pas toujours chose facile, car chaque espèce présente des bénéfices à géométrie variable, en fonction notamment, des contextes pédo-climatiques. Au titre des avantages, il faut retenir que les légumineuses concourent à la robustesse des systèmes de cultures grâce à leur faible charge en intrants et à leur grande diversité. Leur efficience s'évalue à l'échelle d'une rotation, mais globalement elles améliorent la performance économique des exploitations. Enfin leur intérêt environnemental est reconnu du fait qu'elles permettent une diminution des intrants et donc de l'IFT dans les rotations (jusqu'à 50 % et plus).

Les bénéfices observés sont d'ores et déjà significatifs : déplafonnement des rendements en blé, réduction de l'apport en azote sur les céréales et les oléoprotéagineux, réduction des émissions de gaz à effet de serre, concurrence des adventices, réduction des attaques d'altises et de CBT, gain de robustesse sur colza associé, avantage à la culture de rente quand le couvert est bien géré... Il reste à explorer toutes les pistes d'amélioration de leur efficience, en terme de valeur ajoutée, en fonction des contextes pédo-climatiques et dans le cadre d'une meilleure gestion du risque aphamocynes (une grille de risque est en cours d'élaboration).

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