Viticulture Economie

Le Beaujolais conserve son élan en ce qui concerne ses ventes de vins

Inter Beaujolais a communiqué les chiffres de ventes des vins du Beaujolais en GMS. La dynamique reste positive, comme en 2016.

Philippe Bardet, responsable de la Maison Loron estime que la dynamique commerciale se doit d’être prolongée en Beaujolais.

Avant le début des vendanges en 2016, Inter Beaujolais avait présenté les chiffres de ventes des vins du Beaujolais en grandes et moyennes surfaces (GMS). Ceux-ci étaient particulièrement probants quand la moyenne de toutes les AOP rouges de France déclinait. Bis repetita en 2017. Comme annoncé dans notre précédente édition, les chiffres récents publiés par l’institut IRi, arrêtés au 28 juin 2017 sur douze mois glissants, confirment « le regain d’intérêt déjà perçu pour les vins du Beaujolais en 2016 […] dans un contexte national plutôt morose », selon Inter Beaujolais.

Le Beaujolais, toutes AOP confondues, affiche une progression de 0,6 % en volume et 2 % en valeur, quand la catégorie des AOP rouges régresse de 3 %. Le chiffre d’affaires (CA) s’élève à 82 millions d’euros. Si l’AOP beaujolais est stable, les beaujolais-villages affichent une belle progression de 9,3 % en volume, tirés vers le haut par les marques, domaines et châteaux. Les crus enregistrent également une croissance intéressante (+ 5,2 % en volume).

Baisse en supermarchés

Cette situation de hausse généralisée n’est évidemment qu’une moyenne. Ce redressement des ventes n’est pas effectif dans tous les types de GMS. Sur le réseau des hypermarchés, où les ventes des vins de Beaujolais restent majoritaires avec 7,1 millions de litres (66 % des volumes) et 50 millions de CA (60 % du CA global), les Beaujolais font bonne figure, notamment l’appellation beaujolais-villages (+ 14,6 % en volume) et les crus (+ 5 %), tirés par chénas (+ 37 %), brouilly (+ 32 %) et fleurie (+ 24 %). Les appellations chiroubles (- 31 %), morgon (- 5,2 %) et régnié (- 9,4 %) ont décliné.

En supermarchés (CA de 23 millions d’euros), la dynamique n’est pas aussi positive avec une légère baisse des volumes vendus (- 0,7 % entre 2016 et 2017). Les beaujolais (- 4,5 %) ne sont plus aussi présents dans ces magasins qu’auparavant. L’appellation beaujolais-villages a stabilisé ses ventes, tandis que les crus les ont légèrement augmentées (+ 4,2 %), poussés par régnié, fleurie, brouilly et côte-de-brouilly.

Sur le circuit du drive (134 000 l, 957 000 € de CA), le Beaujolais continue sur sa lancée (+ 17 %) après la progression de 2016 (+ 15,7 %). « Les crus sont majoritairement présents avec 77 000 l. Leurs ventes ont augmenté de 25 % en volume et la marge de progression est importante car seulement 34 % des drives commercialisent des vins du Beaujolais », commente Anthony Collet, le responsable marketing d’Inter Beaujolais. Enfin, sur le circuit Proxi (730 000 l), les Beaujolais s’en sortent bien (+ 1,8 %), sous l’impulsion des crus (51 % des volumes vendus et progression de + 12, 5 %). « De plus en plus de Proxi en commercialisent et élargissent leurs offres », complète Anthony Collet.

« Continuer sur cette lancée »

Comme en 2016, on se réjouit de ces chiffres de ventes des vins du Beaujolais en GMS pour 2017. David Ratignier, vice-président d’Inter Beaujolais pour la viticulture, s’en félicite : « cela prouve que nos vins sont en phase avec la demande des consommateurs. Même si on nous colle encore l’étiquette beaujolais nouveaux, nous parvenons à redonner aux clients cette envie de déguster nos vins de garde qui sont de qualité. Il faut continuer sur cette lancée ». Philippe Bardet, responsable de la Maison Loron à La Chapelle-de-Guinchay, suit ce même raisonnement : « Les chiffres sont positifs. Les volumes progressent tandis que la valeur ne baisse pas. Les premiers prix tendent à disparaître même si on en trouve encore. Nos vins sont de plus en plus référencés dans les rayons. Cela s’explique par la qualité intrinsèque de nos vins et peut-être par les faibles volumes produits en Bourgogne ces dernières années. Sur les réseaux traditionnels (caviste, restauration), il n’est pas certain que nos parts de marché aient augmenté. Toujours est-il que le dynamisme commercial explique le succès de certains opérateurs. Cette foi retrouvée dans le Beaujolais se ressent aussi à travers les articles de presse, positifs à l’encontre du vignoble et de nos vins. Mais attention, tout n’est pas joué définitivement. L’équilibre du marché entre l’offre et la demande n’est pas encore optimal. La preuve, des vins du millésime 2016 sont encore à vendre, comme en beaujolais et en brouilly ».

Comme en 2016, les foires aux vins de cet automne en GMS s’annoncent intéressantes pour le Beaujolais. « Au printemps dernier, les retours des négociants locaux concernant les commandes de vins étaient encourageants. Et on le voit aujourd’hui, les catalogues des enseignes sont plus fournis, ce qui n’était pas le cas il y a trois ou quatre ans encore », complète David Ratignier. Malgré tout, des dérives existent encore. Comme d’autres vignerons qui l’ont remarqué, David Ratignier a peu apprécié la présence d’un côte-de-brouilly 2016 dans le catalogue d’une grande enseigne, vendu à 5,50 € les deux bouteilles. Le viticulteur pointe justement du doigt le manque de rentabilité pour la production. « La valeur de nos produits commercialisés aussi bien en GMS ou à l’export augmente mais nos vignerons n’en profitent pas à la production. La preuve, le marché vrac n’est pas fleurissant et même si les volumes de beaujolais-villages 2016 se sont plus vendus sur le marché vrac cette année, les prix de vente sont inférieurs à la moyenne de 2015. Il faut consolider les prix à la production », illustre-t-il.

David Duvernay

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