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Bâtiment d'élevage en bois : une solution pour le confort des animaux

Ils sont éleveurs à Chiddes et Magny-Cours et se sont lancés il y a un an dans la construction d'un bâtiment agricole entièrement en bois. Nous sommes allés à  la rencontre de Daniel Augendre et Nicolas Bouchard pour en évaluer les avantages sur les plans économique et technique.

Nicolas Bouchard devant son nouveau système d'abreuvoir dont la capacité de remplissage est de 80L/minute.

Il ne regrette rien. Daniel Augendre, 57 ans exploitant agricole sur la commune de Chiddes (59), ne cache pas sa satisfaction d'avoir pu concrétiser un tel projet. Installé hors cadre familial au lieu-dit de la Chaume depuis dix sept ans, il explique avoir été séduit par le bois lors de ces précédentes vacances il y a un an. « J'étais dans le Jura et j'ai eu l'opportunité de rencontrer un éleveur équipé d'un système de séchage en grange. Je me suis dis qu'il fallait l'adapter à mon exploitation ». « Mon objectif visait  également la réduction des intrants et l'augmentation de la qualité fourragère » précise-t-il.

« Jusqu 'à présent, je produisais du foin sur 45 ha et je payais un entrepreneur pour qu'il me presse le fourrage en balle carré. Ce système coûteux nécessitait également beaucoup de manutention ». Son choix s'est alors porté sur un bâtiment de 460 m2, dans lequel il a installé un ventilateur pour assécher le fourrage et une griffe pour charger le foin dans les travées. « Avec cette installation, nous ensilons à partir de fin avril et il nous faut seulement deux jours pour tout faire sécher ». Sur le plan technique, la structure du bâtiment est en lamellé collée avec un doublage pour la toiture en OSB. La stabule est en chaîne avec un bardage qui est en douglas. Enfin, la zone de stockage du foin est en mélèze.

Des conditions de travail améliorées

De son côté Nicolas Bouchard, éleveur à Magny-Cours (59) a également investi dans un bâtiment en bois. « Pour moi, l'intérêt était de regrouper toutes mes bêtes dans un seul endroit. Auparavant, mes vaches étaient réparties dans huit bâtiments ». Des caméras de surveillance, pilotables à distance avec un smartphone ou une tablette, ont été installées pour les vêlages. Le système d'abreuvement a également été optimisé (80 litres/minute) pour que les vaches puissent boire plus facilement. « Elles ont de l'eau à volonté, ce qui augmente la digestibilité de la ration » explique Nicolas Bouchard.

Le bâtiment n'existe que depuis an, mais déjà les résultats se font ressentir. « J'ai gagné un peu plus de 200 grammes de GMQ » explique l'éleveur de Magny-Cours. « J'ai voulu également avoir un bâtiment larges pour éviter l'effet couloir ». Ses boxes à vêlages sont aux extrémités du bâtiment pour faciliter la gestion des animaux.

Des financements possibles

Pour réaliser leur projet, les deux exploitants ont bénéficié d'un financement au titre du PCAE (aide à l'investissement pour les exploitations agricoles). Daniel Augendre a touché 40% pour un bâtiment de 60.000 euros. De son côté Nicolas Bouchard a pu financer les 146.900 euros de son hangar à hauteur de 60 %.

Dans la Nièvre, outre la Chambre d'agriculture, le CAUE est chargé de l'accompagnement des porteurs de projets de bâtiments agricoles en bois qui présentent l'avantage d'être facilement adaptables à la diversité des besoins et à l'environnement du site.  Le directeur du CAUE, Gérard Fontaine, avance que « le bâtiment en bois ne nécessite pas d'entretien particulier car il est fait en majorité avec du douglas, classe 3 ». En revanche, il n'existe pas d'entreprises nivernaise capables de répondre à de telle demande. Les agriculteurs intéressés doivent donc prendre cette donnée en compte dans leur évaluation budgétaire.

Théophile Mercier

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