Culture Economie

Des volumes importants de blé français à exporter

La bonne moisson 2019, en quantité comme en qualité, dote la France d’un volume important de blé tendre à commercialiser sur la campagne 2019/2020. Tous les indicateurs sont au vert pour réaliser ce challenge, à condition de savoir saisir les opportunités dans un contexte concurrentiel, indique l’organisme de conseil Agritel.

Avec une récolte historique à 39,2 Mt en blé tendre, la France possède des disponibilités importantes pour l’export, autour de 20 Mt de blé contre 17,5 Mt l’an passé. Si la qualité est au rendez-vous avec un taux de protéines proche de 11,5 % et un poids spécifique supérieur à 76kg/hl pour 97 % des échantillons, exporter ces quantités sera « un challenge de taille », a estimé Michel Portier, directeur général d’Agritel, le 28 août. Selon le cabinet de conseil de gestion de la volatilité, la France devra ainsi exporter 8,2 Mt vers l’Union européenne (alors que la barre des 8 Mt n’a été atteinte qu’en 2016/2017 et avant 2006) et 11,3 Mt vers les pays tiers. La concurrence de l’origine Mer Noire sera forte, même si la production de blé russe est finalement moins importante que prévue. Depuis quelques années, la Russie a amélioré son potentiel de production, avec un transfert des blés de printemps vers les blés d’hiver, et la bonne production de cette année (75,2 Mt) porte les disponibilités au même niveau que l’an dernier, au-dessus de 80 Mt. L’Ukraine présente son deuxième meilleur niveau de disponibilité, avec de faibles stocks de départ (liés à une forte demande dans la période précédente) mais une production record (28,2 Mt). Du côté des autres gros exportateurs, la sécheresse qui touche l’Australie empêche le pays d’atteindre ses hauts niveaux de production, avec cette année autour de 20,3 Mt. Avec une production proche de 54 Mt et des stocks relativement lourds en début de campagne, les Etats-Unis ont quant à eux des disponibilités importantes, supérieures à 80 Mt. Enfin, un record est attendu en Argentine avec une production supérieure à 20 Mt, ce qui présage une concurrence importante pour l’origine française, notamment en décembre/janvier, période où les blés argentins sont très agressifs sur le marché international.

Un blé français compétitif

La situation est donc, note Agritel, « intermédiaire et équilibrée », avec des stocks de blé des huit gros exportateurs similaires à l’an dernier, autour de 60,5 Mt. Dans un contexte de hausse attendue des importations mondiales, la France pourra donc profiter d’opportunités. En Europe, d’une part, auprès de ses clients habituels, la demande étant stable et importante en Belgique et aux Pays-Bas (2ème et 3ème client français après l’Algérie), et vers l’Espagne et le Portugal où la sécheresse augmente les besoins.

Le commerce mondial est de plus encouragé par des prix en baisse, liés à la pression récolte. En France, le prix du blé a perdu 15 €/t en rendu Rouen depuis le 1er juin 2019 et 40 €/t depuis un an, ce qui rend le blé français particulièrement compétitif, d’autant plus que l’euro est faible. Face à la Russie, il atteint ainsi un niveau de prix historiquement bas, 5 à 7 $/t Fob moins cher. Pour exporter les 20,1 Mt, cette compétitivité devra se maintenir tout au long de la campagne, notamment vis-à-vis du blé ukrainien. Pour le moment, « tous les voyants sont au vert », estime Michel Portier.

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