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La grande distribution prête à revaloriser les prix du lait

Dans la lignée de la mobilisation des éleveurs laitiers, le 13 juin, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a rencontré le 16 juin la grande distribution pour discuter d’une hausse des prix. Dans les jours suivants, plusieurs enseignes se sont ainsi engagées à une revalorisation. 

Confrontés à des prix qui peinent à décoller après des mois de crises, les éleveurs laitiers se sont mobilisés la semaine du 12 juin à l’appel de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs. La coopération, première cible de cette action, a accepté le 14 juin de revaloriser le prix du lait au troisième trimestre 2017 en répercutant les hausses de tarif consenties par les distributeurs. Dans la suite de cette mobilisation, la FNPL a donc reçu le 16 juin les enseignes de la grande distribution (Fédération du commerce et de la distribution, Leclerc et Intermarché). « Après deux heures de discussions, force est de constater que la grande distribution a été constructive quant à la nécessité d’agir pour que les producteurs de lait voient enfin le bout du tunnel », a fait savoir la FNPL à l’issue de la rencontre. Plusieurs leviers ont été identifiés pour faciliter ce retour de la valeur aux producteurs : « la FNPL a demandé à ce que conformément à la loi Sapin 2, toutes les enseignes intègrent un prix du lait de référence dans leurs contrats à marque distributeur en tenant compte d’indices publics de coût de production et d’indices de valorisation des marchés laitiers », une disposition opérationnelle qu’applique déjà Système U. De plus, l’organisation a demandé que « les niveaux des tarifs négociés entre la distribution et les transformateurs soient revus à la hausse pour conserver leur niveau atteint par la charte de valeur fin 2015 ». 

Plusieurs enseignes s’engagent 

Les enseignes ont convenu, au cours de cette réunion, de donner leur réponse individuellement. Ainsi, la FCD, qui regroupe notamment Carrefour, Auchan, Système U, Cora, et Casino, a réaffirmé le 20 juin sa « totale solidarité avec les éleveurs laitiers ». Les enseignes de la Fédération demandent aux transformateurs de « prendre un engagement solennel de transparence, en appliquant la loi Sapin 2 avant le lancement des Etats Généraux de l’Alimentation », et acceptent de leur côté d’étendre « l’application des dispositions de la loi Sapin 2 sur la transparence aux contrats d’une durée supérieure à un an pour les produits sous MDD, en travaillant à la prise en compte de prix de référence ». Chaque enseigne s’est également engagée à étudier les demandes des coopératives sur les produits MDD, dans le cadre de la mise en œuvre des clauses de revoyure. Le même jour, Lidl a de son côté affirmé vouloir étendre les dispositions de la loi Sapin 2, qu’elle applique déjà, à « tous ses contrats entrant dans le champ d’application, quelle que soit leur durée de validité ». L’enseigne a également annoncé « la mise en place de la Charte Lidl, en faveur d’une juste et décente rémunération aux éleveurs ». Enfin, « devant la situation de la filière laitière, Système U a décidé de rouvrir dès mercredi [21 juin, ndlr] les négociations sur le prix des produits laitiers (...) avec les coopératives qui lui fournissent ces produits », a indiqué l’enseigne qui souhaite « une amélioration du prix du lait payé aux producteurs, et s'attachera à obtenir des garanties dans ce sens ». La FNPL et son réseau attendent la suite des réponses et ont d’ores et déjà promis de rester « vigilants ».

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