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Les Cuma Compost et l'Abbaye de Cluny prévoient un gain de temps (techno)logique avec Karnott et MyCuma

Les Cumistes de Bourgogne entendent bien « gagner du temps » avec le capteur Karnott, lequel peut se positionner sur n’importe quel matériel en duo avec la plateforme web MyCuma. La Cuma Compost 71 et la Cuma l’Abbaye ont déjà testé ces équipements. Retour d'expérience.

Le 19 avril à Jalogny, l'antenne Saône-et-Loire des Cuma de Bourgogne avait choisi pour thème de son rendez-vous annuel "des nouvelles technologies pour gagner du temps". Une affirmation que devaient prouver Baptiste Barrois de la société Karnott et Pablo Zamora, chargé de mission Informatique à Cuma France.

Pour les besoins de la démonstration, Baptiste Barrois avait installé le boitier Karnott sur une ensileuse de la Cuma de l’Abbaye de Cluny. « Il faut bien poser le matériel de façon centré. Il est aimanté (avec un capteur d’arrachement) et à la moindre secousse, il va s’allumer pour se géolocaliser », explique le commercial de Karnott. Les « traces » GPS sont mesurées toutes les 5 secondes alors et envoyées toutes les 15 minutes au site web. Si le capteur est dans une zone blanche - c'est-à-dire sans réseau téléphonique - le boitier dispose d'une mémoire stockant 24 heures de données. Dès que du réseau Internet est retrouvé, les données sont alors synchronisées et il n’y a ainsi pas de pertes de « traces » de la journée de travail.

2 à 3 mois d’autonomie

L’autonomie de la batterie - rechargeable - est annoncée entre 2 et 3 mois. « On cherche encore à améliorer sa durée de vie », ne cachait-il pas. Dès lors, le boitier est garanti deux ans, vendu 235 € l’unité, il faut rajouter un abonnement (data) de 120 €/an/boitier, « dégressif » en fonction du nombre de boitiers commandé, et cela même au fil des achats.

« Les données sont stockées en France. Tout est français »… sauf la batterie. La société annonce avoir vendu six cents boitiers en France et tourner actuellement à un rythme de « soixante-dix par semaine ». Basée à Lille, la société Karnott « a débuté à deux personnes. Nous sommes maintenant vingt et nous espèrons être bientôt quarante salariés », annonçait-il, preuve que la France peut héberger des start-up. Pourtant, il ne pousse pas à la surconsommation. Une Cuma doit « prendre le nombre maximum de matériels qui tournent en même temps » pour déterminer son besoin réel en boitier(s), et non équiper chacun des matériels.

Ses parcelles avec son fichier Pac

De fait, le capteur n’est pas dédié à un matériel, d’où son accroche par aimantation. En se connectant au site web de Karnott et en s’identifiant avec son compte, l’utilisateur peut changer le type de matériel - sa catégorie et son nom - sur lequel est placé ledit boitier. La largeur d’un appareil peut aussi être renseignée.

« Karnott est spécialisé dans le calcul de tout matériel qui rentre dans une parcelle ». Le site web voit des mises à jour qui permettent d'« améliorer l'outil constamment », comme ce fut le ca le jour même avec la possibilité pour un administrateur de Cuma de rentrer le nom et les coordonnées pour d’autres adhérents. Chaque utilisateur doit rentrer "son" parcellaire, soit en le dessinant "manuellement" sur informatique, soit en intégrant "son" propre fichier Pac. Et c’est tout ! Si un Cumiste l’a fait et est adhérent d’une autre Cuma, il n'est alors pas besoin de le refaire.

Une visualisation en temps réel

Il y a possibilité de géolocaliser un boitier sur Google Maps en temps réel, pour suivre une tournée par exemple. Karnott va ainsi « savoir si l’appareil est en champs ou sur la route ». Libre aux Cumistes de décider la base de facturation par la suite.

A partie des données recueuillies et toutes conservées, ils peuvent choisir parmi les critères : temps, distances ou surfaces (ha). « On calcul au réel. La surface travaillée correspond à la vraie surface travaillée, pas à la surface de la parcelle. Notre algorithme sait même prendre en compte les marche-arrière… ». Les tests de Karnott avec six tracteurs équipés de système GPS RTK (2 cm de précision) sont arrivés à une précision de 4 % comparativement.

Précision suffisante sauf en vignes

La précision à « moins de 1 mètre » ne permet pas, en vigne étroite et « en cas de prestation, de voir si un rang a été oublié ». De même, « on ne sait pas faire les volumes ». Avec la Cuma compost 71, Karnott réfléchit à mettre un « contacteur » pour calculer « juste le temps » de rotor (en minutes), qui brasse effectivement le tas de fumier. C'est en effet sur cette base qu'est effectuée la facturation. Plusieurs ajustement sont ainsi attendus… Evidemment, qui dit Cuma, dit plusieurs utilisateurs. Là encore pas de problème, des ratios seront établis et visualisables - et même « exportables » - sous forme de tableaux et de graphiques.

A Jalogny, les responsables de Cuma se sont montrés très intéressés et ont posé de nombreuses questions, notamment au sujet de la gestion. C’est là que la complémentarité avec l'outil MyCuma devient particulièrement intéressante.

Eradiquer les carnets papiers

L’ambition de MyCuma est « d’éradiquer le carnet papier Matériel et celui du chauffeur ». En les remplaçant d’abord par ce qui est de plus en plus présent dans les poches des agriculteurs: leur smartphone. L'outil est 100 % compatible, puisque web. Cuma France a développé trois « modules » sur MyCuma : planning, travaux et compta.

« Il faut bien différencier les fonctionnalités », insistait Pablo Zamora. Pour autant, les deux premiers ont « une liaison directe » avec la comptabilité, rassurait-il sur la simplification croisée. Très fort, dans le navigateur web (aucune application à installer), l’absence de réseau Internet « est géré » pour synchroniser et ne pas perdre les données saisies. Par contre, les paramétrages (coordonnées…) se font uniquement depuis un PC.

Compta, planning, travaux, entretien

MyCuma Compta permet la « saisie en temps réel » de l’utilisation des matériels d’une Cuma et ainsi d’avoir des factures, soit directement à la fin d’un type de travail, soit à la fin d’une période. « Dès lors, plus besoin de ressaisir vos bons ».

MyCuma Planning et Travaux permettent à l’ensemble des adhérents d’une Cuma de faire leur réservation, selon plusieurs possibilités. « On a prévu des blocages si le matériel est déjà réservé, s'il est en panne ou si deux réservations se chevauchent… ». Le responsable d’un matériel a des droits supplémentaires et peut ainsi gérer les réservations, en déplaçant par exemple le planning. « Ce qui évite à tous de devoir réserver à nouveau ». Si la Cuma a un salarié, l'outil pourrait aussi le gérer. Par contre, aucune fiche de paie ne pourra être générée. Avec bien d’autres options, une Cuma peut aussi passer à une facturation au trimestre « pour éviter la facture importante de fin d’année et en avoir plutôt plusieurs au fil des travaux ».

Les carnets d’entretien (ou consommables) des matériels peuvent également être gérés avec MyCuma, pour les quantités, déduire des stocks comme, par exemple, pour la distribution de fuel. Bref, tout a été pensé pour faciliter la vie des Cumistes, des adhérents aux responsables. Le fruit d’un long travail.

Une « base de test » est « ouverte à tous » sur planning.mycuma.fr. Il est conseillé de se rapprocher des animateurs pour mieux cerner les besoins réelle de la Cuma. Un module coute 123 €, deux modules 205  € et les trois modules pour 256 € HT/an, « sans engagement ».

Gare à l’accélération de la dématérialisation

Qu’on se le dise, l’informatique, la numérisation des activités humaines, le travail collaboratif sur le web, l’Internet des objets avec des capteurs géolocalisés… vont accélérer prochainement avec l’arrivée de l’Internet haut débit par les airs, 3G, 4G et surtout la 5G qui sera déployée en France dès 2020.

Dès lors, tous les carnets papiers et autres anciens logiciels informatiques (pro et perso) installés sur PC sont voués à migrer sur le web, ainsi hébergés dans le fameux "cloud", lequel correspond à des serveurs informatiques (ordinateurs) à distance.

Les grands opérateurs mondiaux - agricoles ou non - chercheront à croiser les données, les Big Data, et à investir dans de l’intelligence artificielle pour les traiter… Mais ceci est encore une autre histoire. Mais une histoire qui n'est en rien futuriste, puisque d’ores-et-déjà en cours de développement dans les laboratoires de recherche.

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