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De bonnes surprises côté rendement pour les premiers échos des vendanges 2018

Contrairement à certaines appréhensions bien légitimes suite à un été particulièrement chaud, ensoleillé et sec, les rendements devraient être au rendez-vous du côté du Mâconnais et du Chalonnais. Avec, toutefois, quelques exceptions.

Si l’on se réfère à certains dictons populaires qui disent que l’on paie les musiciens à la fin du bal, tant que le dernier raisin n’est pas récolté, il convient de demeurer prudent quant à d’éventuelles analyses fermes et définitives. Cependant, après quelques jours de vendanges, la vision de ce que pourrait être le millésime commence à s’affiner. Infirmant même certaines craintes.

Hiver et printemps décisifs

Lorsque l’on interroge Frédéric Boilevin d’Oeno-service à Leynes, force est de constater que tous les indicateurs sont à même de donner le sourire. Alors que, comme chacun a pu le constater, l’année est précoce, la chaleur et la sécheresse faisaient craindre le pire dans le Mâconnais. Frédéric Boilevin souligne que « les vignerons ont eu la sagesse d’attendre la bonne maturité du raisin. » Etant donné qu’il a fait chaud et sec tout au long de l’été, le niveau d’acidité devrait être assez bas comme on a déjà pu le constater par le passé lors d’années solaires. Mais il ne devrait pas y avoir trop de difficulté à gérer cela. Par contre, il devrait y avoir une vraie bonne surprise au niveau des rendements. « Le rendement en jus est plutôt bon alors que l’on s’attendait à moins. » A cela plusieurs raisons. « Nous avons connu un hiver et un printemps pluvieux. Cela a permis à la vigne de prendre une certaine énergie. Ainsi, comparé à l’année 2017, très sèche, avec un été assez beau, il y avait eu un stress hydrique plus important ». Ce millésime devrait confirmer l’importance de l’alimentation hydrique printanière et hivernale.

De belles promesses

Dans le Mâconnais et le Beaujolais, il y a eu quelques pluies orageuses, très localisées. Ce qui a été un vrai plus pour la vigne qui ne s’en est que mieux portée et pour le raisin, plus joli. Par ailleurs, force est de constater que le Sud Mâconnais a reçu moins d’eau que le Nord Mâconnais. Si les rendements devraient être au rendez-vous, il faut tout de même nuancer cela puisque certaines zones de Cruzille, de Bissy-la-Mâconnaise et de Lugny ont été touchées par la grêle. En guise de conclusion, Frédéric Boilevin rappelle que « ce qui fait le bon vin, ce sont avant tout les raisins au départ. Cette année, nous avons des raisins assez parfumés, avec une maturité phénolique bien atteinte ».

Des vins équilibrés

Du côté du Chalonnais, à l’heure où nous écrivons ces lignes, certains vignerons viennent tout juste de débuter les vendanges. Avec seulement quelques jours de recul suite aux premières analyses, Jean-François Billy, directeur du laboratoire éponyme, a toutefois pu constater que « la maturité en sucre est très avancée, dépassant 200, 210 voire 220 grammes par litre. Ce qui donne des degrés de 11.5 à 13.0. L’acidité est présente avec des pH compris entre 3.15 et 3.35 avec en revanche un bas niveau d’acide malique, de l’ordre de un ou deux grammes par litre. Les malolactiques risquent de s’enclencher très vite. Quant à l’acide tartrique, il est de 4 à 6 grammes. Au final, nous devrions avoir des vins équilibrés. Sauf incident, nous aurons une récolte très saine, avec des paramètres analytiques qui présentent un profil proche des vins du millésime 2015. »

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